mercredi 6 mars 2013

L'iris d'Alger, un iris pour l'hiver


L'hiver a certes été gris et long mais sans période de froid excessif, c'est ce qui explique que la floraison des iris d'Alger soit si belle cette année, c'est en fait la plus généreuse depuis que j'ai planté quelques rhizomes il y a bien longtemps. Cet iris qui forme une touffe compacte possède un feuillage vert foncé très effilé qui est décoratif toute l'année car il est persistant. La floraison peut s'étaler de novembre à avril mais dans mon jardin c'est toujours à la fin février ou au début  mars qu'elle se produit.


  
Les fleurs qui sont parfumées sont portées par de courtes tiges. Leurs pétales, au nombre de six, sont bleu liliacé ou mauves et sont marqués d'un onglet très coloré qui explique le nom botanique de cet iris (unguicularis). Les nuances de couleurs sont riches et d'une grande finesse: un fond blanc strié de veines violettes et rayé d'une bande centrale jaune, ce qui produit un joli contraste. Assez fragiles, les fleurs ne durent que quelques jours mais se renouvellent régulièrement. La floraison est moins massive que celles des iris des jardins, chaque touffe ne porte que rarement plus d'une dizaine de fleurs épanouies.



 Cet iris originaire du Bassin méditerrannéen apprécie les situations très ensoleillées (le pied d'un mur exposé au Sud est idéal), les sols très bien drainés, pas trop riches et même plutôt secs et caillouteux. Dans mon jardin, il prospère dans un coin aride exposé plein Sud qui ne reçoit que très peu de pluie. Il est parfait pour les rocailles ou les jardins secs où il fera merveille en compagnie d'autres plantes résistant à la sécheresse. Il est assez rustique (-18°) mais le grand froid et la neige risquent de l'empêcher de fleurir; ce fut le cas l'an dernier,  je ne n'ai eu que quelques de fleurs.


L'iris d'Alger ne requiert pas beaucoup d'entretien, il faut juste ôter les feuilles sèches au centre de la touffe en fin d'été et éventuellement rabattre les longues feuilles qui pourraient masquer la floraison (je me contente pour ma part de les écarter sur le côté). Cet  iris présente l'avantage de ne pas drageonner et il vieillit très bien. Les deux sujets dont on me fit cadeau il y a près de quinze ans n'ont jamais eté divisés. Il déteste la concurrence des mauvaises herbes et le paillage, il faut donc veiller à garder le sol propre et nu.

 Cet iris, qui est à mes yeux un des plus beaux, n'a pas son pareil pour fleurir et égayer la fin de l'hiver.

© Ma Planète Jardin, 03/2013

samedi 2 mars 2013

Floraisons hivernales (7), le chèvrefeuille d'hiver


Depuis de longues semaines les petites fleurs du chèvrefreuille d'hiver (lonicera fragrantissima) au parfum si puissant n'en finissent pas de s'épanouir, il faut dire que l'absence de fortes gelées au cours de l'hiver a favorisé cette floraison généreuse. Ses petites clochettes blanches aux fragrances de miel résistent bien à la neige mais assez mal au froid intense qui les brûle, ce qui n'empêche pas cet arbuste plein de ressources d'offrir une deuxième floraison si la fin de l'hiver est douce, ce fut le cas l'an dernier après la vague de froid mémorable du mois de février.


Pour la première fois, le chèvrefeuille n'a pas perdu toutes ses feuilles, celles de la base sont même encore bien vertes, ce qui montre que l'hiver ne fut pas excessivement froid. Le feuillage de cet arbuste est  d'habitude  toujours caduc chez moi.

A la vérité, je suis surpris par l'abondance de sa floraison cette année. L'an passé en mars, je l'avais rabattu des deux tiers au niveau de quelques grosses branches charpentières en taillant juste au-dessus d'un bourgeon et éliminé beaucoup de vieux rameaux et de brindilles du coeur qui ne fleuissaient plus. Il a poussé avec une très grande vigueur jusqu'à la période de sécheresse de l'été derrier. Il a pratiquement retrouvé la silhouette et la taille qu'il avait avant cette taille de rajeunissement. Les jeunes rameaux sont tous bien fleuris, le parfum n'en est que plus agréable. D'ailleurs, les insectes butineurs ne s'y trompent pas. Hier, abeilles et bourdons commençaient à virevolter tout autour, attirés par le parfum des fleurs qui sont riches en pollen, un premier signe annonciateur des beaux jours.



Le spectacle durera encore trois bonnes semaines, ce qui donne une période de floraison de presque deux mois mais le chèvrefeuille sait mieux faire. En 2012, il a fleuri par vagues de décembre à la mi-mars, autant dire qu'aucun autre arbuste à fleurs ne peut rivaliser avec lui pour ce qui est de la floribondité et de la rusticité, il est le champion de la catégorie.


  
Il y aurait bien le skimmia mais ses panicules de fleurs rouges restent en boutons pendant quatre mois avant de donner une multitude de petites fleurs blanches au parfum d'oranger, un moment que j'attends avec impatience.

Les merveilles de l'hiver sont rares et donc précieuses, il faut savoir les apprécier.

© Ma Planète Jardin, 03/2013

mardi 26 février 2013

Nouvel (et ultime?) assaut de l'hiver


Depuis la fin de la semaine dernière ma région comme beaucoup d'autres en France a connu un épisode de temps très hivernal. Il a neigé pendant plusieurs jours, faiblement mais de manière continue et juste assez pour tout blanchir et il a gelé assez fort. C'est assez rare dans ma région où le grand froid n'arrive que très exceptionnellement après la mi-février.

Ce matin, le jardin  semblait engourdi. Il y avait encore de grandes plaques de neige, pas de doute le général hiver avait lancé une nouvelle offensive. Il faisait gris et froid comme en plein mois de janvier. Pourtant à y regarder de plus près, les signes de réveil étaient perceptibles. Le rosier 'Centenaire de Lourdes' exhibait fièrement ses bourgeons sur fond de neige, un  contraste saisissant qui nous montre que la mauvaise saison touche à son terme.


Cet après-midi, c'était encore plus frappant. Certes, le vent de nord soufflait et il ne faisait que 5° mais le soleil brillait et il n'en fallait pas plus pour donner au jardin des airs printaniers.

Les crocus s'épanouissent.


  Tout comme les pervenches. 


 Les boutons du camelia commencent à éclore.


Les jonquilles sont impatientes d'y arriver.


Les hellébores, qui s'étaient complètement avachis sous l'effet du gel, se redressent peu à peu.


Les iris d'Alger, qui détestent la neige, se remettent doucement.


Les arbustes à fleurs (cognassier, spirée de Thunberg, cornouiller mâle et laurier tin) commencent à s'épanouir sporadiquement, c'est encourageant.


 Les massifs de printemps ne sont plus aussi vides.


Que penser du comportement étrange de cette pivoine, se croirait-elle en avril? Toutes les autres dorment encore, même la pivoine arbustive pourtant précoce.


Bien sûr, l'hiver n'est pas fini, pourtant le printemps n'est plus si loin et il me tarde de pouvoir commencer les travaux de taille.

© Ma Planète Jardin, 02/2013

samedi 23 février 2013

Abécédaire du jardin


Aujourd'hui il fait un temps à ne pas mettre le nez dehors, pas même pour prendre des photos destinées à compléter la série d'articles sur les floraisons de cet hiver. L'hiver fait justement un retour en force, la bise de nord-est souffle en rafales, le sol est gelé et par moments il y a des averses de neige. Je préfère donc participer à l'initiative lancée par Le Chat Vert, un blog sympathique que j'ai découvert par l'intermédiaire de Malo (Les Chroniques de Mon Jardin). Il s'agit de montrer des photos de 26 plantes dont les noms commencent par les 26 lettres de notre alphabet.


La tâche ne fut pas si simple, j'avoue avoir séché pour la lettre X. J'ai fini par trouver qu'un des synonymes (peu usité il est vrai !) du chèvrefeuille d'hiver était xylosteum fragrantissimum. Je dois humblement reconnaître que je ne connaissais pas de plantes dont la première lettre est un X; mon encyclopédie des fleurs m'a donné la solution: xanthoceras, un petit arbre originaire de Chine dont les panicules de fleurs blanches parfumées éclosent en mai.

C'eût été impossible en n'utilisant que des noms courants, j'ai dû employer le nom botanique du chêne vert pour la lettre Q (quercus ilex) et avoir recours à un artifice pour le U en me servant du rosier 'Ulrich Brunner' mais j'ai réussi à compléter l'abécédaire. Ce petit jeu est agréable car cet inventaire des plantes du jardin permet d'oublier le vide et la grisaille qui règnent en ce moment.

Un grand merci à son instigatrice !

© Ma Planète Jardin, 02/2013

mardi 19 février 2013

Feuillages d'hiver et promesses de fleurs


Le beau temps qui règne depuis quelques jours incite à profiter du jardin où je ne me suis guère aventuré pendant de longues semaines durant lesquelles la grisaille omniprésente était assez rebutante. Le jardin n'est certes pas très foisonnant et encore un peu endormi en cette fin février mais il baigne dans une belle lumière qui met en valeur les feuillages persistants et fait ressortir davantage les signes de réveil de la végétation.

Les persistants sont trop peu nombreux dans mon jardin, c'est un défaut majeur que je corrigerai bientôt. Grâce à la très grande douceur de l'hiver, les quelques arbustes à feuillage persistant que je possède sont pimpants, contrairement à l'an passé où le froid mordant les avait fait souffrir.

Mon préféré reste le camélia et ses belles feuilles vernissées. Curieusement, il ne m'a pas encore offert une seule fleur, il faudra attendre mars.


Le laurier tin a aussi un feuillage impeccable et sa floraison printanière devrait être belle. Avec l'abelia qui a conservé son feuillage, il anime la haie fleurie bien nue en cette saison.


Le mahonia commun, vraie peste végétale qui s'étend à tout va par ses racines traçantes et se ressème à qui mieux mieux a un joli feuillage cuivré et en mars sa floraison jaune est très tonique.


Le nandina affiche des nuances franchement rouges.


La douceur profite au phlomis et à l'oranger du Mexique dont le feuillage est présentable.


D'année en année les épiaires laineuses sont plus fournies, un couvre sol efficace qui ne demande pas d'entretien.


Certaines vivaces se réveillent peu à peu. Les acanthes que je pensais mortes de soif en septembre ont visiblement apprécié les fortes pluies de ces derniers mois, je ne les ai jamais vues si opulentes.


Hémérocalles et geraniums vivaces commencent à sortir de terre, un signe tangible que les beaux jours ne sont plus très loin.


La viorne de Burkwood porte un feuillage très clairsemé mais elle devrait offrir de nombreux corymbes de fleurs parfumées.


Pour une raison inexpliquée, le rosier de Chine 'Old Blush' ne perd jamais ses feuilles, mieux, de nouvelles pousses apparaissent à la base.


Et il y a les feuillages qui ne resteront pas en l'état, comme celui du chèvrefeuille grimpant qui sera taillé début mars. Cela réduira son encombrement et lui donnera une silhouette plus harmonieuse.


© Ma Planète Jardin, 02/2013