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vendredi 23 septembre 2016

'Herbstschnee', un aster de la Nouvelle-Angleterre précoce et florifère


Arrivé dans mon jardin en même temps qu'un autre cultivar d'origine allemande très connu, 'Andenken an Alma Pötschke', 'Herbstschnee' n'a pu donner toute sa mesure durant des années. Planté au bout de la grande bordure qui longe le potager il subissait la concurrence des racines du lilas tout proche, ce qu'il n'apprécie pas comme tous les asters de la Nouvelle-Angleterre. Certes, il résistait bien et fleurissait mais il ne réussissait pas à s'étoffer.


Désireux de profiter pleinement de sa belle floraison immaculée, je l'ai transplanté dans le massif Nord-Est qui a été entièrement remanié en novembre dernier. Le résultat fut assez spectaculaire. Lui qui parvenait péniblement à atteindre 70cm de haut et 30cm de large a pris de belles proportions, en fait celles qu'il acquiert à l'âge adulte soit 1,40m de haut pour 60cm de large et il offre enfin une très belle floraison.



A partir d'une souche rhizomateuse très dure mais non traçante, il forme une touffe dressée et buissonnante qui se tient bien seule sans pincement ni tuteurage, ce qui n'est pas la cas de variétés plus anciennes comme 'Andenken an Paul Gerber'. Ses tiges ligneuses et velues  portent des feuilles lancéolées vert moyen un peu rugueuses qui exhalent une odeur camphrée quand on les froisse. Ce feuillage est insensible à l'oïdium mais il a souvent tendance à griller à la base quand il fait sec, il est dont judicieux de ne pas le planter à l'avant des massifs. Je l'ai placé pour ma part derrière des chrysanthèmes pour masquer sa base un peu dégarnie.



Herbstschnee est sans doute le plus hâtif de tous les asters novae-angliae, dès la fin août les premières fleurs commencent à éclore et dès la mi-septembre il se couvre pour plusieurs semaines d'innombrables grappes de fleurs en forme de petites marguerites dont les fins pétales  blanc pur entourent un coeur doré. Lorsqu'elles sont toutes épanouies, elles recouvrent presque entièrement  le feuillage un peu comme le ferait la neige, ce qui explique le nom de cet aster Herbstschnee signifie neige d'automne en allemand. 


Cette floraison éclatante, abondante mais très légère, est de bonne tenue. Comme on le voit, elle n'a pas souffert des pluies importantes de la semaine dernière et elle continue à illuminer le massif ou dominent les couleurs plus classiques (rose, bleu violet) d'autres asters de la Nouvelle-Angleterre plantés en juin dernier, notamment 'Septemberrubis' et 'Rudelsburg, qui sont mes préférés parmi ces vivaces reines de l'automne.




Grâce à ses nombreuses radicelles, cet aster  pousse bien en sol léger, pauvre, calcaire et sec comme chez moi mais ils est tout aussi à l'aise aussi dans les sols argileux et compacts. Il  n'aime pas les sécheresses prolongées, son seul point faible, J'ai donc paillé son pied et  j'ai veillé à l'arroser ce régulièrement mais ans excès ce qui lui a permis d'être aussi généreux. Ce petit bijou  redonne un peu de charme à ce massif qui avait perdu tout son attrait avant sa refonte complète.



© Ma Planète Jardin, 09/2016

jeudi 15 septembre 2016

'Cornet de Bordeaux', une chicorée très tendre à éclaircir sans tarder


Comme chaque année en été, j'ai semé au début du mois d'août des chicorées pour une récolte hivernale. Contrairement aux scaroles et aux chicorées frisées qui sont trop coriaces à mon goût, la variété 'Cornet de Bordeaux' est particulièrement tendre. Ses grandes feuilles qui blanchissent naturellement s'enroulent sur elles-mêmes en formant un cornet.Très savoureuses, elles sont peu amères (bien moins que la chicorée sauvage améliorée 'Pain de Sucre') et les pommes assez serrées ont l'avantage de mieux résister au froid que le 'Cornet de la Loire' que j'aime beaucoup moins.


Malgré des conditions peu favorables, le sachet de graines semé il y a cinq semaines à la volée a donné une profusion de fort beaux plants. La pluie tant espérée étant enfin tombée, il était donc temps de procéder à l'éclaircissage des plants. Malgré un semis très dru tous les plants se sont bien développés, seule une petite dizaine étaient trop faibles et ont été éliminés. J'imagine que la fait d'avoir recouvert le semis de compost tamisé a permis une telle réussite.


 
Même s'il est conseillé de respecter une distance de 30 à 40 cm entre les plants, je me contente de les éclaircir à 20cm avec de très bon résultats car les pommes poussent davantage en hauteur qu'en largeur Les feuilles extérieures maintiennent de cette façon un couvert efficace au sol, ce qui conserve la fraicheur et limite la prolifération des mauvaises herbes.


Les plants arrachés sont habillés, c'est-à-dire que le feuillage est coupé de moitié et les racines retaillées si elles sont trop longues. Il sont repiqués aussitôt dans un sol  ameubli puis arrosés pour favoriser la reprise. Cette technique permet d'échelonner la récolte, les plants semés en place seront  les premiers récoltés. 


Il faut maintenant patienter jusqu'au début décembre, moment où je commence à déguster les premières salades que j'apprécie beaucoup à cette période. J'aurai garde de prévoir une protection si d'aventure des gelées fortes surviennent, j'ai en effet déjà été pris de court et perdu quelques spécimens.




Pour l'heure, les vedettes sont encore les légumes d'été: tomates, courgettes et haricots verts qui assurent de belles récoltes malgré les affres du climat.

© Ma Planète Jardin, 09/2016

mardi 6 septembre 2016

Prémices d'une étonnante floraison du dasylirion glaucophyllum


Lorsque j'ai créé mon jardin exotique en 2003, j'ai eu un vrai coup de coeur pour le dasylirion glaucophyllum découvert par hasard dans une pépinière alors que cherchais des palmiers. Son feuillage très graphique m'a séduit d'emblée. Avec le temps, ses feuilles épineuses et filiformes d'un beau vert bleuté ont fini par former une boule régulière et rayonnante. Le prix était certes dissuasif mais je je n'ai pu résister.

Je savais que cette plante xérophyte résisterait parfaitement eux étés chauds et secs que le jardin connaît régulièrement  et aussi à l'hiver car elle est originaire d'une zone montagneuse aride mais froide du centre du Mexique. J'ignorais en revanche qu'elle saurait surmonter les pluies d'hiver souvent abondantes. Par chance, le sous-sol calcaire du jardin absorbe les excès d'eau.


Jusqu'à l'hiver 2015, j'ai pris soin de le protéger en paillant son pied de feuilles mortes et en le recouvrant de voile d'hivernage. Ainsi abrité, il a supporté -12° sur une courte période et aussi la neige sans aucun dommage. Même en liant les feuilles du  coeur entre elles, il m'aurait été impossible d'installer une protection l'an dernier, j'ai donc laissé faire. L'hiver très doux lui a réussi, point de feuilles grillées à la base, ce qui arrivait souvent quand il faisait froid. Dès le milieu du printemps, un grand nombre de jeunes feuilles sont apparues, lui donnant une belle densité, mais jamais je n'aurais pu imaginer qu'il allait fleurir pour la première fois. L'été chaud et excessivement sec y est sans doute pour quelque chose.


Il y a environ un mois a surgi une hampe florale de trois ou quatre mètres de haut. Cette sorte de chandelle à l'allure insolite qui donne de la hauteur à ce coin du jardin avait d'abord une surface lisse puis les bractées membraneuses qui la recouvraient se sont ouvertes laissant apparaître des boutons floraux bruns verts semblables à des chatons qui devraient éclore en clochettes blanches, un spectacle que j'espère pourvoir admirer et immortaliser avant l'arrivée du mauvais temps.


La silhouette exotique  de cette hampe qui se détache sur le ciel bleu a quelque chose d'irréel et d'inattendu même dans une région au climat plutôt doux proche de l'Atlantique.

   
Contrairement à l'agave américain, le dasylirion ne meurt pas après la floraison, celle-ci pourrait bien devenir habituelle chez moi si des étés comme celui que nous venons de vivre deviennent la règle.

© Ma Planète Jardin, 09/2016

dimanche 28 août 2016

Les ravages de la sécheresse


2016 est assurément  hors norme et pour tout dire à deux doigts de l'annus horribilis en ce qui concerne le jardin. Jamais il ne fut plus en butte aux excès (aux dérèglements ?) du climat que durant le printemps et l'été de cette année. Après avoir été noyé sous des pluies diluviennes et privé de soleil, il subit depuis deux mois une sécheresse intense et la canicule qui vient de sévir pendant cinq jours n'a rien arrangé. Quatorze millimètres de pluie en deux mois et demi, c'est peu, c'est vraiment trop peu pour beaucoup de plantes et en cette fin août le constat est assez sévère.


L'été, qui fait des merveilles quand il est beau, raisonnablement chaud et normalement arrosé, fatigue le jardin et vient à bout de la résistance de certains végétaux. Il y a malgré tout d'heureuses surprises qui récompensent le jardinier de ses soins et de sa vigilance.
   
Je ne crois pas avoir  jamais vu des crevasses aussi importantes sur ce qui fut naguère une pelouse.


Le manque d'eau provoque une chute massive des feuilles du chitalpa mais grâce à la taille de fin d'hiver (clic ici), les branches ne se dessèchent pas et il fleurit malgré tout. Recroquevillées par la sécheresse, les feuilles des bouleaux cinquantenaires  tombent elles aussi en masse.


Le camélia est aussi à la peine, tout comme le viburnum Summer Snowflake. J'ai  pris soin d'arroser régulièrement le viburnum mariesii pour éviter qu'il ne se défeuille et profiter de sa parure automnale.


Pour la première fois, la boule de neige et les deutzias commencent à flancher, leurs rameaux pendent de façon lamentable.


L'olearia haastii, le berberis de Darwin et le fusain japonais Aureomarginatus se comportent bien par grande sécheresse, la viorne de Prague souffre davantage.



Pitoyables, les geraniums macrorrhizum le sont à coup sûr en ce moment mais ces durs à cuire survivront. Rozanne  et Azure Rush me surprennent  quant à eux totalement par leur bonne tenue et leur floraison généreuse.


L'état des pervenches, pourtant endurantes, en dit long sur l'aridité du sol. 


Qui sait si cette pivoine survivra ?



Pour ce qui est de la remontée estivale des rosiers, c'est la disette et il faudra en tirer des leçons. Seuls les hybrides de moschata et Line Renaud refleurissent bien. Je vais devoir choisir des rosiers adaptés aux climats chauds et secs ( il en existe un certain nombre).


Fort heureusement certains arbustes s'en tirent merveilleusement bien, notamment l'hortensia paniculé (en dépit de quelques brûlures), la spirée Anthony Waterer qui offre une deuxième floraison ou mon jeune hydrangea arborescens Annabelle.


Les massifs de vivaces s'en sortent assez bien aussi, en particulier la grande bordure qui longe le potager ou le massif nord-est replanté un juin.



Rudbeckias fulgida,  grands sedums, lauriers roses, lantanas et anémones sont en bonne forme.

Le potager est luxuriant  et productif même si j'attends encore que les tomates murissent. J'ai dû en replanter (!) mi-juin car les plants installés en mai ont succombé au mildiou en un éclair, du jamais vu.




Malgré quelques faiblesses incontestables, le jardin tient bon. Quelques bonnes pluies seraient malgré tout les bienvenues.

© Ma Planète Jardin, 08/ 2016