mercredi 12 décembre 2012

Protéger les agapanthes du gel


Depuis des années, je cultive en pleine terre des agapanthes dans mon jardin tempéré où l'hiver peut être exceptionnellement froid voire même glacial comme en février dernier. Il s'agit d'hybrides à feuillage caducs plus rustiques que les espèces persistantes si courantes dans le Midi de la France. En principe, les souches des cultivars à feuilles caduques supportent sans dommage des gelées de -10 à -12° sans protection particulière. Les belles feuilles rubanées cuisent dès 5° ou -6° mais un nouveau feuillage apparaît au printemps suivant. Cela ne compromet en rien la somptueuse floraison de cette liliacée.

Je prends malgré tout la précaution de la protéger dès les premiers jours de décembre avant que ne surviennent les grands froids. Je ne touche pas au feuillage qui est encore intact et très décoratif. Je paille leur pied d'une couche de feuilles d'érable de 20cm. Coriaces, elles ne se décomposeront pas, il n'y a donc aucun risque de pourriture. Je couvre l'ensemble de la plante et du paillis protecteur d'un voile d'hivernage en courbant un peu les feuilles si besoin.  Le voile est maintenu en place à l'aide de pierres.



La structure bombée de l'ensemble retient juste ce qu'il faut d'humidité, le reste est évacué, car si les agapanthes tolèrent le froid, elles n'aiment pas les excès d'eau. Début avril, la protection sera ôtée. Ainsi protégées, les agapanthes conservent une partie de leurs feuilles. C'est l'assurance d'une floraison plus généreuse. Cette vivace particulièrement robuste ne me demande aucun soin par ailleurs si ce n'est la suppression des fleurs fanées.

Malgré les -5° de ce matin, les agapanthes avaient toujours leur belle silhouette qu'on devine sous le voile d'hivernage.



Il faudra patienter de longs mois avant de profiter à nouveau de leurs magnifiques fleurs bleues en ombelles.



© Ma Planète Jardin, 12/2012

dimanche 9 décembre 2012

Bouquet de roses de l'Avent


A quinze jours de Noël, les préoccupations des jardiniers  tournent peut-être autour des rosiers car la saison des plantations ou transplantations bat son plein et il faut nettoyer les massifs avant l'hiver mais les roses (les vraies, pas la rose de Noël, précieuse elle aussi et pourtant si capricieuse dans mon jardin) sont devenues de jolis souvenirs immortalisés sur les photos du printemps qui fut décidément bien beau.

Pour l'heure, il faut raccourcir les rosiers buissons et les arbustes, la taille proprement dite, très simplifiée en ce qui me concerne, n'intervient qu'en fin d'hiver. Il faut aussi ramasser soigneusement les feuilles qui sont des refuges pour les maladies comme la rouille et le marsonia. Ce travail ingrat mais indispensable doit se faire en plusieurs fois puisque les feuilles ont la fâcheuse habitude de ne pas tomber toutes d'un coup.


Cette année cependant, j'ai le plaisir de pouvoir couper des roses qui certes restaient en boutons à cause du froid mais qui une une fois rentrées au chaud se sont bien épanouies. Je ne les avais pas remarquées, c'est leur parfum puissant et raffiné qui me les a fait découvrir. 'Line Renaud' se joue en effet de l'hiver. D'une vigueur et d'une santé sans égales (contrairement à 'Heritage' un rosier anglais que je viens de débarrasser de ses feuilles presque toutes malades), cette merveille de rosier porte encore toutes ses feuilles et ses roses doubles exhalent même en cette saison sombre et maussade un délicieux parfum aux notes épicées et citronnées. Elles composent l'essentiel d'un bouquet accompagnées de quelques fleurs des rosiers 'Salet', 'Old Blush', 'Ulrich Brunner' et 'Chaplin's Pink' mais comme on le voit ces dernières peinent à s'ouvrir. Le parfum de 'Salet' si fort pendant la belle saison s'est  presque évanoui.



Zéro défaut pour ce rosier qui trouve le moyen de fleurir le deuxième dimanche de l'Avent. Qui sait si ses derniers boutons ne me permettront pas de faire un petit bouquet pour Noël.

© Ma Planète Jardin, 12/2012

jeudi 6 décembre 2012

Une petite gelée pour un beau spectacle


Des gelées en décembre, quoi de plus ordinaire dans une région au climat semi-océanique comme la mienne. Les gelées y sont fréquentes dès la mi-octobre, c'est toujours un moment agréable, si l'on excepte le refroidissement qui accompagne ce phénomène, car le givre métamorphose les feuillages ou les fleurs. Le décor est délicat et toujours très éphémère, aux premiers rayons de soleil il disparaît comme par enchantement.


Ces belles gelées blanches s'étaient fait attendre jusqu'à présent, à peine y a-t-il eu quelques matinées bien fraîches en octobre qui fut humide mais pas très froid. Hier, une très forte averse s'est produite en fin d'après midi puis l'air s'est refroidi ce qui a donné lieu ce matin à ces très belles cristallisations. Cette première gelée blanche (-2° ce matin) contribue à créer une ambiance hivernale que je me surprend à aimer.

Le myosotis et les vivaces à feuillage persistant comme les hellébores, les bruyères et les stachys  n'ont pas leur pareil pour retenir le givre qui les recouvre d'un fin glaçage.


Les derniers boutons du rosier Boule de Neige sont devenus des bonbons roses et blancs, les feuilles du rosier Lavender Lassie  prennent aussi un air de confiserie.


Comme saupoudrés de sucre, les inflorescences sèches de l'hortensia paniculé et des sedums reprennent aussi un peu d'éclat


Après s'être fait remarquer une dernière fois, certaines plantes disparaîtront temporairement. C'est le cas des euphions, des rudbeckias, des alchémilles et des anémones du Japon qu'il faudra nettoyer ou des acanthes, leur feuillage mou ne résiste pas au gel mais elles reviennent toujours grâce à leurs racines traçantes qui sont presque indélogeables.


  La pelouse sera passée par diverses couleurs cette année, dont le blanc.


Les charmes de la mauvaise saison sont peu nombreux il est vrai mais c'est un plaisir de les admirer quand il se présentent à nous.

© Ma Planète Jardin, 12/2012

mardi 4 décembre 2012

Le jardin exotique prend un air hivernal


Ce week-end l'ambiance n'était pas des plus chaudes dans mon jardin exotique, j'avais même l'impression que l'hiver était là (et de fait, l'hiver météorologique débute le premier décembre). La douceur du climat maritime et la belle lumière avaient disparu. Il faisait gris et froid (pas plus de 2° samedi). Il était temps de préparer pour l'hiver ce jardin où des espèces exotiques poussent en pleine terre. Beaucoup le passent sans précaution particulière, d'autres un peu plus fragiles ont droit à une protection facile à installer lorque le temps est calme, ce fut le cas mais il m'est arrivé de devoir lutter contre un vent tempétueux et la tâche en devient délicate.

Un petit tour d'horizon des feuillages les plus sensibles au froid est toujours utile. De petites gelées ont cuit le feuillage du bananier et des hedychiums ou ratatiné les grandes feuilles palmées des ricins. Seuls les hedychiums me demandent un peu de travail pour l'hivernage.



Les palmiers, bien habitués à  l'hiver, ne souffrent ni du froid ni de l'humidité et leur présence est bien agréable en cette période un peu triste.



 La grande bordure de plantes méditerranéennes est certes défleurie mais certains feuillages restent attrayants. L'eucalyptus, sentinelle du jardin, est insolent de vigueur. Son feuillage bleuté  ressort moins quand le temps est maussade.



Je continue à protéger le dasylirion avec des feuilles mortes et un voile d'hivernage. Je crois n'avoir jamais autant dépensé pour une plante (les sujets de belle taille sont hors de prix), j'en prends donc le plus grand soin. Devant lui, l'agave doit compter sur ses propres forces pour résister au froid.


La cordyline ou plus exactement ce qu'il en reste, c'est-à-dire deux beaux rejets, a droit au même traitement de faveur. Le pied est paillé puis elle est emmaillotée de voile en polypropylène que j'ôterai fin mars.



Je vérifie que les fils métalliques qui maintiennent l'olivier sont bien tendus, l'an dernier il fut jeté à bas par une tempête. Pour le relever, il m'a fallu tailler toutes les branches. J'ai bien cru qu'il ne s'en remettrait pas. Les racines devaient être intactes, ce qui explique cette renaissance.



D'autres végétaux assurent le décor tout l'hiver, le grévilléa qui porte de nombreux boutons  le feijoa ou des végétaux au feuillage graphique: canne de Provence, yuccas et phormium.



Le jardin peut maintenant s'endormir, il me suffira de vérifier régulièrement la solidité des protections.

© Ma Planète Jardin, 12/2012

samedi 1 décembre 2012

Floraisons du début décembre


Décembre n'est pas le mois le plus gai au jardin, surtout lorsqu'il y a du brouillard et que le froid est vif comme aujourd'hui. Les feuillages caducs sont tombés après avoir offert assez tardivement de belles couleurs d'automne. Il faut tailler, nettoyer et encore ratisser. Le jardin est net et propre, cela suffit à me contenter mais il est un peu vide. Son opulence et son foisonnement qui me ravissent en juin quand la saison des roses commence, où en été quand les vivaces fleurissent ne sont plus qu'un très bon souvenir. Il faudra que je plante davantage de végétaux qui assurent le décor quand la plupart des plantes entrent en repos. Des fusains, un photinia, un chalef panaché, des conifères de rocaille, des cornouillers, des loniceras... Un projet à creuser.

On comprend tout l'intérêt des persistants en voyant la belle présence des stachys malgré le temps gris.



Ou en admirant le feuillage sombre et vernissé du laurier tin.


  
Heureusement, le jardin n'est pas totalement dépouillé, quelques plantes à floraison hivernale, tellement précieuses pendant la mauvaise saison, commencent à se faire remarquer mais de manière moins éclatante que les années passées où elles étaient franchement plus épanouies. Trop de douceur, trop de lumière (pourtant si agréables) les auraient-elles contrariées? Je ne saurais le dire, en tout cas leurs fleurs s'épanouissent lentement.

Les bruyères d'hiver, intéressantes en toutes saisons grâce à leur forme compacte et arrondie entretenue par une taille à la cisaille, donnent déjà quelques clochettes. Elles ne seront aux mieux que dans quelques semaines. Le skimmia, pour une fois sans trace de chlorose, fleurit convenablement et pour longtemps.



La viorne de Bodnant, défeuillée en trois jours, laisse entrevoir des boutons rose tendre, une délicatesse qui tranche avec la robustesse incroyable de ce viburnum.



Taillé assez sévèrement, la mahonia Charity commence à fleurir comme si de rien n'était, lui aussi est un arbuste tous terrains et  tous climats. C'est au moment de Noël que ses grappes de fleurs jaunes au parfum de muguet seront les plus belles. La taille de printemps a eu des effets très positifs, j'y reviendrai.


La présence de roses dans mon jardin à trois semaines de l'hiver a quelque chose d'incongru. Le plus fleuri de tous les rosiers est 'Old Blush'. J'avais lu sans le croire qu'il pouvait fleurir jusqu'à Noël en climat doux, cela pourrait bien être vrai.


'The Prince', 'Chaplin's Pink Climber (en principe non remontant), 'Line Renaud' et 'Bouquet d'Or' fleurissent encore, j'ai pourtant l'intention de les rabattre un peu avant l'hiver pour limiter la prise au vent et éviter qu'ils ne s'épuisent à former des roses qui restent au stade de boutons.


 Ce petit chrysanthème planté fin octobre m'offre deux fleurs, c'est modeste mais très touchant.



Ce mois décembre apporte son lot de surprises et de nouveautés, je crois que c'est ce qui me plaît le plus dans l'univers du jardin.

© Ma Planète Jardin, 12/2012