samedi 20 août 2011

Refloraisons estivales


Grâce aux pluies importantes de cet été plusieurs végétaux du jardin refleurissent actuellement, pour certains c'est tout à fait normal, ils sont même continuellement fleuris de juin aux gelées. Pour d'autres, c'est plus rare, voire inédit car avec les fortes chaleurs et le manque d'eau, habituels dans ma région, ils marquent souvent une pause pendant l'été. Parfois, une petite remontée se produit, le plus souvent en fin d'été ou en début d'automne.

Toutes ces floraisons, qu'elles soient continuelles et habituelles ou exceptionnellement remontantes apportent beaucoup de couleurs et de gaité dans le jardin et si le ciel n'a guère été lumineux par manque de soleil, les massifs, eux, s'illuminent vraiment.

Cet été, le rosier Ghislaine de Féligonde qui souffre d'ordinaire beaucoup de la chaleur et de la sécheresse au point d'en perdre ses feuilles certaines années offre une petite remontée bien agréable à l'oeil mais en rien comparable aux innombrables bouquets de petites roses abricot qui le recouvraient en juin. Il me surprend de manière positive.



Tout comme Roseraie de l'Haÿ qui bien que remontant refleurit peu en été.



Les deux rosier stars du jardin, The Fairy et Line Renaud, n'ont jamais été sans fleurs et la vague de roses du moment est une des plus belles depuis le printemps. Je ne me lasse pas du parfum de ce dernier, vraiment exceptionnel, à condition qu'il fasse assez doux mais quelle vigueur!



Taillé à la base après sa première floraison, le pois vivace, hélas sans parfum, refleurit de plus belle. Il est indélogeable et j'ai fini par accepter sa présence dans mes massifs.



Le jasmin officinal prépare lui aussi une deuxième floraison qui durera, je l'espère, de longues semaines.



Le chèvrefeuille a certes manqué de soleil mais la fraîcheur constante de la terre le fait refleurir abondamment, en fait autant qu'en mai-juin. Il garde malgré tout des dimensions plus que raisonnables grâce à une taille sévère. Son parfum est tout bonnement divin.



Côté arbustes, les floraisons sont rares, heureusement, le ceanothe Gloire de Versailles est là et assure le décor avec ses belles panicules bleues. Là encore, la deuxième floraison promet d'être belle et généreuse, c'est assez rare. Comme on le devine en arrière-plan, le marronnier est très atteint par la mineuse cette année, les feuilles commencent à tomber. Un bien triste spectacle que celui-ci.



Je me souviens avoir demandé ce qui resterait pour l'été au moment où toutes les floraisons étaient en avance au printemps, eh bien de bonne surprises qui prouvent que les plantes sont pleines de ressources et savent donner encore et encore. Une belle leçon d'humilité pour le jardinier qui doit remettre en cause ses certitudes


© Ma Planète Jardin, 08/2011


mercredi 17 août 2011

Un peu des tropiques sous le ciel de France


Il faut bien le reconnaître, cet été est plutôt médiocre un peu partout en France, exception faite du Midi. L'ensoleillement est en berne depuis un certain temps, les températures sont douces mais pas vraiment estivales, sauf depuis quelques jours où il fait chaud dans les deux régions où sont situés mes jardins. Malgré tout, la végétation est belle, les massifs très fleuris, la pelouse bien verte, ce qui n'était pas le cas au printemps et le potager est enfin productif et opulent. Tout cela est dû bien sûr à la pluviométrie abondante depuis trois mois.

Mon jardin exotique après deux saisons estivales assez difficiles en raison de la sécheresse est particulièrement luxuriant. La plupart des plantes exotiques originaires des zones tropicales ou subtropicales qui y prospèrent apprécient l'humidité atmosphérique importante. D'ailleurs en les photographiant ce matin, j'avais l'impression étrange d'être sous les tropiques (toutes proportions gardées bien sûr) tant il faisait moite.

La cordyline mesure à présent plus de trois mètres cinquante, le nettoyage en devient périlleux mais il est indispensable de retirer toutes les feuilles sèches, cela nuit à sa beauté. D'année en année, il faut en retirer davantage, soit une brouette bien pleine. Je me demande ce que fera le toupet de feuilles apparu à la base il y a trois ans, peut-être un nouveau tronc, ce serait formidable.



Le coin le plus exotique du jardin et celui que je préfère est celui du bananier du Japon (Musa basjoo), des hédychiums et du palmier de Chine (trachycarpus fortunei), le but premier était de créer une petite jungle.


Sur les trois variétés d'édychiums que je possède, seul Hedychium coccineum Tara refleurit fidèlement tous les ans, ses épis de fleurs oranges très graphiques sont superbes. Il faudra que j'adopte Hedychium Gardnerianum qui doit être assez facile à cultiver. Seul l'hivernage de cette belle plante tropicale me demande quelques soins, j'y reviendrai à l'automne.
 

Les cannas fleurissent sans discontinuer depuis juin. Je les arrose beaucoup dès le printemps pour assurer un bon démarrage de ces bulbeuses qui aiment le sols humides.


Comme à leur habitude, les ricins se sont ressemés à foison et ils sont très vigoureux. Le gynerium planté devant les cache un peu trop, il faudrait que je taille quelque feuilles.


Cet hibiscus moscheutos, seul rescapé des trois que je possédais, est vraiment très florifère cette année, les fleurs écarlates mesurent plus de 15 cm de diamètre et se renouvellent sans cesse depuis longtemps.


Les euryops commencent à fleurir mais c'est en automne que la floraison sera la plus massive.


Pour finir, quelques autres végétaux exotiques peuplant le jardin.

Le phormium qui n'a fleuri qu'une fois en sept ans.


Une agave en compagnie d'un pittosporum, d'un dasylirion qui a perdu quelque feuilles cet hiver et du feijoa.


Le chamaerops excelsa avec un stipe (terme désignant le tronc) en moins qui a sans doute gelé. Par chance, il en a plusieurs, c'est typique de cette espèce de palmier.


Toutes ces satisfactions rachètent quelques petites déceptions, comme l'absence de floraison de mes lagoestremias ou la mauvaise santé actuelle du fremontia pourtant si beau au printemps.

© Ma Planète Jardin, 08/2011

samedi 13 août 2011

Feuillages et fructifications colorées


L'été c'est essentiellement la période des fleurs, vivaces ou annuelles, elles apportent beaucoup de couleurs dans les massifs. On en oublie les feuillages, caducs ou persistants, pourtant bien précieux car décoratifs pendant longtemps sans demander de soins particuliers. Cette année, ils ressortent particulièrement bien, les végétaux ont été copieusement abreuvés et leur feuillage qui souffre parfois sérieusement lors des étés chauds et secs que connaît ma région, reste pimpant.

Plusieurs arbustes donnent en plus, certains pour la première fois depuis leur installation au jardin, une fructification colorée qui tient puisque les oiseaux la dédaignent. Il faut dire qu'ils trouvent une nourriture abondante dans la campagne environnante où les arbustes sauvages chargés de fruits sont nombreux.


Le pommier à fleurs est triplement décoratif, après avoir offert une belle floraison écarlate au printemps, il reste intéressant grâce à son feuillage rouge foncé et à ses petits fruits.



Le noisetier affiche lui aussi une belle couleur pourpre, pour une fois le soleil n'a pas décoloré son feuillage. Depuis deux ans, il donne quelques noisettes, comestibles mais pas vraiment bonnes.



L'oranger du Mexique, jadis si beau, a failli succomber lors des hivers 2009 et 2010. Il recommence à pousser et possède le feuillage vert tendre des jeunes sujets.



Heureusement, des amarantes paniculées ont eu l'heureuse idée de se ressemer devant lui, cachant ainsi un peu le vide qui règne à l'avant du massif.



Le cornouiller mâle fructifie pour la première fois. Les cornouilles sont certes petites mais leur couleur grenat les rend attrayantes.



La viorne obier a bien fructifié cette année, les petites baies rouges et translucides sont assez nombreuses.



Le millepertuis est couvert lui aussi de fruits. D'abord rouges, ils deviennent noirs à maturité et restent jusqu'à l'hiver.



J'aime beaucoup les jeunes feuilles vert franc des agrumes. L'oranger porte encore des fleurs qui sentent très bon et le citronnier est bien pourvu en fruits.



Le viburnum mariesii a conservé son beau feuillage, ce n'est pas le cas pour deux autres viornes de Chine, curieusement il commence à prendre une teinte rouge, comme il le fait d'habitude en automne. C'est le même phénomène pour le liquidambar. La fin de cet été décidément en demi-teintes serait-elle pour bientôt?



A quelque chose malheur est bon, la grande fraîcheur du mois de juillet, si elle a retardé certaines floraisons, a profité aux feuillages et aux fructifications, généreux comme jamais.

© Ma Planète Jardin, 08/2011

mercredi 10 août 2011

Mariages de fleurs


Dans la nature, les différentes espèces poussent ensemble et l'on en trouve souvent un grand nombre sur un espace restreint que ce soit dans nos forêts, en montagne ou dans les zones de prairies située en plaine. Cette diversité est un trésor végétal nécessaire à la vie animale et humaine, pour ma part j'éprouve toujours un sentiment de bien-être à contempler ces richesses et je n'aime rien tant que retrouver cette variété et un peu du foisonnement de la nature dans mon jardin -toutes proportions gardées évidemment.

Chaque jardinier a bien sûr ses associations végétales favorites. Un des principaux massifs du jardin est un peu un massif des quatre saisons. Toute l'année, vivaces, annuelles, bisannuelles, bulbeuses et rosiers s'y côtoient ou s'y succèdent. Au coeur de l'été, les hellébores et les bruyères sont noyées dans la masse des fleurs mais leur feuillage bien vert et déjà porteur de boutons pour les bruyères reste décoratif.

J'apprécie beaucoup les gauras pour leur légèreté, ils se marient très bien aux rosiers (notamment The Fairy, Pink Propserity et Boule de Neige) et aux verveines de Buenos-Aires. Ils accompagnent aussi les arbustes comme la spirée et l'hydrangea paniculata et les bulbeuses estivales comme la commeline. Je pourrai y ajouter des galtonias, des nérines et un autre lys des mer.



L'association du rudbeckia fulgida, d'un helenium de petite taille et du géranium Rozanne est certes le fruit du hasard mais elle est intéressante.




Aneth, zinnias nains et cosmos sulphureus habillent la base un peu dégarnie du rosier Diamond Jubilee qui passe son dernier été dans ce massif. A l'automne, il sera transféré au potager qui manque de roses. Ces annuelles toutes simples s'allient aussi très bien au rosier The Fairy qui n'a rien de sophistiqué mais qui est tout de même précieux. Le nepeta et le delphinium (qui refusait de fleurir jusque là dans ma terre pauvre et sèche) sont de bon compagnons pour les rosiers anglais.



L'ensemble du massif est bordé d'alchémille qui reste belle jusqu'en novembre. Son beau feuillage velouté empêche les mauvaises herbes de pousser.




Quelques belles de nuit, extrêmement résistantes et parfumées, ainsi que le lantana sont appréciables pour leur floraison massive et durable.



J'ai un faible pour l'association des sedums et des asters, surtout quand ils sont encore verts (ou presque!).



Ou celle du rudbeckia et du solidage que je trouve vraiment naturelle. Les véroniques en épis, comme on le voit, sont fanées. Quelques asters frikartii ou des kalimeris apporteraient du contraste dans cet autre massif qui sera remanié à l'automne.


Le mois d'août est une période bénie pour le jardinier, les taches sont réduites au minium, les floraisons sont à leur apogée et il a tout loisir d'élaborer de nouveaux projets et se lancer de nouveaux défis.

© Ma Planète Jardin, 08/2011