samedi 6 juillet 2013

L'acanthe, une vivace estivale à la silhouette majestueuse


L'acanthe se marie facilement à la plupart des plantes et s'intègre à tous les styles de jardin. Elle est présente depuis des années dans mes deux jardins mais c'est dans mon jardin exotique qu'elle se plaît le plus. Sa floraison, qui est toujours belle, est particulièrement généreuse cette année. Elle a commencé à la mi-juin et se terminera à la fin du mois de juillet. Ses fleurs sont appréciables en ce début d'été car les plantes exotiques déjà fleuries sont plutôt rares.


L'acanthe (acanthus mollis) est une vivace originaire du Bassin méditerranéen et d'Asie Mineure. Cette plante structurante de premier ordre possède une architecture étonnante qui lui a valu de servir à l'ornementation des chapiteaux corinthiens puis d'être reprise comme élément décoratif par l'art roman. Elle forme de grandes touffes évasées de 1m de haut et de large. Ses grandes feuilles vert foncé à la texture molle sont très découpées. Les hampes florales qui peuvent s'éléver jusqu'à 2 m de haut sont  très spectaculaires et lui confèrent une étrange beauté. Groupées en épis, les fleurs bilabiées blanches ou roses à l'apect chiffonné contrastent joliment avec le pourpre des bractées qui les entourent.


L'acanthe aime la chaleur et le soleil mais elle apprécie les sols riches et profonds, de préférence neutres, bien drainés et gardant une certaine fraîcheur en été. Le feuillage disparaît souvent quand les gelées deviennent assez fortes (-7 ou -8°) mais la souche résiste jusqu'à -15°. En région froide, il est judicieux de la protéger avec des feuilles mortes. Pour maintenir la fraîcheur et la fertilité du sol, je paille régulièrement son pied avec des tontes de gazon, c'est sans doute ce qui explique son opulence. Peu sujette aux maladies, l'acanthe fait néanmoins parfois le délice des limaces et des escargots qui transforment ses jeunes feuilles en dentelle peu esthétique mais cela s'interrompt dès que la chaleur est revenue. 


L'acanthe n'a qu'un petit défaut. Elle se ressème beaucoup en milieu favorable, par exemple dans une allée de terre recouverte de gravier, ce qui est le cas chez moi où j'élimine beaucoup de semis spontanés et il est impossible ou presque de l'éliminer lorqu'elle est installée car ses racines s'enfoncent très profondément et  donnent bien vite naissance à une nouvelle plante.



Sa silhouette très graphique fait merveille en compagnie de plantes d'allure exotique exotique comme le phormium, la canne de Provence ou les yuccas dont elle fait ressortir le feuillage.



Une beauté vraiment singulière dont il existe peu de spécimens.

© Ma Planète Jardin, 07/2013

mercredi 3 juillet 2013

Un début juillet fleuri


Après deux jours de temps relativement beau et assez chaud, la grisaille et la fraîcheur sont revenues, apparemment  de manière provisoire avant le grand retour de l'été qui est vraiment attendu par tous les jardiniers qui cultivent un potager car les légumes d'été qui aiment la chaleur ont du mal à pousser. Au jardin d'ornement en revanche, les floraisons sont dans les temps et beaucoup de plantes fleuries apportent de la couleur, une aubaine car j'ai dû refaire mes semis d'annuelles (du jamais vu!)  et sans les vivaces, les rosiers ou les arbustes le jardin serait bien vide.


Les rosiers ont beaucoup souffert des pluies surabondantes du mois de juin, non pas qu'ils soient malades mais les roses ont fané ou pourri en grand nombre et j'ai dû les nettoyer, une tâche que j'adore faire. Les rosiers les plus tardifs seront bientôt à leur apogée comme Line Renaud. Cette force de la nature distille cette anneé encore son parfum extraordinaire. J'ai fait l'effort de ne pas tailler toutes les branches à la même longueur pour avoir des fleurs aussi en partie basse. Il est tellement vigoureux que la taille longue ne ralentit pas sa croissance. Quelle santé !



The Fairy est un  peu en retard. Une taille courte lui évite de s'écrouler.

 Polka



Les fleurs très doubles de La Giralda dont ont du mal à s'épanouir, elles supportent la pluie mais jusqu'à un certain point seulement.



Les rosiers lianesToby Tristam et American Pillar.



Les rosiers à fleurs simples ou mi-doubles, comme remarqué par Sophie (Notre Jardin Secret), résistent très bien à la pluie.

Ballerina et Narrow Water plantés en février 2012.


Deux rosiers à fleurs doubles me surprennent aussi par la durée et la tenue de leur floraison.

Westerland


Pink Cloud qui refuse de pousser en hauteur et prend la forme d'un arbuste.


Réalisée il y a deux ans, cette jeune bouture de rosier Emera qui a failli disparaître pendant la grande sécheresse de l'an dernier revit. Nimbée de gauras, de valérianes et  entourée de sedums, elle pourrait devenir belle, j'en suis très heureux.



La fraîcheur réussit au chèvrefeuille, je ne crois l'avoir jamais vu aussi fleuri et grâce à une taille sévère il garde une forme compacte. De grandes achillées déjà fleuries habillent son pied.


La lavande, très vieille, est belle également. J'ai toujours peur de la faire mourir en la taillant presque jusqu'au bois et c'est justement ce qui l'empêche de se dégarnir et de péricliter.



Les lys regale sont florifères mais leur fleurs en cornet sont moins grandes que d'habitude, sans doute en raison du manque de chaleur. Les hémérocalles qui aiment le soleil peinent aussi à s'ouvrir.


Juillet est une  période creuse pour les arbustes à fleurs, les ceanothes Gloire de Versailles qui a perdu quelques branches âgées, Marie Simon qui a démarré très tard ou le cotenaster lacteus, paradis des butineurs, sont donc précieux.


J'attends avec impatience les premières fleurs du jeune buddleia Sungold dont les fleurs jaunes sont très lumineuses.


 Installé l'an dernier, ce millepertuis Hidcote donne quleques fleurs.


   
Le massif sud-ouest, toujours trop nu en juillet, fait bonne figure grâce à une lavatère, des oeillets de poète et des anthémis tinctoria. J'ai semé quelques pavots de Californie pour combler les vides.


Le geranium Johnson's Blue, qui était en sursis, restera  finalement. Sa floraison souvent maigre chez moi fut belle comme jamais.



Dans les massifs de vivaces, ce sont surtout les lysimaques, les véroniques en épis, les gauras et les premières héliopsides qui se remarquent.



Malgré ce printemps cahotique, le bilan n'est pas si mauvais et cela suffit au bonheur du jardinier.

© Ma Planète Jardin, 07/2013

samedi 29 juin 2013

Rosier 'Paul's Himalayan Musk', un géant à la floraison pleine de charme


Planté il y a environ 4 ans, ce très beau rosier liane a mis deux ou trois saisons pour s'installer et pour la première fois cette année sa floraison très généreuse parvient à faire enfin oublier la silhouette sans grâce du cornouiller sanguin sauvage dans lequel il grimpe. Ce rosier immense aux origines inconnues créé par George Paul en 1916 est reconnaissable à ses longues tiges souples abondamment pourvues d'un superbe feuillage aux folioles un peu molles et gaufrées comme celles des multiflores. Elles sont vert brillant parfois nuancées de poupre lorsqu'elles sont jeunes.



En juin,  il se couvre de bouquets de petites roses grâcieuses et joliment inclinées qui semblent dégringoler en cascades ou en pluie tant elles sont nombreuses. Ces charmantes rosettes possèdent trois ou quatre rangs de pétales un peu plissés entourant des étamines dorées. Leur couleur est toute en délicatesse, d'abord rose carné lorsqu'elles éclosent, elle sont ensuite d'une blancheur de neige. Leur parfum est léger. La floraison est non remontante mais dure une bonne partie du mois de juin.


Ce rosier très puissant qui peut faire 10m de haut et 3 à 4m de large pousse rapidement, il lui faut donc un support en conséquence. Il peut escalader un arbre, retomber d'un mur ou s'étaler sur les berges d'un plan d'eau. Il se débrouille seul, ne demande ni eau, ni engrais, ni même de taille ou de nettoyage, ce qui d'ailleurs est impossible étant donné sa sa taille et ses rameaux épineux.Je me demande parfois où il puise tant de force car la terre où il  prospère est pauvre et sèche et rien n'y pousse.


Il supporte parfaitement la sécheresse et la concurrence des racines des arbres. Il est certes rustique mais craint cependant le froid trop rigoureux. Au début, j'ai guidé ses branches dans la ramure du cornouiller et il  s'y accroche seul mais l'hiver dernier une de ses branches qui n'était plus maintenue par le feuillage du cornouiller est tombée après un coup de vent, je l'ai donc attachée. Tout jeune encore, il n'a pris complètement possession de son hôte.


Un rosier au développement extraordinaire mais qui habille avec élégance et raffinement ce qui est disgrâcieux.

 © Ma Planète Jardin, 06/2013

mercredi 26 juin 2013

'Sourire d'Orchidée', un rosier moderne raffiné et florifère


Malgré son jeune âge, ce rosier moderne créé par Paul Croix en 1985 possède déjà une belle notoriété et figure fréquemment aux côtés des roses anciennes dans les catalogues spécialisés. Il faut dire qu'il en a le charme et la grâce et qu'il est un des seuls hybrides modernes à être aussi romantique. Sa floraison légère et toujours très généreuse est la plus belle du moment dans mon jardin.




Sourire d'orchidée est un rosier très vigoureux d'1,80m de haut et de large qui s'il est palissé se transforme en grimpant de 3 à 4m. Son port est dressé mais souple et large ce qui lui enlève toute raideur. Son feuillage vernissé d'un beau vert pomme est fin mais bien fourni. Début juin des boutons rose saumon s'épanouissent en bouquets retombants de fleurs mi-doubles blanc nacré délicatement nuancées de reflets roses qui pâlissent avant de faner. De leur coeur jaillissent des étamines dorées qui ajoutent encore à l'élégance de l'arbuste.



Ses roses n'ont pas seulement la forme des fleurs d'églantier, elles en ont aussi le frais parfum, une fragrance très douce et cependant très prenante que j'aime énormément. Les roses de Sourire d'Orchidée tiennent vraiment longtemps, qu'il fasse chaud ou que le temps soit humide. Malgré le déluge de la semaine dernière, je n'ai pas eu à le nettoyer ni à le tuteurer, contrairement à Buff Beauty, Salet ou Felicia.

  
Ce rosier puissant a une croissance rapide, en deux ou trois ans il a pris des dimensions imposantes dans mon jardin. Il lui faut de la lumière et un sol assez riche pour bien fleurir. Il tolère aussi bien la chaleur de l'été que le froid rigoureux de l'hiver et résiste bien aux maladies. La taille se limite à la suppression des fleurs passées en saison et du vieux bois en fin d'hiver.  Je raccourcis les branches  qui poussent de manière désordonnée (parfois pendant sa période de végétation) pour lui conserver une silhouette harmonieuse. Sa floraison est vraiment rès remontante jusqu'aux gelées. Chez moi, il est l'un des rares rosiers bien fleuris au mois d'août. 




Un rosier  florifère qui fait merveille dans un jardin de roses, en massif ou en haie. Je le trouve pour ma part très beau associé à des nepetas Six Hills Giant.

© Ma Planète Jardin, 06/2013