mercredi 8 juin 2011

Lys parfumés et hémérocalles colorées


Le jardin revit et reverdit pour le plus grand plaisir du jardinier. Rien d'étonnant à cela, les pluies abondantes qu'on n'espérait plus se sont enfin abattues sur ma région (quelque 75 millimètres en 2 jours). Les vivaces et le potager ont apprécié. Ce genre de retournement se traduit par un regain d'enthousiasme et d'énergie. La saison qui s'annonce est encore pleine de promesses. Certes, les conséquences les plus visibles de la sécheresse s'estompent mais cela ne doit pas faire illusion la situation est critique pour les agriculteurs, notamment pour les éleveurs.

L'effet vivifiant de la pluie se remarque surtout sur les hémérocalles du jardin, leur beau feuillage rubanné commençait à griller, quant aux fleurs, soit elles ne s'ouvraient pas, soit elles cuisaient en quelques heures, un comble pour cette belle vivace nommée aussi lys d'un jour. Je ne suis pas un spécialiste de ces fleurs, je les ai adoptées tardivement, pensant que la terre peu profonde, pauvre et sèche de mon jardin ne leur plairait pas. Il n'en est rien. Bien sûr, j'ai dû les regrouper dans un grand massif exposé au nord, les variétés à fleurs simples prospèrent au pied de vieux rosiers, les doubles aiment l'ombre de la spirée.



J'apprécie beaucoup le coloris orange vif de celle qui s'épanouit la première, je ne connais pas la variété, il s'agit peut-être d'Orange Prélude. Je ne retrouve cette teinte orange vif si tonique nulle part ailleurs dans mon jardin. Ses fleurs en large cornet aux étamines noires un peu redressées sont très belles. Les hémérocalles sont très rustiques, elle peuvent rester au moins 15 ans en place sans soins particuliers. Je me contente de les arroser un peu, de faire tomber les fleurs fanées qui ne disparaissent pas d'elles-mêmes et de les toiletter en novembre.



Elle tiennent compagnie au geranium Johnson's Blue qui a tendance à beaucoup s'étaler et dont la floraison est un peu trop brève.


Cette année, elles ont fleuri avec de l'avance et leur floraison coïncide avec celle d'une autre liliacée, elle aussi bien précoce cette année, le lys royal (lilium regale). Royal, il l'est assurément par sa haute taille, ses fleurs en trompette, d'un blanc immaculé sur le devant et roses au revers et surtout par son parfum extrêmement puissant. Pour l'instant, quelques fleurs seulement sont ouvertes, de nouvelles suivront vite, relayées par d'autres variétés à fleurs jaunes oranges et rouges.



La catastrophe n'a pas eu lieu pour l'instant, les plantes sont abreuvées, le jardinier retrouve ses marques. Dans ce domaine, rien n'est jamais prévisible et c'est ce qui en fait aussi l'intérêt.

© Ma Planète Jardin, 06/2011

dimanche 5 juin 2011

Duo de céanothes


Deux céanothes caducs sont plantés dans mon jardin. Je les préfère de beaucoup aux variétés persistantes, leur floraison est certes moins massive, mais leur coloris pastel bleu ou rose est plus doux que le bleu intense des variétés persistantes et je trouve leurs panicules de fleurs beaucoup plus légères et plus belles. Elles rappellent un peu le lilas, lilas de Californie (contrée d'où sont originaires les céanothes caducs) étant d'ailleurs leur appellation commune.

J'aime particulièrement le céanothe caduc (ceanothus x delilianus) 'Gloire de Versailles'. Lui aussi me surprend cette année, en effet depuis plusieurs jours déjà il est fleuri, comme beaucoup d'arbustes à fleurs avec un mois d'avance. En principe, la floraison commence fin juin et se poursuit jusqu'en septembre si l'on prend soin d'enlever les inflorescences fanées. Il apprécie le plein soleil (plutôt brûlant en ce moment) et la terre légère de mon jardin. Il est installé depuis presque dix ans et je me contente à présent d'une taille légère d'entretien: suppression du bois mort et des branches grêles, ce qui permet d'aérer le centre de l'arbuste.

Si j'avais de la place, je lui associerais d'autres variétés au nom évocateur pour certaines comme 'Indigo', 'Bleu Céleste' ou 'Ciel de Provence', tant j'apprécie ces arbustes si faciles a cultiver et très peu exigeants. Plus rustique que les variétés persistantes, il tolère des gelées passagères de -15°. Il est censé ne pas aimer les atmosphères sèches, dans mon jardin il semble s'en accommoder.




Je lui avais associé un Genêt d'Espagne (spartium junceum), le mariage fut heureux pendant deux ans durant lesquels le spartium a bien fleuri, depuis il végète, de nombreuses branches se dessèchent et il fleurit peu ou pas du tout selon les années. Il doit certainement souffrir du froid l'hiver, le genet à balais, qui est indigène, serait plus adapté.


Heureusement, un autre cénaothe qui côtoie Gloire de Versailles est bien fleuri, peut-être pour la première fois: 'Marie Simon' qui appartient à l'espèce ceanothus pallidus. Il est moins haut que lui mais tout aussi florifère et ses rameaux pourpres sont aussi décoratifs. Je craignais que ses fleurs roses apparemment fragiles ne résistent pas à la chaleur, il n'en est rien. Il a mis beaucoup de temps à démarrer, concurrencé sans doute par le chèvrefeuille d'hiver tout proche. Ils forment tous les deux un bel ensemble.



Précieux, ces céanothes le sont à coup sûr, ils sont les seuls arbustes fleuris en cette fin de printemps où décidément rien en se passe comme prévu.

© Ma Planète Jardin, 06/2011

mercredi 1 juin 2011

The Fairy, un rosier florifère et vraiment très résistant


Au jardin, c'est un peu la désolation, la sécheresse s'accentue et elle va de pair avec de fortes chaleurs. Il n'y a plus de pelouse, les massifs de vivaces ne payent pas de mine et je ne sais à quoi ils ressembleront cet été, d'autres où je plante d'habitude des annuelles restent vides en attendant d'improbables précipitations (totalement absentes depuis un mois et de l'ordre de 5 millimètres en avril). Les rosiers, nettoyés de leurs fleurs fanées, semblent être entrés dans une sorte de repos végétatif, sauf Madame Alfred Carrière qui prépare une nouvelle floraison.

Malgré toutes ces déceptions, qu'il faut relativiser et prendre avec fatalisme, il y a pour le jardinier une vraie satisfaction offerte par un rosier que je qualifierais d'increvable. Malgré les conditions très sévères qui règnent dans ma région, 'The Fairy' fleurit avec une générosité jamais égalée, il croule littéralement sous les fleurs, au point que j'ai dû tuteurer certaine branches. J'en laisse retomber d'autres ce qui lui donne beaucoup de charme. Certes, il est sans parfum mais devant tant de munificence, on l'oublie aisément.


Rosier 'The Fairy', 06/2011

Il vit de presque rien. Aucun arrosage, aucun traitement, pas d'engrais, juste un peu de compost en fin d'hiver. Il n'est jamais sans fleurs et remonte abondamment en automne quand les températures fraîchissent. Je ne le taille pas vraiment, je l'égalise simplement pour qu'il garde une forme harmonieuse. Ses fleurs doubles en forme de petit pompons durent longtemps et permettent de composer de merveilleux bouquets. Cette année, il a fleuri avec trois bonnes semaines d'avance, comme tous les rosiers. Sain et vigoureux, il n'a pas de rival en ce moment dans mon jardin si ce n'est Line Renaud, une autre force de la nature au parfum exceptionnellement fort. Il est encore fleuri.



S'il est un rosier à retenir pour les climats chauds et secs et les sols maigres (chez moi, il prospère dans 30 cm de terre pauvre), c'est bien 'The Fairy'. Il se plaît vraiment dans les coins les plus arides et je songe à en faire une longue bordure en choisissant la variété rouge. Il se bouture aussi très facilement, les boutures d'un an fleurissent d'ailleurs alors que je ne m'en suis pas occupé du tout.

Même quand le climat fait des siennes, il existe toujours des sujets de contentement dans un jardin (où la vie jaillit là où on ne l'attendait pas) et des réussites qu'on n'avait pas espérées. Il y en a deux ou trois autres dont je parlerai très prochainement.

© Ma Planète Jardin

samedi 28 mai 2011

Des vivaces au feuillage graphique


Les plantes vivaces sont redevenues très tendance depuis plusieurs dizaines d'années après le règne sans partage des fleurs annuelles. Pérennes, elles assurent le décor pendant longtemps. La plupart sont très robustes et prospèrent sans demander beaucoup de soins. Leur floraison est souvent généreuse et si l'on prend soin de bien choisir les variétés, on peut avoir des massifs fleuris du printemps à l'automne. Il est facile de créer de grandes taches fleuries. Pour ma part, j'aime les grands massifs de vivaces à floraison estivale dans les tons de jaunes où cohabitent rudbeckias bas et hauts, hélénuims et fenouils auxquels se mêlent les asters et les sedums aux coloris vifs.

Ces vivaces s'associent toutes très bien à quantité de végétaux comme les arbustes, les rosiers, les bulbes ou les annuelles, c'est ce savant mélange de plantes qui est à l'origine de la bordure mixte que nos amis Britanniques savent composer avec tant de génie (il y a évidemment de superbes exemples en France et ailleurs).

Certaines vivaces ne se contentent pas d'offrir leur belle floraison, leur feuillage aux formes très graphiques, presque géométriques, les rend très structurantes, elles donnent du relief et de la hauteur. Elles sont parfaites pour marquer les contours d'un massif ou servir de point de repère pour organiser la disposition d'une plate-bande. C'est le cas du kniphophia (kniphophia uvaria) remarquable à mon avis moins par ses fleurs, que je n'aime guère, que par ses belles feuilles rubanées vert clair. Il ne demande aucun entretien si ce n'est la suppression des feuilles sèches, très nombreuses, en fin d'hiver. De jeunes feuilles les remplacent rapidement au printemps.



La verveine de Buenos-Aires (verbena bonariensis), déjà fleurie ans mon jardin, est également très graphique de par ses longues tiges raides, sa floraison en forme de coussins mauves est superbe. Cette année malheureusement, elle ne se resèmera pas ou si peu à cause de la grande sécheresse (qui vient à bout de la moindre mauvaise herbe et aussi de la pelouse). Elle est du plus bel effet avec des rudbeckias jaunes.



La seule vivace qui ait un feuillage et une floraison aussi graphique reste à mes yeux l'achillée eupatoire (achillea eupatorium) qui commence à fleurir avec un bon mois d'avance. Son feuillage aromatique apporte de la légèreté dans les massifs et ses fleurs jaunes en ombelles plates sont extrêmement décoratives. Elle ne craint pas la chaleur, encore moins la sécheresse. Une valeur sure à l'heure du changement climatique. Elle aura bientôt une place choix dans mes massifs.



Une autre plante vivace que je confinais jusqu'alors au potager est elle aussi promise à un bel avenir au jardin d'ornement: la tanaisie (tanacetum vulgare). Elle pousse dans les coins les plus arides de mon potager et bien que laissée à elle-même, elle forme des touffes imposantes. Ses racines traçantes la rendent un peu envahissante et de plus elle se ressème. J'aime son feuillage très découpé et son odeur aromatique si particulière. En juillet-août, elle se couvre de petites fleurs jaunes sans pétales en forme de boutons qui durent très longtemps. Je compte l'installer dans deux massifs très secs ou rien ne pousse et j'en suis sûr, elle y deviendra belle.



Quant au fenouil commun (foeniculum vulgare), il est présent depuis longtemps dans le jardin. J'apprécie sa haute silhouette, ses longues tiges robustes, ses feuilles filamenteuses qui donnent l'impression d'un fin brouillard et aussi ses ombelles de fleurs vert anis. Attention cependant, il peut être invasif et les plants bien développés ont une racine pivotante qu'il est impossible d'extirper.



La sécheresse actuelle est vraiment désolante mais elle a ceci de bon qu'elle permet au jardiner de repenser l'agencement de certains massifs et un des plaisirs du jardin, c'est bien de remanier, de changer, d'innover. Un plaisir qui est sans cesse renouvelé.

© Ma Planète Jardin, 05/2011

mercredi 25 mai 2011

Quatre vivaces associées aux rosiers


La plupart des rosiers de mon jardin sont accompagnés de vivaces basses ou hautes car je n'aime rien tant que leur association que je trouve naturelle et dans l'esprit de la mixed-border à l'anglaise. Seul Salet fait exception à ce principe, il est associé à une spirée, de même que quelques variétés anciennes et modernes comme Line Renaud, Yolande d'Aragon ou The Fairy qui côtoient des annuelles pendant tout la belle saison.

Cette année, la floraison des rosiers fut extrêmement précoce et certains sont déjà défleuris. Les vivaces plantées à leur pied sont elles bien fleuries et le resteront encore longtemps malgré les conditions climatiques épouvantables (sécheresse, vent et forte chaleur). Robustes, elles n'ont pas beaucoup d'exigences et demandent peu de soins. Elles prolongent l'intérêt des massifs de rosiers au moment où leur floraison marque une pause et corrige leur silhouette un peu trop raide.

C'est le cas pour la coquelourde des jardins (lychnis coronaria) dont les fleurs rouge vif tranchent sur celles rose pale du rosier Pink Prosperity. Extrêmement résistante à la sécheresse, elle se ressème fréquemment.



Quelques campanules à fleurs de pêcher bleues (campanula persicifolia) habillent aussi sa base et celle du rosier Ulrich Brunner. Leur floraison est un peu trop éphémère à mon goût, surtout par temps sec comme en ce moment.




L'alchémille mollis, plantée en bordure d'un massif exposé au nord, s'est bien étoffée, sa floraison vaporeuse vert chartreuse est vraiment très belle. Elle apporte aussi de la légèreté au massif qu'elle entoure. Elle se ressème également les années pas trop sèches et il m'est arrivé de récupérer ainsi des plants à bon compte.



De toutes les vivaces que j'ai choisies pour tenir compagnie aux rosiers, deux prennent beaucoup d'ampleur. Le nepeta 'Six Hills Giant' forme une large bande parallèle à un groupe de rosiers pour l'instant défleuris mais qui remonteront sous peu. Ses panicules bleues, mellifères, sont de très longue tenue, le feuillage gris-vert est décoratif et très aromatique. La taille permet d'obtenir des fleurs jusqu'à l'automne. Dans ma terre légère et très sèche, il se plaît particulièrement.


Il forme aussi une jolie scène avec les roses jaunes comme Nicolas Hulot:




J'aime aussi beaucoup le mariage de la valériane des jardins (centranthus ruber) et du des rosiers, comme Lavender Dream par exemple. Elle adore les sols maigres et secs, les talus arides ou les vieux murs et se ressème à foison. Elle pousse même dans le remblai du chemin. Je rabats les tiges au niveau de la souche courant juillet car son feuillage grille un peu et elle refleurit souvent mais plus modestement.



Ces belles floraisons sont un vrai bonheur et font un peu oublier le spectacle peu réjouissant qu'offre certaines vivaces qui souffrent considérablement du manque d'eau et des températures très chaudes.

© Ma Planète Jardin, 05/2011

dimanche 22 mai 2011

Des fleurs malgré la sécheresse


Nous ne sommes pas encore à la fin du mois de mai et la sécheresse terrible qui semble installée durablement a des conséquences visibles: pelouse jaunie, retard de végétation dans les massifs de vivaces et au potager, floraison des arbustes abrégée, roses cuites par la forte chaleur, géraniums vivaces qui s'avachissent et fleurissent peu à cause des températures trop élevées (pas loin de 30°) et de l'absence de pluie. Malgré le paillage et des arrosages raisonnés, la terre se dessèche en profondeur.

Pour l'heure, pas question de planter les annuelles pourtant belles car semées en caissettes à exposition ombragée, elles attendront qu'il fasse moins sec et moins chaud (est-ce possible?). D'ores et déjà, ma région connaît la pire sécheresse depuis 2000 et le spectre de celle de 1976, présente dans bien des mémoires, se rapproche.

Le bilan de cette fin de printemps (dans les faits, l'été semble là depuis des semaines) est très mitigé mais fort heureusement, quelques végétaux tirent leur épingle du jeu et font de la résistance. Leur présence est bien réconfortante pour le jardinier contrarié dans ses projets mais obligé de composer avec le climat qui semble détraqué.

Les deutzias qui n'aiment guère les fortes chaleurs ont bien fleuri, certes avec beaucoup d'avance. Leur floraison vaporeuse constituée d'une multitude de petites étoiles blanches ou roses très abondantes tient assez bien. Les fleurs sont visitées par un nombre impressionnant de bourdons. Il faudra les rabattre d'un tiers après la floraison au-dessus d'une jeune pousse qui donnera de nouveaux rameaux bien florifères. Ils s'étofferont également, je les trouve en effet un peu maigres.



La spirée 'Antony Waterer' fleurit plus tôt elle aussi, ses grosses inflorescences plates bordeaux, très mellifères, grouillent d'abeilles. En raison de la sécheresse, les jeunes pousses ont été atteintes par l'oïdium, du jamais vu depuis que je jardine.



Le chitalpa de Tashkent 'Summer Bells', amateur de soleil, porte déjà des boutons, normalement il ne fleurit que fin juin ou début juillet.



Les hémérocalles, que je ne réussis qu'à la mi-ombre, sont précoces cette année, elles commencent à fleurir mais leur feuillage est déjà roussi par les rayons trop ardents du soleil.



Mes lys trompette, et c'est une vraie satisfaction, sont prometteurs cette année. Les boutons sont bien formés et ils s'ouvriront avant le mois de juin. Pourvu que le criocère du lys soit absent au rendez-vous.



Le céanothe 'Marie Simon' qui végétait jusque là a bien poussé mais j'ai l'impression que ses fleurs délicates ne dureront pas longtemps.



Le rosier 'Line Renaud', récemment installé, fait preuve d'une vigueur exceptionnelle. Je l'avais pourtant taillé long. Ses roses très doubles et fortement parfumées sont belles, hélas, avec ce soleil de plomb, elles flétrissent très vite.



Parmi les rosiers, il n'y a pour ainsi dire que 'The Fairy' qui soit très l'aise par grande chaleur, sa floraison tardive est encore à venir.


Ce mois de mai a encore quelque petits trésors à offrir. Profitons-en, car je ne sais ce qui restera pour l'été si cette sécheresse extrême perdure.

© Ma Planète Jardin

mercredi 18 mai 2011

Salet et Cent-Feuilles, deux rosiers puissants très parfumés


Le temps désespérément sec et réellement très chaud pour une mi-mai qui s'est installé depuis très longtemps dans ma région fait souffrir la végétation, la pelouse est grillée comme en plein mois d'août, les vivaces sont assoiffées (au point que je songe à refondre mes massifs pour y accueillir uniquement des espèces de terrain sec si cette sécheresse revient tous les ans), le potager n'a rien de luxuriant et les premières récoltes (de fraises et de petits pois notamment) sont chiches. Heureusement, la saison des roses fut généreuse quoique très précoce. Elle se terminera sous peu.

Pourtant, deux rosiers, d'une robustesse hors pair et d'une incroyable munificence choisissent ce moment difficile pour offrir un feu d'artifices de couleurs et une explosion de parfum capiteux qui embaume l'air tout autour de la maison. Je me demande encore d'où ils peuvent tirer autant de force alors que la terre est pauvre et desséchée en profondeur. Une sorte de petit miracle dont la nature a le secret et que j'accepte sans chercher à le comprendre.

Ces deux rosiers sont très exubérants, à dire vrai un peu sauvages et difficiles à domestiquer. Le rosier Cent-Feuilles dont je ne connais pas la variété fait plus de deux mètres de haut et malgré tous mes efforts il pousse toujours de façon désordonnée. Planté un peu trop près, le rosier Graham Thomas pâtit un peu de la concurrence de ce géant. Il vaut mieux l'éviter si l'on aime les rosiers bien sages. Je n'hésite pas à le rabattre des deux tiers après la floraison (il n'est pas remontant) et j'arrive tant que bien que mal à lui donner une forme harmonieuse. Pour éviter qu'il ne pousse trop je ne le nourris jamais, je n'arrose pas non plus, sauf cette année car la sécheresse cuit les roses avant épanouissement. Il faudrait pourtant apporter un peu de potasse organique car il est atteint par la rouille en fin de floraison.


Rosa Centifolia, 05/2011

Ses roses chou très doubles aux pétales en quartiers très serrés exhalent un parfum très puissant, sans doute un des plus puissants avec ceux de la rose de mai (encore un Cent-Feuilles, cultivé à Grasse pour la parfumerie), des rosiers Alba et des roses de Damas cultivées en Bulgarie pour produire de l'essence de rose. Une coupelle remplie de pétales suffit à parfumer une pièce, c'est tout dire. Je rêverais de pouvoir créer une haie de Cent-Feuilles mais je dois y renoncer faute de place.




Le rosier mousseux Salet (ainsi nommé à cause de la mousse un peu collante à l'odeur de résine qui recouvre les boutons) est lui aussi en pleine floraison. Je l'avais planté en pensant (et je l'avais lu!) que c'était un arbuste ne dépassant pas 1,50 mètres de haut, il fait plus de deux mètres de haut sur autant de large en à peine quatre ans. J'aime beaucoup ses roses très doubles en coupes plates. Les pétales sont tellement serrés que les étamines disparaissent. Leur rebord est rose clair et le coeur d'un rose plus soutenu. Elle sont délicieusement parfumées. Et Salet refleurit plusieurs fois jusqu'à l'automne.


Rosier Salet, 05/2011

Son feuillage vert foncé est rêche et assez grossier. L'arbuste est très vigoureux mais garde une forme arbustive équilibrée, il lui faut juste beaucoup de place. J'apporte du compost en fin d'hiver, de l'engrais riche en potasse en mai puis en juin et je l'arrose régulièrement. Il reste toujours très sain. Lorsque je l'ai planté, je le le trouvais trop près de la spirée bumalda Anthony Waterer et je craignais qu'il ne fût étouffé, en fait la floraison simultanée ton sur ton des deux arbustes crée un bel ensemble.




Un autre rosier de mon jardin aura, je l'espère, bientôt des dimensions généreuses ( il peut atteindre 10mètres de haut). C'est le rosier liane Paul's Himalayan Musk Rambler planté depuis trois ans au pied d'un arbuste sauvage un peu triste qui sert de brise-vue. J'ai guidé au fur à mesure les branches du rosier dans la ramure de l'arbuste, à présent il s'accroche seul. Cette année, il a bien fleuri avec trois bonnes semaines d'avance. Maintenant qu'il est bien installé, je le laisse se débrouiller.

Rosier liane Paul's Himalayan Musk Rambler

Au cours de ce printemps si sec, les rosiers ont été les stars du jardin. Sans eux, mon jardin serait bien vide, les bisannuelles n'ont pas résisté, les vivaces et arbustes printaniers (sauf les deutzias) sont défleuris, les vivaces à floraison estivale peinent. Il faudra que j'ajoute quelque rosiers ici et là. Il y a bien des variétés que j'aimerais adopter: Blush Noisette, Aloha, Phyllis Bide, Sparriershoop, Narrow Water pour ne citer qu'eux. Le plus dur sera de faire un choix et surtout de trouver une place.


© Ma Planète Jardin