samedi 3 novembre 2012

Dernières fleurs d'automne


La douceur est revenue et avec elle la pluie qui tombe en abondance après un petit épisode de froid. Les gelées de ces derniers jours, bien que modérées, ont eu raison de la plupart des fleurs du jardin. Les annuelles n'ont pas résisté. Les plantes frileuses ont  toutes été hivernées, le feuillage de certaines comme les lantanas et les brugmansias a un peu souffert du gel, c'est sans conséquence puisque je les rabats systématiquement avant de les rentrer. Ce fut presque dommage de rentrer le citronnier qui porte une bonne trentaine de citrons, je ne dispose pas de serre et dans l'obscurité du garage ils ont du mal à grossir. Deux ou trois cependant commencent à mûrir. Quelques oeillets d'Inde situés à bonne exposition font de la résistance.


L'aspect général des vivaces est un peu triste, elles sont défleuries mais je ne les taillerai que lorsque le feuillage aura bruni, c'est le signe que les plantes sont entrées en dormance. Ici et là toutefois, les chrysanthèmes des jardins (sans doute 'Apollo', 'Mei-Kyo', et 'Duchess of Edinburgh') et sedums apportent une touche de couleur bienvenue. Deux des nouveaux sujets que j'ai installés portent quelques boutons prometteurs. 


Les toutes denières roses sont précieuses, en particulier celles de 'The Prince' au stade  de boutons, on dirait du velours. Ce petit rosier anglais que j'ai failli arracher a réussi à me séduire avec sa floraison riche et parfumée.


'Bouquet d'or', 'Line Renaud', 'Salet' et 'Mutabilis' choisissent aussi ce moment difficile pour offrir une ultime petite remontée.


 Les sedums et l'aster pringlei 'Monte Cassino' planté il y a peu se comportent bien malgré les intempéries.



La relève sera bientôt assurée par les arbustes à floraison hivernale. Le skimmia ouvre le bal cette année. Ses compagnons portent encore un feuillage bien vert, seul celui du chimonanthe commence a devenir doré.


Contrairement à l'an passé, point de grosses surprises (comme la floraison du laurier tin, des roses de Noël ou des bruyères). Les cycles de la végétation suivent un rythme normal. Le jardin trouve le repos dont il a besoin après une saison riche en floraisons et c'est très bien ainsi.

© Ma Planète Jardin, 11/2012

mercredi 31 octobre 2012

Des bulbes pour fleurir le printemps


Planter des bulbes de printemps en octobre ou en novembre, voilà une tâche de saison assez banale effectuée par la plupart des jardiniers. Parfois, cela peut devenir un moment particulier et privilégié. Ce fut le cas lorsque l'envie m'a pris de planter des narcisses et des crocus, ce que je n'avais plus fait depuis de longues années. Il faut dire que la terre fraîche et souple est une invitation à planter tous azimuts, heureusement j'arrive maintenant à réfréner mon enthousiasme, ce qui était plus difficile à mes débuts de jardinier.


 Planter une quarantaine de narcisses en mélange et une cinquantaine de crocus botaniques, c'est peu de chose, mais ce moment était empreint de nostalgie. Il y avait comme une réminiscence du temps passé où je plantais des narcisses en grand nombre, quelque chose d'indéfinissable mais de très agréable. En fait, c'est aussi la floraison maigre de ceux qui sont installés dans mes massifs qui m'a décidé à en planter de nouveaux. Je ne sais si je dois l'attribuer à la vague de froid extrême de l'hiver dernier qui les a abîmés alors qu'ils étaient déjà sortis de terre ou à leur âge qui justifierait une division des touffes. J'agirai en fonction de ce qu'ils donneront au prochain printemps.


J'ai planté les narcisses juste devant la bordure de vivaces naines créée en mars dernier. La  terre est certes meuble mais il est tout de même  impossible de faire directement des trous avec le plantoir à bulbes (indispensable pour éviter les poches d'air). Il faut d'abord travailler le sol (sans retournement en ce qui me concerne). Je les plantés assez serrés (à 10-15 cm d'écartement) à environ 15 cm de profondeur pour un  bel effet dès la première année. Qui sait s'ils ne fleuriront pas en même temps que les phlox nains, la corbeille d'or ou l'aubriète.




En bordure de la terrasse sud, pour qu'ils soient bien en vue, j'ai planté les crocus botaniques de part et d'autre du nandina en prenant le chiffre cinq comme point de repère: 5cm de profondeur et 5cm de distance entre chacun. Dès mars, leurs corolles multicolores devraient s'épanouir et égayer ce massif.



Plus classique fut pour moi la plantation de tulipes (des Triomphe), une de mes fleurs préférées avec la rose. Pour le massif des quatre saisons, j'ai choisi des tulipes jaunes associées  à des lunaires et des myosotis bleus. Ailleurs, j'ai opté pour des tulipes aux couleurs variées. Elles se plantent à une profondeur de 12 à 15 cm. Je me contente toujours de bulbes de petit calibre, ils donnent de belles fleurs.



Des promesses de fleurs, c'est tout à fait ce qu'il faut pour oublier le vide qui s'installe peu à peu au jardin.

© Ma Planète Jardin, 10/2012

samedi 27 octobre 2012

Plantations d'automne


Subitement, le temps est devenu gris et froid et les feuilles se sont mises tomber en masse. Il n'y a là rien d'extraordinaire à quelques jours de la Toussaint. Ce qui est nouveau par rapport aux années passées c'est que la pluviométrie exceptionnelle du mois d'octobre (quelque 135mm, soit plus du double de la moyenne) a rendu la terre souple et facile à travailler. L'occasion était trop belle. J'en ai profité pour installer le décor du prochain printemps (bulbes et bisannuelles) et  acquérir quelques vivaces pour combler certains vides dans mes massifs. Je ne me souviens pas avoir pu planter en octobre depuis des lustres. Le sol du jardin est souvent très dur, sec et poussiéreux à cette époque. Je devais attendre la mi-novembre pour planter et pour les vivaces, c'était un peu tard.


Mes acquisitions sont modestes mais  le plaisir de les planter puis d'imaginer les floraisons sera grand. J'ai choisi deux gaillardes aristata 'Chloe', une espèce vivace assez haute, comme je les aime, à fleurs jaunes. Elles remplaceront des rudbeckias qui souffraient du soleil ardent à cet emplacement. Ces plantes de plein soleil et de terrain sec devraient s'y plaire. Devant, dans un massif très sec prendront place non loin des lavande officinales deux sujets de lavandin 'Dutch', remarquable par son feuillage gris argent et ses fleurs bleu clair. Dans ma région, sa floraison dure souvent jusqu'en novembre.




Je souhaitais aussi des asters ericoides mais il n'y avait que 'Pink Star' que je possède déjà, alors j'ai opté pour un pied bien fleuri d'aster 'Monte Cassino'. Son feuillage est fin et découpé comme celui des asters ericoides mais la floraison, tout aussi légère, est plus tardive.


J'ai pris aussi quatre chrysanthèmes des jardins, une vivace pas toujours correctement étiquetée en jardinerie: 'Scarly' à fleurs rouges, 'Arie Elite' à fleurs roses, un autre à fleurs oranges que j'ai identifié après coup comme étant 'Lupo' et un dernier à fleurs rose doubles. L'étiquette et la photo indiquaient un chrysanthème à fleurs rouges (!). J'ai vu immédiatement la ressemblance avec un chrysanthème que j'ai depuis longtemps et qui fleurit beaucoup, je n'ai donc pas hésité. Il pourrait bien s'agir de Mei-Kyo, une ancienne variété qui revient à la mode.



Il y avait aussi un beau spécimen du rosier 'Golden Celebration' que j'ai découvert  et admiré chez Sophie (Notre Jardin Secret) et Jocelyne (Le Jardin de Chêneland) et plus récemment chez un de mes voisins. J'ai pu constater à quel point il était vigoureux et florifère en sol pauvre. Comment résister à une telle tentation?


Cet automne  décidément bien  agréable fait vite oublier les petites déceptions de l'été passé.

© Ma Planète Jardin, 10/2012

mardi 23 octobre 2012

Petite remontée d'automne pour quelques rosiers


Il faut bien le reconnaître, les roses sont assez rares en ce moment  au jardin et la saison est bien trop avancée pour permettre une remontée vraiment généreuse. Sans la sécheresse intense qui a régné de la mi-juillet à la fin septembre, la refloraison de certains de mes rosiers remontants eût été sans aucun doute beaucoup plus généreuse. Au plus fort de la sécheresse, je les ai arrosés régulièrement  pour qu'ils ne perdent pas leur feuilles, sans cela je crois bien que je n'aurais même pas profité des quelques roses qu'ils m'offrent en cette fin octobre. Elles suffisent à faire oublier la grisaille omniprésente et grâce à elles la nostalgie de la saison des roses qui fut si belle est moins grande (on ne devrait jamais se replonger dans les photos du printemps).
 


Prises séparément, elles avaient l'air un peu esseulé, alors j'ai pris le temps de faire un collage, un petit artifice qui facilite la présentation de ces quelques fleurs. Cette revue d'inspection est aussi l'occasion de constater l'exceptionnelle bonne santé du feuillage des rosiers cette année. Point d'attaque massive de marsonia, juste quelques feuilles qui commencent  à être atteintes sur le rosier 'Boule de Neige', ce qui est peu compte tenu des pluies torrentielles que nous avons connues depuis un mois. La rouille a été très discrète aussi, j'ai éliminé quelques feuilles  malades sur le rosier 'Ulrich Brunner' en fin d'été. Il donnera d'ici peu deux ou trois roses. Le nettoyage d'automne auquel je me suis astreint l'an dernier a été payant. J'ai ramassé toutes les feuilles mortes au pied des rosiers et ôté le bois mort. C'est ingrat et très fastidieux mais nécessaire.




J'ai pu aussi noter quels étaient les plus remontants de mes rosiers. A ma grande surprise, deux rosiers anglais, vraiment très florifères cette année, 'The Prince' et 'Heritage' font jeu égal avec 'Mme Alfred Carrière', un Noisette et 'Line Renaud', un hybride de thé dont le parfum est puissant même par temps humide et frais. Depuis le mois de mai et sauf pendant la période de canicule, ils n'ont jamais été sans fleurs. Viennent ensuite 'Salet', un mousseux  qui portent de très nombreux boutons qui ne demandent qu'à éclore, et  'Golden Shower', un rosier arbustif moderne.
 

J'y inclus ces deux hybrides de thé modernes très vieux dont j'ignore le nom. Ils seront arrachés dans l'hiver, leurs fleurs à la forme turbinée résolument trop moderne ne convient plus dans mon jardin. Je vais cependant les bouturer et les planter au potager car ils donnent tout l'été de belles fleurs à couper délicatement parfumées. A leur place, j'installerai de nouvelles roses d'antan, un projet qui doit mûrir car je n'ai pas encore choisi les variétés.



Des roses, on n'en a décidément jamais assez lorsqu'on est fan mais c'est une douce accoutumance. Mon rêve serait de pouvoir planter en grand nombre des rosiers galliques (dont la fabuleuse 'Duchesse de Montebello') et des Cent-feuilles que j'aime beaucoup mais où trouverais-je la place ?

© Ma Planète Jardin, 10 /2012

vendredi 19 octobre 2012

Couleurs d'automne en demi-teintes


Cette année, le mois d'octobre est décidément bien différent, le temps est très humide, ce qui est une très bonne chose, cela permet aux ressources en eau de se reconstituer après la sécheresse estivale et cela facilite aussi les plantations. La terre est souple et fraîche, rien à voir avec les mois d'octobre secs et poussiéreux que ma région connaissait depuis 8 ou 9 ans. Le jardin apprécie cette humidité qui va de pair avec une grande douceur.


La végétation des arbustes paraît ne pas vouloir entrer en repos et les couleurs d'automne, les rouges, les ors et les pourpres si beaux d'habitude vers le 20 octobre sont discrets. A peine aperçoit-on quelques nuances. Je me demande si ce n'est pas une conséquence de l'extrême sécheresse qui a régné en août et septembre. Elle a provoqué comme un arrêt végétatif, puis le cycle normal a repris avec les pluies abondantes. Je ne remarque rien de semblable pour les vivaces qui n'ont pas manqué d'eau, les asters fanent et les chrysanthèmes commencent à s'épanouir. Pour les parures automnales des feuillages, il semble qu'il faille attendre.


Le vert domine. C'est étonnant de voir que la viorne obier, la viorne de Burkwood (éprouvée par la sécheresse mais tout à fait remise à présent), le cornouiller mâle et le cerisier du Japon  ne veulent pas changer de saison. Quant au vert retrouvé de la pelouse, il me ravit.


  Le pommier à fleurs et le lagerstroemia hésitent entre l'été et l'automne.


 L'abelia continue à fleurir imperturbablement  et ne commence même pas à rougir.


La sécheresse s'est terminée et j'en suis heureux avant que mon viburnum mariesii ne soit complètement défeuillé, je profite donc un peu de son maigre feuillage d'automne.


Mon hamamelis a perdu presque toutes ses feuilles bien avant d'afficher sa belle livrée dorée mais il y a de bien belles promesses de fleurs, les boutons sont nombreux.


 Côté feuillage, ce n'est guère mieux pour l'amélanchier.


Il y a cependant quelques exceptions dans ce tableau tout vert. Le pourpre n'est pas totalement absent. Jamais, je crois, le liquidambar n'a pris une teinte rouge aussi profonde. Je ne me l'explique pas mais je m'en réjouis. 


Le feuillage des pivoines ne pourrit pas malgré les pluies incessantes (à l'heure où j'écris ces lignes des pluies diluviennes s'abattent sur le jardin) et il rougeoie, tout comme celui de l'aronia.  En arrière-plan, on devine le cotoneaester laiteux chargé de baies orange vif.


Les azalées caduques elles aussi sont dans le ton, cela rachète leur floraison un peu chiche au printemps dernier.




Et puis il y a ces quelques champignons qui ressemblent à des cèpes, ils prouvent indubitablement que l'automne est là, je n'en avais plus vu depuis des années. 


Etrange mois d'octobre, quand finiras-tu de nous surprendre? 

© Ma Planète Jardin, 10/2012