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vendredi 16 mars 2018

L'hellébore noir ( helleborus niger), une vivace capricieuse à planter au bon endroit


Dans mon jardin, les hellébores d'Orient fleurissent depuis de longues années avec une grande générosité sans autres soins qu'un toilettage annuel effectué en mai (clic ici). Ces vivaces d'exception toujours fleuries de janvier à avril sont indispensables pour égayer sans effort les massifs pendant la période la plus creuse de l'année. Je ne saurais en dire autant de la vraie rose de Noël, l'hellébore noir (helleborus niger), qui est de mon point de vue le plus difficile de tous à réussir tant il se montre capricieux.


Longtemps, les trois sujets  installés dans la partie la plus fertile et la plus protégée du soleil estival ne me donnèrent que quelques rares fleurs au début de janvier. Restait ensuite un bouquet de feuilles sans intérêt. L'incompréhension était d'autant plus grande que les touffes d'hellébores d'Orient, elles, prenaient une belle ampleur au fil du temps et que leur floraison devenait de plus en plus abondante. Une de ces singulières énigmes auxquelles le jardiner amateur est souvent confronté.


Lassé de son éternelle résistance, j'ai décidé en septembre dernier de déplacer une touffe moribonde tout en sachant pertinemment que les hellébores n'aiment guère être déplacés. Il ne restait qu'une feuille et un fragment de souche muni de racines, la reprise me semblait compromise.


La belle au caractère fantasque n'a montré par la suite aucun signe de croissance et je dois dire que je l'ai complètement oubliée jusqu'à ce que dans les derniers jours de décembre une bonne quinzaine de grandes fleurs apparaissent subitement. Leurs tiges sont assez hautes pour admirer les fleurs depuis la terrasse. Elles ont tenu très longtemps et ont ensuite été relayées par une deuxième puis une troisième vague de fleurs dont je profite en ce moment si bien que depuis deux mois et demi la floraison est ininterrompue, un phénomène auquel je ne m'attendais pas.




Comment ne pas succomber à l'élégance et la beauté toute simple de ces corolles opulentes blanc pur dont le coeur vert sert d'écrin à de magnifiques étamines dorées ? Les fleurs en passant prennent une teinte rosée puis deviennent vertes quand elles sont fanées. Elles restent alors décoratives ce qui explique en partie pourquoi je les ai conservées, en fait je voudrais aussi que la plante ressème. 


J'ai enfin compris les exigences de cet hellébore européen : un sol frais et humifère et de l'ombre en suffisance. Pour obtenir ce résultat, il m'a fallu l'installer au pied de la spirée Anthony Waterer située dans le massif des quatre saisons exposé au nord-est. Ses feuilles enrichissent le sol en automne depuis des années et elle lui procure l'ombre dont il a besoin. Quoique calcicole, il n'est pas gêné par les aiguilles de pin disposées au pied du camelia blanc situé tout contre lui. Malgré la présence de plantes indésirables (lamier pourpre et orties) qui pullulent dans ce substrat riche en matière organique et la concurrence d'indélogeables hémérocalles, il a su s'imposer. A l'automne prochain je ne manquerai pas de lui adjoindre l'autre pied qui me reste pour profiter d'un spectacle encore plus beau.



Un vrai retour en grâce pour cette petite merveille que j'avais fini par prendre en grippe.



© Ma Planète Jardin, 03/2018

mercredi 6 mars 2013

L'iris d'Alger, un iris pour l'hiver


L'hiver a certes été gris et long mais sans période de froid excessif, c'est ce qui explique que la floraison des iris d'Alger soit si belle cette année, c'est en fait la plus généreuse depuis que j'ai planté quelques rhizomes il y a bien longtemps. Cet iris qui forme une touffe compacte possède un feuillage vert foncé très effilé qui est décoratif toute l'année car il est persistant. La floraison peut s'étaler de novembre à avril mais dans mon jardin c'est toujours à la fin février ou au début  mars qu'elle se produit.


  
Les fleurs qui sont parfumées sont portées par de courtes tiges. Leurs pétales, au nombre de six, sont bleu liliacé ou mauves et sont marqués d'un onglet très coloré qui explique le nom botanique de cet iris (unguicularis). Les nuances de couleurs sont riches et d'une grande finesse: un fond blanc strié de veines violettes et rayé d'une bande centrale jaune, ce qui produit un joli contraste. Assez fragiles, les fleurs ne durent que quelques jours mais se renouvellent régulièrement. La floraison est moins massive que celles des iris des jardins, chaque touffe ne porte que rarement plus d'une dizaine de fleurs épanouies.



 Cet iris originaire du Bassin méditerrannéen apprécie les situations très ensoleillées (le pied d'un mur exposé au Sud est idéal), les sols très bien drainés, pas trop riches et même plutôt secs et caillouteux. Dans mon jardin, il prospère dans un coin aride exposé plein Sud qui ne reçoit que très peu de pluie. Il est parfait pour les rocailles ou les jardins secs où il fera merveille en compagnie d'autres plantes résistant à la sécheresse. Il est assez rustique (-18°) mais le grand froid et la neige risquent de l'empêcher de fleurir; ce fut le cas l'an dernier,  je ne n'ai eu que quelques de fleurs.


L'iris d'Alger ne requiert pas beaucoup d'entretien, il faut juste ôter les feuilles sèches au centre de la touffe en fin d'été et éventuellement rabattre les longues feuilles qui pourraient masquer la floraison (je me contente pour ma part de les écarter sur le côté). Cet  iris présente l'avantage de ne pas drageonner et il vieillit très bien. Les deux sujets dont on me fit cadeau il y a près de quinze ans n'ont jamais eté divisés. Il déteste la concurrence des mauvaises herbes et le paillage, il faut donc veiller à garder le sol propre et nu.

 Cet iris, qui est à mes yeux un des plus beaux, n'a pas son pareil pour fleurir et égayer la fin de l'hiver.

© Ma Planète Jardin, 03/2013