mercredi 20 mars 2013

Un printemps officiel un peu timide


Aujourd'hui, c'est le premier jour du printemps, sur le calendrier tout du moins. Le temps est loin d'être printanier. Il a plu beaucoup, il fait frais et le vent souffle mais le soleil fait quelques apparitions comme pour montrer que les beaux jours ne sont plus bien loin. Ces quelques éclaircies et le chant des oiseaux donnent envie de parcourir le jardin que j'ai un peu délaissé depuis de longs mois en raison du mauvais temps. Il me tardait de découvrir les floraisons de la fin mars et aussi les promesses de fleurs de mes arbustes préférés.

Le bilan est plutôt en demi teintes, il n'y a guère d'avance pour la plupart des arbustes ou des fleurs de printemps, il y a même un retard certain que je ne me souviens pas avoir constaté depuis des années. L'hiver ne fut pas très froid dans ma région mais gris, très gris, humide et marqué par une grande fraîcheur qui dure encore en ce moment. Le seul avantage de cette situation est la fin complète du cycle des sécheresses récurrentes que le jardin connaissait depuis 10 ans. Il suffira d'un peu de douceur pour que tout soit luxuriant et foisonnant.

Les forsythias n'en finissent pas de s'épanouir, c'est du jamais vu, heureusement, le cognassier du Japon, qui est bien fleuri, compense ce retard.


La spirée de Thunberg et le camélia peinent aussi à fleurir.



Les hellébores, copieusement abreuvés, ont été magnifiques cette année.


Le groseiller à fleurs,  d'habitude toujours très chiche en fleurs, me réserve une belle surprise.


L'an dernier, j'ai été privé de narcisses, ils sont enfin revenus mais beaucoup semblent avoir disparu. Il faudra les étoffer en installant  encore des bulbes dans les vides.


Le bleu des anémones blanda, des jacinthes et des grandes pervenches est unique.


Tulipes, myosotis et lunaires se réveillent mais il faudra encore être patient.


Les premières fleurs d'aubriète et de muscaris sont bien réconfortantes.


 Tout comme ces jolies pâquerettes qui parsèment la pelouse.


 J'en oublie la couleur du ciel qui à certains moments est tout sauf printanière.



© Ma Planète Jardin, 03/2013

samedi 16 mars 2013

Trois cornouillers à écorce décorative


Chaque année en hiver, je regarde les bouleaux du jardin sous un nouveau jour. Autant je les ignore au printemps et en été (je les maudis même un peu quand il me faut râtisser leurs précieuses feuilles), autant je me prends à admirer durant la mauvaise saison leur belle écorce blanche, elle apporte un peu de couleur et de lumière dans ce coin un peu triste et constitue un bel ornement pendant toute la période hivernale et jusqu'à l'apparition des premières feuilles. Ils m'ont donné l'envie d'avoir de belles écorces dans mon jardin.

Ce sont du reste les seuls arbres à écorce décorative que je possède, exception faite de l'eucalyptus gunnii qui prospère dans mon autre jardin. La place m'étant comptée, il n'était pas question de planter des arbres (il y aurait pourtant de très beaux spécimens dans cette catégorie: prunus serrula, acer pennsylvaticum, acer griseum..), alors j'ai opté pour trois grands classiques parmi les espèces moyennes dont le bois coloré est attrayant en hiver.

J'ai choisi le cornouiller blanc 'Sibirica' dont l'écorce rouge corail est remarquable. Je lui associerai un cornouiller stolonifère 'Flaviramea' à l'écorce jaune vif. Le premier aime les sols frais, le deuxième affectionne les sol humides, ce qui est loin d'être le cas chez moi. Je les planterai donc tous les deux à la mi-ombre dans un massif toujours un peu frais où se trouvaient auparavant de vieux rosiers que je viens d'arracher. Compost et paillis contribueront à entretenir cette fraîcheur en été. Une taille à trois yeux de la moité des branches en fin d'hiver permettra de conserver la couleur et une silhouette équilibrée, les jeunes pousses étant bien plus belles que le vieux bois qui devient gris.



J'ai aussi succombé aux superbes couleurs du cornouiller sanguin 'Midwinter Fire'. Cet arbuste vigoureux mais peu drageonnant arbore un feuillage vert clair qui devient orange en automne. Sa floraison est insignifiante mais ses rameaux sont jaune orangé en automne avant de prendre une teinte rouge vif en hiver. Ce cornouiller devrait beaucoup se plaire dans ma terre pauvre et sèche, en effet l'espèce type du cornouiller sanguin (que je trouve sans grâce) pousse spontanément dans ma région, il y en a même un très grand dans mon jardin que j'essaie de dissimuler en y faisant grimper le rosier liane 'Paul's Himalayan Musk'.




De quoi colorer joliment le prochain hiver qui sera ainsi peut-être un peu moins triste.

© Ma Planète Jardin, 03/2013

mardi 12 mars 2013

Intermède printanier avant le retour de l'hiver


Durant toute la semaine passée et particulièrement le week-end dernier l'impression fut très printanière au jardin. La douceur et le soleil y contribuaient beaucoup mais aussi le réveil de la végétation et les fleurs, tantôt bien épanouies et visitées par quantité d'abeilles et de bourdons, parfois à peine écloses. Cette année encore les hellébores ont bien fleuri mais leurs tiges ont un peu trop poussé en hauteur et les fleurs piquent du nez plus que de raison, sans doute une conséquence de la douceur humide que ma région a connue pendant de longues semaines.

Le forsythia, arbuste emblématique du printemps, n'est pas très avance cette année, les fleurs commencent juste à s'ouvrir, un signe que l'hiver a été bien long. Le camelia lui non plus n'est pas très pressé de fleurir, il ne porte que deux ou trois fleurs. Heureusement, le cognassier du Japon, les narcisses, les jonquilles et même le thlaspi contribuent largement à assurer le décor de cette fin d'hiver.

L'hiver est en effet de retour aujourd'hui, pas de manière aussi rude que dans le Nord et le Nord-Ouest de la France ou chez nos amis Belges car la neige n'est pas (encore) tombée mais la température n'a pas dépassé 0°. C'est à ne pas croire à la parenthèse printanière de la semaine dernière. Pour nous en persuader, voici quelques photos prises dimanche dernier. Le printemps, le vrai, sait nous faire languir cette année!



© Ma Planète Jardin, 03/2013

samedi 9 mars 2013

Des crocus pour fleurir la fin de l'hiver


Pendant des années, les crocus plantés en groupe au pied des arbustes d'ornement du jardin ont fleuri généreusement dès la fin du mois de février et une bonne partie du mois de mars. Leurs fleurs en entonnoir aux pétales allongés et recourbés qui enserrent un pistil et des étamines jaunes ne manquent pas de charme et apportent beaucoup de gaieté. Cette technique me permet de les laisser achever leur cycle vgétatif, ce qui est beaucoup plus difficile sur une pelouse que l'on est amené à tondre régulièrement. Leurs feuilles sèchent puis disparaissent d'elle-mêmes et les plantes entrent en dormance.

Ils se sont certes naturalisés au fil du temps mais depuis deux ou trois saisons, la floraison diminue jusqu'à devenir insignifiante. Je ne vois pas d'autre explication que la présence de rongeurs qui se seraient régalés durant l'hiver. Un maladie semble exclue car les crocus sont très résistants. J'aurais sans doute dû les rajeunir en replantant les bulbilles qui se développent sur le pourtour des cormes. Il reste malgré tout quelques spécimens dont les fleurs bleues sont assez jolies, certains -que je ne me souviens pas à avoir plantés là- ornent la pelouse.


Heureusement, j'en avais planté quelques-uns en octobre dernier en bordure de la terrasse sud. Ils sont assez serrés pour donner l'illusion d'un tache fleurie. Le bleu, le blanc et le jaune s'y mêlent joyeusement pour créer dans ce coin du jardin une impression vraiment très printanière.


Cette sensation est d'ailleuirs renforcée par le réveil de la végétation dans les massifs, jonquilles et narcisses commencent eux aussi à fleurir, les boutons du cognassier du Japon  éclosent peu à peu, ici et là des anémones blanda s'épanouissent et ce matin j'ai pu observer la première fleur de camelia. Les crocus sont bel et bien les plus précoces.

  
Il va falloir savourer cet avant-goût de printemps car le froid voire même la neige prévus pour la semaine prochaine pourraient bien nous ramener en hiver.


© Ma Planète Jardin, 03/2013

mercredi 6 mars 2013

L'iris d'Alger, un iris pour l'hiver


L'hiver a certes été gris et long mais sans période de froid excessif, c'est ce qui explique que la floraison des iris d'Alger soit si belle cette année, c'est en fait la plus généreuse depuis que j'ai planté quelques rhizomes il y a bien longtemps. Cet iris qui forme une touffe compacte possède un feuillage vert foncé très effilé qui est décoratif toute l'année car il est persistant. La floraison peut s'étaler de novembre à avril mais dans mon jardin c'est toujours à la fin février ou au début  mars qu'elle se produit.


  
Les fleurs qui sont parfumées sont portées par de courtes tiges. Leurs pétales, au nombre de six, sont bleu liliacé ou mauves et sont marqués d'un onglet très coloré qui explique le nom botanique de cet iris (unguicularis). Les nuances de couleurs sont riches et d'une grande finesse: un fond blanc strié de veines violettes et rayé d'une bande centrale jaune, ce qui produit un joli contraste. Assez fragiles, les fleurs ne durent que quelques jours mais se renouvellent régulièrement. La floraison est moins massive que celles des iris des jardins, chaque touffe ne porte que rarement plus d'une dizaine de fleurs épanouies.



 Cet iris originaire du Bassin méditerrannéen apprécie les situations très ensoleillées (le pied d'un mur exposé au Sud est idéal), les sols très bien drainés, pas trop riches et même plutôt secs et caillouteux. Dans mon jardin, il prospère dans un coin aride exposé plein Sud qui ne reçoit que très peu de pluie. Il est parfait pour les rocailles ou les jardins secs où il fera merveille en compagnie d'autres plantes résistant à la sécheresse. Il est assez rustique (-18°) mais le grand froid et la neige risquent de l'empêcher de fleurir; ce fut le cas l'an dernier,  je ne n'ai eu que quelques de fleurs.


L'iris d'Alger ne requiert pas beaucoup d'entretien, il faut juste ôter les feuilles sèches au centre de la touffe en fin d'été et éventuellement rabattre les longues feuilles qui pourraient masquer la floraison (je me contente pour ma part de les écarter sur le côté). Cet  iris présente l'avantage de ne pas drageonner et il vieillit très bien. Les deux sujets dont on me fit cadeau il y a près de quinze ans n'ont jamais eté divisés. Il déteste la concurrence des mauvaises herbes et le paillage, il faut donc veiller à garder le sol propre et nu.

 Cet iris, qui est à mes yeux un des plus beaux, n'a pas son pareil pour fleurir et égayer la fin de l'hiver.

© Ma Planète Jardin, 03/2013

samedi 2 mars 2013

Floraisons hivernales (7), le chèvrefeuille d'hiver


Depuis de longues semaines les petites fleurs du chèvrefreuille d'hiver (lonicera fragrantissima) au parfum si puissant n'en finissent pas de s'épanouir, il faut dire que l'absence de fortes gelées au cours de l'hiver a favorisé cette floraison généreuse. Ses petites clochettes blanches aux fragrances de miel résistent bien à la neige mais assez mal au froid intense qui les brûle, ce qui n'empêche pas cet arbuste plein de ressources d'offrir une deuxième floraison si la fin de l'hiver est douce, ce fut le cas l'an dernier après la vague de froid mémorable du mois de février.


Pour la première fois, le chèvrefeuille n'a pas perdu toutes ses feuilles, celles de la base sont même encore bien vertes, ce qui montre que l'hiver ne fut pas excessivement froid. Le feuillage de cet arbuste est  d'habitude  toujours caduc chez moi.

A la vérité, je suis surpris par l'abondance de sa floraison cette année. L'an passé en mars, je l'avais rabattu des deux tiers au niveau de quelques grosses branches charpentières en taillant juste au-dessus d'un bourgeon et éliminé beaucoup de vieux rameaux et de brindilles du coeur qui ne fleuissaient plus. Il a poussé avec une très grande vigueur jusqu'à la période de sécheresse de l'été derrier. Il a pratiquement retrouvé la silhouette et la taille qu'il avait avant cette taille de rajeunissement. Les jeunes rameaux sont tous bien fleuris, le parfum n'en est que plus agréable. D'ailleurs, les insectes butineurs ne s'y trompent pas. Hier, abeilles et bourdons commençaient à virevolter tout autour, attirés par le parfum des fleurs qui sont riches en pollen, un premier signe annonciateur des beaux jours.



Le spectacle durera encore trois bonnes semaines, ce qui donne une période de floraison de presque deux mois mais le chèvrefeuille sait mieux faire. En 2012, il a fleuri par vagues de décembre à la mi-mars, autant dire qu'aucun autre arbuste à fleurs ne peut rivaliser avec lui pour ce qui est de la floribondité et de la rusticité, il est le champion de la catégorie.


  
Il y aurait bien le skimmia mais ses panicules de fleurs rouges restent en boutons pendant quatre mois avant de donner une multitude de petites fleurs blanches au parfum d'oranger, un moment que j'attends avec impatience.

Les merveilles de l'hiver sont rares et donc précieuses, il faut savoir les apprécier.

© Ma Planète Jardin, 03/2013