mardi 5 février 2013

Floraisons hivernales (5), les hellébores


Dans mon jardin, la grande période de floraison de ces belles vivaces que sont les hellébores d'Orient coïncide avec le début du pintemps même s'ils commencent à éclore dès le mois de janvier de façon éparse. Leurs  fleurs en coupe aux coloris délicats et souvent veinées ou mouchetées s'épanouissent alors généreusement pendant de longues semaines et accompagnent les tulipes et les buryères. Cette année cependant, les hellébores du jardin m'offrent une vraie floraison hivernale, sans doute en raison de la grande douceur que connaît ma région depuis le début de l'hiver.

C'est surtout vrai pour ce vieil hybride aux fleurs piquetées de vieux rose que j'ai planté il y a près de quinze ans. Je ne donnais pas cher de lui en septembre dernier en voyant son feuillage qui s'était desséché et avachi en raison d'une sécheresse extrême. Il est planté dans un sol très maigre où la roche calcaire n'est pas bien loin. J'ai cru le perdre. C'était sans compter sur l'extraordinaire robustesse de cette plante qui peut rester 50 ans en place mais  n'apprécie pas d'être déplacée quand elle est bien installée (elle met alors beaucoup de temps à refleurir).


Non seulement il a bien récupéré grâce aux pluies très abondantes de l'automne mais je crois ne l'avoir jamais vu autant fleuri, il porte des dizaines de fleurs qui sont stériles, ce qui évite d'être envahi par des semis spontanés. L'an dernier, la vague de froid avait anénanti sa floraison.



Cet autre aux grandes fleurs rose pâle discrètement mouchetées de carmin fleurissait normalement en mars mais cette année il a plusieurs semaines d'avance, heureusement il possède tout comme ses voisins une bonne réserve de boutons  pour le printemps. Je les aime autant que les fleurs elles-mêmes


Le moins vigoureux de tous a la couleur la plus sombre, ses fleurs sont d'un poupre très foncé qui donne l'illusion du noir.


Quelques semis spontanés arrivés là on ne sait comment et tolérés par le jardinier se mettent à fleurir eux aussi.

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Et puis il y a aussi la charmante mais capricieuse rose de Noël (helleborus niger). Elle refuse de s'épanouir en décembre ou janvier, ses fleurs apparaissent de plus en plus tard. Qui saura me dire pourquoi un seul des trois pieds tous plantés dans le même sol et à même exposition est florifère alors que les deux autres sont insignifiants ?


Ces fleurs de porcelaine si précieuses sont décidément pleines de surprises.

© Ma Planète Jardin, 02/2013

vendredi 1 février 2013

Floraisons hivernales (4), la viorne de Bodnant


La floraison rose tendre au doux parfum de vanille de ma viorne de Bodnant (Viburnum bodnantense) est particulièrement généreuse cette année, dès le début décembre ses branches se sont couvertes de grappes de fleurs tubulaires qui ont continué à s'apanouir en grand nombre jusqu'aux derniers jours de janvier. Il faut dire qu'elle a été favorisée par le temps doux qui règne dans ma région depuis le début de l'hiver. En général, la floraison est claisemée de novembre à fin janvier puis elle atteint son apogée en février, sauf l'an dernier où le froid intense et la neige abondante ont brûlé les fleurs. Après avoir offert un bien beau spectacle pendant deux mois, sa floraison si précieuse pour oublier la grisaille de l'hiver commence à passer. Heureusement, tout près du viburnum le chèvrefeuille d'hiver prend déjà le relais, ses fleurs éclosent en masse depuis quelques jours.



 Cette viorne  de croissance assez lente  qui pousse plus en hauteur qu'en largeur n'est pas aussi encombrante que d'autres représentants de ce genre, comme par exemple le laurier tin qui est superbe mais que je dois contenir et elle est moins délicate que les viornes de Chine qui souffrent de la chaleur dans mon jardin. On peut lui reprocher son port un peu raide qui se remarque surtout quand elle a perdu son feuillage. Autre grand atout de cet arbuste, il reste impeccable même par grande sécheresse et prend une belle teinte pourpre en automne.



Le sujet planté dans mon jardin qui est âgé de 12 ans aurait besoin d'une taille de rajeunissement. Le centre de l'arbuste où s'enchevêtrent de grosses branches âgées qui fleurissent peu a besoin d'être aéré. En mars, je supprimerai à la base celles qui se croisent, quant aux autres, elles seront rabattues à 50 cm de hauteur au-dessus de bourgeons qui donneront des ramifications florifères. Les rameaux secondaires qui ont porté des fleurs seront taillés des deux tiers.



Ce viburnum à la la floraison si élégante et très facile à vivre  est vraiment une valeur sûre pour tous les jardins.

© Ma Planète Jardin, 02/2013 

dimanche 20 janvier 2013

Jolie neige de janvier


Ce matin une belle couche de 5 centimètres de neige recouvre tout le jardin et le métamorphose. Ces chutes de neige étaient annoncées mais il était difficile d'y croire hier où il a plu toute la journée sans discontinuer. Dans ma région au climat semi-océanique, la neige est assez rare et son arrivée est toujours un évènement plus ou moins heureux selon qu'on prenne la route ou reste confortablement chez soi à admirer le paysage.

Partout il y a  ce blanc éclatant  qui capte et réfléchit  la lumière du jour même si le temps est gris, qui estompe les contours, embellit ce qui est laid, nettoie ce qui est sale et habille de ses moutonnements ce qui est nu. Difficile de ne pas succomber à cette atmosphère ouatée et à ce paysage tout à fait changé et de ne pas s'émerveiller comme un enfant. 


  
Les persistants retiennent de gros paquets de neige mais ne ploient ni ne croulent sous ce fardeau, seul le nandina souffre un peu mais ses couleurs ressortent bien sur la neige.


  
Les fleurs d'hiver décorées de neige ne manquent pas de charme, je crois que celles du jasmin d'hiver, un peu confites, ne s'en remettront pas.


Le rosier Salet, dont les branches sont délicatement soulignées de neige, est méconnaissable.


La silhouette graphique du viburnum mariesii est mise en valeur, tout comme celle si grâcieuse de l'exochorda.

  
Il faut profiter de ce spectacle, le redoux prévu pour demain devrait bien vite effacer ce joli tableau.

© Ma Planète Jardin, 01/2013

jeudi 17 janvier 2013

Cinq ou six fleurs blanches de printemps


En attendant  le blanc manteau de la neige qui fera certainement son apparition demain et ce week-end dans ma région et transfigurera le jardin, je suis l'initiative de Marie-Claude dont je viens de découvrir le symapthique blog. C'est une bonne idée de mettre à l'honneur des fleurs blanches de printemps car il en est de bien belles qui éclosent dans le courant du mois d'avril. Je fais donc un peu exception à mon habitude qui consiste à tenir la chronique de la vie du jardin au fil des saisons.

La couleur blanche est dominante dans mon jardin à cette époque, non que j'aie voulu créer un jardin blanc, j'avais choisi ces arbustes et vivaces faciles à vivre pour leur floraison généreuse et élégante. Ils permettent d'obtenir des massifs très fleuris mais sans aucune aggressivité. Le blanc apporte beaucoup de douceur et de sérénité. Le choix est difficile, impossible de s'en tenir à cinq !

Une des vedettes est sans conteste l'exochorda macrantha' The Bride', il offre des cascades de fleurs qui font grand effet pendant trois bonnes semaines. Sa beauté justifie  vraiment son nom courant de voile de mariée.


Cet hellébore blanc piqueté de rose est toujours très beau, je ne résiste pas à son charme rétro.


Je suis un inconditionnel des spirées de printemps, la spirée de Thunberg fleurit la première puis c'est le tour de la sprirée arguta, elle est la grâce faite arbuste si je puis dire.


 Les fleurs de l'amélanchier sont fines et légères mais juste un peu trop éphémères.


Les inflorescences rondes de la boule de neige sont belles mais elles sont superbes aussi quand elles sont encore vert chartreux, une teinte unique.




Le printemps est et restera définitivement ma saison préférée.

© Ma Planète Jardin, 01/2013

lundi 14 janvier 2013

Floraisons hivernales (3), le jasmin d'hiver


L'an dernier, le jasmin d'hiver planté dans mon jardin depuis une dizaine d'années m'a déçu et ce n'est pas la vague de froid intense qui en est la cause, ma négligence et mon incurie en sont responsables. Longtemps, il m'a offert, parfois dès le mois de décembre, puis pendant un bonne partie de l'hiver sa magnifique floraison jaune d'or, ses rameaux étaient littéralement constellés de petites fleurs étoilées de très longue tenue. Le port souple de cet arbuste sarmenteux donnait vraiment l'impression d'une cascade de fleurs. Je me contentais d'ôter les brindilles sèches au début du printemps. Las ! Si on n'intervient pas sérieusement au bout de 7 ou 8 ans, la floraison diminue jusqu'à devenir insignifiante, ce qui fut le cas l'an dernier où je n'ai pour ainsi dire pas eu de fleurs.

Ce jasmin devient très touffu avec le temps, les rameaux très nombreux se touchent, s'entrecroisent, le coeur de l'arbuste manque d'air et de lumière et finit par étouffer. Il faut donc aérer son centre et éclaircir sa ramure. Je m'y suis attelé en mars dernier et en voyant la masse de fleurs que porte mon jasmin depuis quelques semaines, je ne regrette pas le temps passé. Il fleurit autant que dans ses jeunes années et si les gelées annoncées pour le milieu de la semaine ne sont pas trop sévères, il fleurira encore de longues semaines. Il illumine le grand massif qui marque la limite sud du jardin où la plupart des autres plantes, des rosiers surtout, ne sont plus que des squelettes.


Cette taille d'éclaircissage ne demande pas d'effort physique mais elle requiert de la patience, beaucoup de patience. Qu'il est fastidieux de démêler l'écheveau de ses branches sarmenteuses, de supprimer celles qui sont en surnombre et de repérer les plus vieilles, celles dont l'écorce est lignifiée, tout en conservant son port retombant. Heureusement, deux petites heures de travail sont peu de chose pour le jardinier en  fin d'hiver, les travaux sont alors plutôt réduits. J'ai quand même eu quelques doutes après avoir achevé cette besogne. 


Le jasmin me semblait trop aéré, trop dégarni, y aurait-il malgré tout des fleurs ? C'était sans compter sur les ressources extraordinaires de cet arbuste vigoureux et peu exigeant. Il recommence d'ailleurs à empiéter sur l'espace vital du rosier 'Pink Cloud' situé à côté et j'ai dû jouer du sécateur pour limiter l'envahissement. Les photos prises il y a deux jours montrent à l'envi qu'on ne taille jamais trop. Je suis tellement séduit par la beauté de ce jasmin que je viens d'en installer un autre au pied de l'abri de jardin, j'espère le voir s'y étaler très vite.


© Ma Planète Jardin, 01/2013

samedi 12 janvier 2013

Floraisons hivernales (2), le mahonia 'Charity'


Depuis le début du mois de décembre et jusqu'à ces derniers jours où elle a commencé à décliner, la floraison lumineuse du mahonia 'Charity' a égayé la partie avant du jardin, ses grappes de fleurs jaune acidulé que je trouve pour ma part peu parfumées ont apporté de la couleur pendant près de sept semaines, c'est bien appréciable en hiver où le gris domine. C'est surtout derrière les fenêtres que j'ai profité du spectacle car le temps maussade qui règne depuis le début de l'année n'incite guère à aller se balader au jardin.


A la vérité, je ne m'attendais pas à une floraison aussi généreuse après la taille assez sévère que j'avais appliquée à mon mahonia. Il a été rabattu au niveau des branches charpentières, soit d'une bonne moitié. Il a reconstitué sa ramure et n'a pas souffert du tout de l'éprouvante sécheresse que le jardin a connue entre juillet et fin septembre. Les rameaux apparus au niveau des coupes masquent une bonne partie de la base autrefois si dégarnie. J'aurais sans doute pu tailler encore plus bas, j'y penserai quand il faudra à nouveau opérer une taille de reformation dans quelques années.


Les inflorescences, bien réparties sur toutes les branches, sont aussi nombreuses que l'an dernier, peut-être juste un peu plus courtes. Certes, sa silhouette est plus harmonieuse mais cette taille de rajeunissement présente un autre avantage, il n'y a plus de feuilles mortes à ramasser au pied de l'arbuste. Ses feuilles persistantes sont jeunes, elles mettront du temps à se renouveler et elles ne tomberont pas avant longtemps. C'est tant mieux car elles sont particulièrement piquantes ert acérées. Je préfère de loin voir le sol recouvert d'une pluie de petits pétales jaune d'or, une scène que je trouve très poétique.

  
Très bientôt, le mahonia entrera dans l'ombre et laissera la vedette au jasmin d'hiver auquel la taille de printemps a beaucoup réussi, ainsi qu'à la viorne de Bodnant qui a le don d'être toujours superbe sans qu'on s'occupe d'elle.

L'hiver n'est décidément pas aussi triste qu'il pourrait sembler.

© Ma Planète Jardin, 01/2013