mardi 15 mai 2012

Kolkwitzia amabilis, un arbuste qui ne manque pas de charme


Le kolkwitzia, ainsi nommé en hommage à un botaniste allemand, le Docteur Kolkwitz, porte il est vrai un nom difficile à retenir et à orthographier mais c'est un arbuste d'une grande beauté comme l'indiquent si justement le qualificatif latin d'amabilis ou son nom anglais (Beauty Bush) qui signifie buisson de beauté. Celui de mon jardin est bien fleuri depuis une semaine et sa floraison particulièrement généreuse cette année illumine la haie fleurie où il est installé.


Le kolkwitzia forme un arbuste assez touffu et vigoureux qui peut atteindre 2 à 3 mètres de haut selon les régions et la nature du sol. Ses rameaux frêles et souples quand il sont jeunes ont naturellement un port retombant qui lui donne une silhouette évasée et étalée. Ses feuilles ovales vert foncé et velues se colorent de pourpre en automne. Son écore s'exfolie en bandes gris-brun.


En mai-juin, il se couvre de charmantes fleurs en forme de clochettes pendantes réunies en corymbes. Les fleurs sont rose pâle avec une gorge jaune. La floraison se produit sur les rameaux de l'année précédente. Lorsqu'elle bat son plein, les rameaux s'arquent avec beaucoup de grâce et d'élégance sous le poids des fleurs. Dans de bonnes conditions, le spectacle peut durer plus de trois semaines


Ce joli arbuste de printemps n'est pas exigeant quant à la nature du sol. En sol humifère, qu'il affectionne, il est superbe, il tolère cependant les sols acides ou pauvres et calcaires comme chez moi mais il n'aime pas les sols trop compacts et gorgés d'eau en hiver. Il faut dans ce  cas améliorer le drainage.Un apport de compost à la plantation lui assurera un bon démarrage et une croissance optimale. Il se plaît en situation ensoleillée. Comme la plupart des arbustes il ne demande ni engrais ni arrosage une fois qu'il est bien installé.


 Il est parfaitement rustique (jusqu'à -25° au moins), reste toujours sain et ne souffre jamais sérieusement de la sécheresse ni de la chaleur même si cela abrège la floraison et altère la beauté de son feuillage qui s'affaisse un peu. Cette année, les pluies abondantes lui ont réussi.

Au bout de quelques années, il devient nécessaire d'éclaircir la ramure. Il convient alors de tailler les branches ayant fleuri au-dessus de jeunes ramifications qui donneront de nouvelles rameaux florifères et d'ôter le bois mort, les tiges grêles ou celles qui se croisent . Sur les sujets âgés, il faut également supprimer  de temps en temps une vieille branche ou deux et les rejets qui partent de la base, le kolkwitzia drageonne  en effet beaucoup.


C'est vraiment un arbuste facile à vivre qui gagne à être connu.

© Ma Planète Jardin, 05/2012

samedi 12 mai 2012

Weigelia praecox, hâtif et très florifère


Depuis près de deux semaines, ce très bel arbuste à la silhouette élégante fleurit avec une grande générosité dans la haie fleurie de mon jardin où il est installé. Bien moins connu que Weigelia florida qui fleurit en mai-juin et tout comme lui originaire d'Extrême-Orient, il possède de grandes qualités ornementales.


 Très facile à cultiver, il pousse dans toutes les terres pas trop sèches même s'il préfère les sols humifères, frais et drainés. Il a besoin de soleil pour bien fleurir. L'entretien est réduit, il faut tailler au dessus-d'une ramification les rameaux ayant fleuri et supprimer à la base quelques branches âgées, une opération à effectuer sur les sujets bien développés. Contrairement à d'autres arbustes de printemps qui m'obligent à intervenir souvent (viorne obier, cognassier du Japon, forsythia pour ne citer qu'eux), il n'est pas envahissant, je ne l'ai d'ailleurs encore jamais taillé.
Tout comme le weigelia florida, cette espèce comprend de nombreux hybrides, le plus courant est sans doute 'Bouquet Rose', c'est celui qui est planté dans mon jardin depuis 7 ou 8 ans.


Ce weigelia précoce est vigoureux, il pousse autant en hauteur qu'en largeur, ce qui lui donne un port moins raide que le weigelia florida. Adulte, il peut se hisser à 2,50 mètres de haut pour une largeur de 2 mètres. Ses jolies feuilles vert foncé de forme ovale servent d'écrin à ses fleurs campanulées roses à gorge jaune qui sont groupées en corymbes à l'extrémité des rameaux. Elles sont parfumées, ce qui ne gâche rien. La floraison se prolonge une bonne partie du mois de mai s'il ne fait pas trop sec, c'est le cas cette année. Dans mon jardin, elle sera relayée par celle du weigelia florida et du deutzia, un arbuste que j'aime beaucoup.


Comme tous les autres weigelias, il est d'une grande robustesse, il tolère la chaleur, le froid, la pollution atmosphérique et n'est jamais malade. Un petit bijou qui a sa place dans tous les jardins.

© Ma Planète Jardin, 05/2012

mercredi 9 mai 2012

Couleurs de mi-printemps


Ce printemps est bien différent de tous ceux qui se sont succédé depuis près de dix ans, tous avaient été marqués par une sécheresse importante, parfois aussi par des températures élevées. Le jardin n'avait pas cet aspect verdoyant et foisonnant qui le rend si vivant à mes yeux. Il pleut beaucoup, les températures sont fraîches, sauf aujourd'hui où il fait assez chaud, la végétation apprécie.

Arbustes, vivaces  et légumes poussent avec vigueur, les floraisons s'épanouissent généreusement et tiennent longtemps. Cet écrin de verdure agréable à l'oeil du jardinier apporte de la sérénité, d'autant plus qu'il n'y a plus de travaux  urgents à accomplir pour l'instant, juste quelques vivaces à ajouter de ci de là, j'y reviendrai.

 La pelouse et la campagne qui s'étend devant mon jardin sont uniformément vertes, le paysage s'en trouve changé.



Les jeunes buis qui vont pouvoir être taillés affichent des nuances de vert tendre.


Derrière, les grand iris apportent une note colorée, leur feuillage graphique me plaît beaucoup aussi.


Ma pivoine arbustive qui avait beaucoup souffert d'une transplantation s'est remise et a même fleuri.



La glycine, bien jeune encore, ne m'a pas déçu cette année.


Floraison généreuse et parfum subtil, la clématite des montagnes a toutes les qualités.


La spirée de Van Houtte, si gracieuse, est la vedette du moment.


Le feuillage pourpre du cotinus  et le rose tendre du tamaris ne manquent pas de charme.


 Old Blush est le premier rosier à fleurir cette année, il y a des boutons en réserve ! La présence envahissante des hémérocalles ne semble pas le gêner.

 









 Non loin de là, un rhododendron  commence à fleurir.


Il semblerait qu'il y ait des promesses de fraises.


Parmi les vivaces, les juliennes des dames, au pied du rosier Allister Stella Gray notamment, les erysimums aux couleurs toniques et cette petite alliacée dont j'ai oublié le nom attirent l'oeil.


 La viorne obier sera taillée juste après sa floraison, elle est trop imposante et fleurit moins.


Les viornes  de Chine sont elles toujours sages et très élégantes.


A cette saison, la moindre sortie au jardin  est source d'émerveillement, c'est aussi un bon remède pour oublier les petits tracas du quotidien. Le jardin est un facteur d'équilibre.

© Ma Planète Jardin, 05/20212

samedi 5 mai 2012

Elegante Boule de neige


De toutes les viornes plantées dans mon jardin, deux se montrent particulièrement vigoureuses et florifères, le viorne de Bodnant qui fleurit en hiver et la viorne obier, qui se couvre d'ombelles blanche en juin. Pourtant, celle qui possède le plus de charme à mes yeux est viburnum opulus roseum, la forme stérile de la viorne obier. Sa floraison particulièrement remarquable en mai lui a valu le nom de Boule de Neige. Ses inflorescences sphériques assez grosses groupées par trois ou quatre sont d'abord vert chartreux début avril, puis blanc pur pour prendre enfin  dune jolie nuance rosée. Lorsqu'elles sont pleinement épanouies, elles s'inclinent avec grâce. Elles tiennent tout le mois de mai, parfois jusqu'en juin même par temps humide.

Les fleurs étant stériles, la boule de neige ne donne pas de fruits colorés en automne comme la viorne obier mais ses feuilles à trois lobes au rebord denté deviennent  pourpres à la fin d'octobre, un spectacle qui dure puisqu'elles tombent très tard très tard en novembre.


 Cette viorne a certes une préférence pour les sols frais et humifères mais  elle accepte aussi les sols pauvres à condition qu'ils ne soient ni trop secs ni trop calcaires. Dans mon jardin, le sol  superficiel et alcalin est souvent sec dès la fin du printemps. La boule de neige est par ailleurs exposée plein sud. Malgré cela, elle ne souffre jamais de la chaleur, son feuillage reste toujours impeccable et sa floraison est plus belle d'année en année, ce n'est pas toujours le cas pour les viornes de Chine, plus fragiles en situation difficile dans mon jardin. Dans les bonnes terres de jardin, sa croissance est assez rapide, cette viorne assez vigoureuse  peut atteindre 4 à 5 mètres de haut. Chez moi, elle pousse lentement. Le petit sujet de 40 cm installé il y a cinq ans fait tout juste un mètre de haut sur autant de large.


Ce très bel arbuste se montre aussi très robuste, il est rarement malade même si l'extrémité des branches a tendance à être quelquefois colonisé par les pucerons au printemps. Comme cela ne compromet pas la floraison, je laisse faire, les pucerons disparaissent d'eux-mêmes, sans doute dévorés par les coccinelles et autres auxiliaires nombreux dans mon jardin vierge de pesticides et d'herbicides.


Pour lui conserver son port arrondi si harmonieux et préserver son caractère florifère, il faut la tailler immédiatement après la floraison. On évite ainsi qu'elle ne fleurisse que sur les plus jeunes rameaux, les branches âgées étant souvent très dégarnies. Il est nécessaire d'enlever le bois mort, les branches qui s'entrecroisent pour aérer le centre de l'arbuste et tous les rameaux qui déséquilibrent sa silhouette. Il faut tailler au-dessus d'une ramification les branches ayant fleuri, il est possible de tailler seulement une partie des branches qui seront rabattues des deux tiers. Il est bon de conserver quelques rejets pour remplacer les branches trop âgées. Il seront eux aussi taillés de moitié, les autres seront supprimés. Sur les jeunes sujets, on peut se contenter de supprimer les fleurs fanées. Ma boule de neige étant encore jeune, je n'interviens pas.


 Comme on le voit, ce viburnum est facile à vivre.

© Ma Planète Jardin, 05/2012

mardi 1 mai 2012

Floraisons du premier mai


En ce premier mai, je ne montrerai pas la fleur emblématique de ce jour, le muguet qui a fini par disparaître complètement de mon jardin où il se plaisait beaucoup autrefois. Plusieurs printemps très secs ont eu raison de lui. Je devrais certainement  essayer à nouveau de le cultiver, il semble que les printemps bien arrosés soient à nouveau chose possible.

Ma région a en effet connu le mois d'avril le plus humide depuis 15 ans avec une pluviométrie près de trois fois supérieure à la normale. Le jardin est foisonnant, l'herbe drue et verte comme jamais, les massifs de bisannuelles pimpants, les vivaces poussent à toute vitesse. Au potager, pois et salades ont pris de l'avance. Seul bémol, les pluies incessantes et le sol détrempé (phénomène rarissime chez moi à cette saison) m'empêchent de réaliser les travaux de saison (semis de fleurs et légumes en pleine terre).

Cette année, pas de roses pour le premier mai, les boutons grossissent mais ne sont pas pressés de s'épanouir. Buff Beauty, Old Blush, Pénélope et Mme Alfred semblent assez prometteurs. Pour l'heure, la vedette du jardin, c'est la clématite des montagnes. Sa floraison généreuse est maintenant à son apogée. Elle résiste parfaitement à la pluie mais les températures trop fraîches ne permettent pas de profiter de son parfum. Son coloris rose tendre arrive presque à masquer la grisaille ambiante.


Le cytise, une azalée caduque et l'euphorbe polychrome qui déclinent différentes nuances de jaune contribuent eux aussi à illuminer le jardin.


Un  rhododendron à fleurs mauves  commence juste à s'épanouir. Gageons que cette année je profiterai de ses fleurs.

Le bleu est surtout représenté par le lin, le myosotis, particulièrement opulent cette année, par ces quelques bugles qui se sont installés sans y être invités et les iris.


Les lunaires ont apprécié la pluie et la fraîcheur. 


 Pour les fleurs violettes de la glycine, il faudra attendre encore un peu. 


Pitoyable en fin d'été quand la mineuse s'en régale, le marronnier est beau au moment de sa floraison qui se détache sur son feuillage vert clair.


La boule neige, jamais décevante, me fait oublier la floraison assez maigre d'une des viornes de Chine du jardin.


Il est bien rare que le jardinier puisse se livre autant à la contemplation à ce moment de l'année où l'occupation ne manque pas au jardin mais ne boudons pas notre plaisir, c'est bien agréable.

© Ma Planète Jardin, 05/2012