samedi 22 septembre 2018

'Violetta', un aster robuste au coloris profond


La sécheresse, durable, intense et pour tout dire infernale, fait souffrir le jardin. Par bonheur, les asters qui commencent leur floraison de façon normale sont abrités des rayons ardents du soleil et les variétés les plus précoces, ceux de la Nouvelle-Angleterre, que j'affectionne particulièrement, apportent de la couleur dans les massifs qui trouvent un nouveau souffle malgré le climat difficile.


Arrivé à la suite d'une erreur de nomenclature, l'aster de la Nouvelle-Angleterre 'Violetta' s'est tout de suite plu dans un des endroits les plus ingrats du jardins, le bord d'une grande plate-bande où plongent les grosses racines de l'érable pourpre. Aucune vivace n'avait jamais pu s'y  implanter durablement. Dès le premier automne, il avait bien fleuri et au bout de la troisième saison, il offre une floraison généreuse. Il forme à présent un beau buisson de 1,20m haut et de 50cm de large, des dimensions données parfois pour celles qu'il atteint à l'âge adulte




Contrairement à d'autres asters de cette belle et grande famille, ses tiges très rigides restent bien droites et ne s'écroulent pas, les feuilles de la base ne grillent pas comme on le voit. Le paillage disposé à son pied pour limiter le dessèchement y est peut-être pour quelque chose.Si je l'ai tuteuré, c'est que ses tiges, quoique raides, divergent quelque peu de la souche et gênent les chrysanthèmes installés à côté de lui.


Il est un des asters les plus hâtifs avec Herbstschnee qui fleurit à peu près en même temps.Assez grandes, elles arborent une teinte d'un violet assez foncé mais bien moins intense que celle de Marina Wolkonsky que je n'ai pas.



La teinte  foncée de Violetta, assez rare parmi les asters, qui offrent tout une palette de bleus et de de mauves pastels, est encore rehaussée par la beauté du coeur des fleurs. Un peu proéminent, il fait ressortir le teinte des pétales de ses nuances dorées et mordorées. Comme tous les grands asters de ce groupe, il est parfait pour structurer les massifs qu'il n'envahit pas car sa souche est non traçante. Il ne craint pas l'oïdium et résiste bien à la sécheresse.




Je l'ai associé  à des asters aux teintes plus douces  comme l'aster na Barr's Blue et l'aster  éricoïde Pink Star mais ils sont plus tardifs et le contraste de couleurs n'aura sans doute pas lieu. Je songe à lui associer le soldiage rugueux Fireworks actuellement en fleurs. Il ferait un merveilleux compagnon,  il le rejoindra dans le courant de l'automne.



Un  magnifique aster  qui assure très bien la transition entre l'été et l'automne.

Aster na Herbstschnee dans le même massif


Ma Planète Jardin, 09/2018

mardi 11 septembre 2018

Mönch, un aster de Frikart florifère et très résistant à la sécheresse


Malgré la très grande et interminable sécheresse qui frappe le jardin, les asters à floraison automnale se portent assez bien. Leurs fleurs commencent éclore et le pied des asters de la Nouvelle-Angleterre a même tendance à moins sécher que les années passées.. En attendant que les variétés d'automne offrent un spectacle coloré c'est un autre aster installé depuis trois ans qui se fait remarquer par sa jolie floraison que les conditions climatiques exécrables du moment ne semblent en rien altérer.


L'aster frikarti Mönch  (ainsi nommé d'après un sommet des Alpes suisses) est une variété hybride obtenue en 1918 par le botaniste suisse Carl Ludwig Frikart à partir d'un croisement entre l'aster amellus, le véritable aster d'été, et l'aster thomsonii. Vigoureux, il forme une touffe compacte et très ramifiée qui chez moi est presque plus large que haute puisqu'il s'étale sur 70cm et ne dépasse pas 50cm de haut. Selon les conditions de culture et la nature du sol, cet aster peut se hausser jusqu'à 90cm voire 1m.



Dans mon jardin, c'est à partir de la mi-août que les premières fleurs bleu lavande commencent à s'épanouir et la floraison atteint son  apogée vers la mi-septembre. La teinte très lumineuse des pétales qui sont longs, fins et très nombreux est particulièrement mise en valeur par le coeur jaune doré des fleurs. L'an dernier, Mönch portait encore quelques fleurs fin octobre mais il ne s'était pas montré aussi généreux durant l'été, il a sans doute besoin de deux deux saisons au moins pour donner tout sa mesure.


Frugal, il pousse bien dans une terre ordinaire même un peu calcaire ou argileuse il faut juste lui éviter les terres trop compactes et humides ou exagérément sèches ainsi que les expositions  brûlantes. J'avais commis l'erreur de le planter dans un massif exposé au soleil de l'après-midi qui est redoutable chez moi et j'ai failli le perdre. La mi-ombre bien qu'elle ait quelques inconvénients lui convient davantage. Il semble s'accommoder sans peine de la terre maigre et filtrante du jardin. Il reçoit en tout et pour tout quelques arrosages par grande sécheresse.



Dans la masse des fleurs à la beauté impeccable, on ne voit guère ses petits défauts. Les tiges, qui manquent à mon goût un peu de rigidité, s 'allongent et se couchent  de manière un peu désordonnée. Certaines s'insinuent dans le pied du rosier Salet planté tout à coté. Ses feuilles oblongues ont certes une belle couleur mais elles sont trop éparses pour bien habiller la plante. Peut-être est ce dû à la terre trop pauvre du jardin ou au manque de lumière




Qu'importe, la couleur des fleurs à elle seule est admirable tout comme la très grande solidité de cet aster. Je l'avais planté en même temps que des asters amellus censés être résistants à la chaleur et à la sécheresse  mais qui ont disparu et de l'aster frikartii  Jungfrau qui a survécu mais peine à s'étoffer. Quand sa floraison s'essoufflera, celle de l'aster ericoide Blue Star, qui lui est associé, prendra le relais.


Asters Blue Star et Mônch

Un vrai champion de la floraison en climat et en terrain difficiles qui ne demande pas d'entretien si n'est la suppression des tiges défleuries et permet de faire le la transition avec les grands asters d'automne.

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© Ma Planète Jardin, 09/2018

lundi 3 septembre 2018

De généreuses récoltes de feuilles de consoude même en sol pauvre et sec


J'ai entendu parler voilà déjà un certain temps des vertus fertilisantes de la consoude , une plante vivace herbacée dont l'abondant feuillage est très riche en minéraux, particulièrement en potasse indispensable à la formation de fleurs et de fruits. J'ai donc acquis quelques plants en 2015 que j'ai installés dans les endroits les plus frais et les plus riches du jardin. Après des débuts encourageants, la croissance des plants s'est ralentie et ils ont ensuite beaucoup  souffert dans le sol pauvre et superficiel de mon j Connexion ardin. Il ne me fut pas possible de faire de belles cueillettes de feuilles. En dépit d'un arrosage régulier et d'un maigre paillage, mes consoudes (un hybride stérile de consoude de Russie nommé Bocking 14 et quelques consoude officinales) végétaient.


La consoude de Russie tout comme la consoude officinale (qui pousse souvent sur les berges des rivières) affectionne l'humidité et les sols riches ou ses racines s'enfoncent profondément pour puiser les éléments nutritifs. J'ai donc tenté de créer ces conditions sur une longue bordure aride du potager où plus rien ne poussait. A la fin de l'hiver 2017, j'ai entassé quatre couches  de végétaux en alternant les déchets bruns (déchets de taille secs coupés en morceaux grossiers) et déchets verts (surtout des mauvaises herbes et des tontes). J'ai terminé par une couche de compost  et  planté quelques pommes de terre  sur cette manière de lasagne pour occuper la place.




En septembre de l'année dernière, j 'y ai transplanté toutes les consoudes. Elles ont semblé s'adapter sans problème. En avril dernier, voyant qu'elles démarraient avec vigueur, je leur ai apporté de la matière organique pour stimuler la production de feuilles. A cette période, les matériaux ne manquent pas au jardin: tontes de gazon (riches en azote dont la consoude est gourmande, mauvaises herbes, déchets verts de taille d'arbres et d'arbustes) .Il n'en fallait pas plus pour obtenir un excellent résultat.




Dès juin, je récoltais tous les quinze jours plusieurs seaux de grandes et belles feuilles. La cueillette est agréable, les feuilles non piquantes et non urticantes ont peu d'odeur et se détachent facilement à la main..Beaucoup sont de belle taille comme on le voit.. Durant cet été si chaud et si sec, les déchets verts furent trop rares, je n'ai donc pas pu compléter le paillis à leur pied. A défaut, j'ai arrosé les consoudes tous les quinze jours au purin d'ortie dilué à 10%, Effet garanti. La repousse est importante. Elles ont bien sûr été aussi arrosées en même temps que le reste du potager.




En ce début septembre, la récolte est toujours généreuse, elle a été utilisée pour pailler les choux-fleurs. Je fabrique aussi du jus de consoude qui me sert d'engrais liquide, notamment pour les tomates. Pour ne pas épuiser la plante je ne prélève que les feuilles les plus belles, épargnant celles du coeur, ainsi la repousse est rapide.




Une plante utile (et jolie quand elle offre ses fleurs violettes) qui me permettra je l'espère de remplacer un jour les engrais organiques que j'ai l'habitude d'utiliser


Après la récolte d'hier
Restes d'ortie utilisés comme paillage


© Ma Planète Jardin, 09/2018

lundi 27 août 2018

Deux recettes simples et savoureuses de conserves de mirabelles sans sucre ajouté


La splendide et très généreuse floraison du mirabellier au printemps dernier (clic ici) laissait augurer une belle récolte à condition que des gelées tardives (comme en 2017) ne viennent pas d'un coup ruiner toute cette belle promesse de fruits dorés et parfumés. Par bonheur, il  n'en fut rien. Les bonnes pluies et la douceur des mois de mai et juin ont permis au mirabelles de se former en nombre et de grossir. Ensuite, l'ensoleillement généreux de l'été leur a permis de se gorger de sucre et de prendre cette belle teinte jaune d'or typique de la mirabelle de Nancy.

Une partie de la récolte 2018



La récolte (un moment de plaisir) a commencé autour du 10 août et fut effectuée en trois fois tant les quantités étaient importantes. Le mûrissement étant progressif, j'ai pu étaler la cueillette. Il a bien évidemment fallu trouver un moyen de conserver cette très belle moisson de plusieurs dizaine de kilos. J'aime beaucoup les mirabelles fraîches, je les apprécie aussi énormément en compote non sucrée et en clafoutis (dont je possède une délicieuse recette) mais cela était bien loin de suffire.J'ai donc réalisé à plus grande échelle deux recette de conserves que j'avais eu l'occasion de tester il y a deux ans. Elles sont faciles à réaliser et le résultat est excellent.
 
J'ai pour commencer remis au goût du jour une vieille recette un peu tombée en désuétude, les conserves de fruits au naturel sans sucre ni eau ajoutés. Il suffit de laver, d'équeuter les mirabelles et de remplir des bocaux soigneusement lavés (avec rondelles de caoutchouc pour ma part) en les tassant. J'ai ainsi obtenu 16 bocaux d'un litre et 7 de 750ml de mirabelles au naturel. Les fruits non dénoyautés se tiennent bien, ils rendent un jus délicieux, ils se prêtent parfaitement à la confection de tartes, de clafoutis et peuvent également agrémenter des salades de fruits. Les grands bocaux ont été stérilisés 50 minutes, les petits 40 minutes. Je les ai tous réussis.


J'ai également stérilisé de la compote de mirabelles. Il suffit de dénoyauter les fruits, de les cuire dans un peu d'eau jusqu'à obtention d'une compote. Je ne mixe pas car j'aime qu'il reste des morceaux de fruit. J'en ai stérilisé 13 bocaux de différentes tailles, là encore la réussite est au rendez vous.. C'est au coeur de l'hiver qu'il sera le plus agréable de la déguster



Quelques kilos de ce merveilleux fruit emblématique de la belle et douce Lorraine (mais qui se montre aussi sous son meilleur jour dans les régions plus océaniques comme la mienne) ont été conservés au frais pour offrir encore quelques plaisirs gourmands. Pour terminer la saison, j'ai opéré une très légère taille de ce fruitier si prodigue. J'ai raccourci un peu l'extrémité supérieure des rameaux, ôté le bois mort et des brindilles ainsi que les gourmands surtout présents à son pied.  De cette façon, le centre de l'arbre reste bien aéré, ce qui explique sans doute en partie cette abondante fructification qui ne se reproduira peut-être pas.


Le mirabellier paré pour la prochaine saison

© Ma Planète  Jardin, 08/2018

mardi 21 août 2018

Une culture de choux des plus prometteuses


Bien que de petite taille, mon potager me permet de cultiver un certain nombre d'espèces de légumes et au cours de l'été, lorsque toutes les parcelles sont occupées,  il présente une assez grande diversité. Cette variété est bien sûr dictée d'abord par les goûts du jardinier mais elle obéit aussi à deux autres préoccupations. Plus le nombre de variétés et d'espèces potagères cultivées est important plus l'aspect visuel est agréable et plus l'impression d'opulence et de foisonnement que je recherche aussi dans ce domaine est forte. Le potager est également plus sain et plus  productif. Les risques de maladie sont moindres sans parler des effets bénéfiques des associations de légumes..


Haricots, tomates, salades, courges et courgettes ainsi que les pommes de terre sont très présents dans dans mon potager mais depuis quelques années les choux ont aussi ma faveur et ils occupent une place de choix à présent. J'ai commencé par les choux romanesco et les choux-fleurs. Encouragé par les très bons résultats obtenus, j'ai vite souhaité découvrir d'autres variétés de chou.

Longtemps j'ai acheté des plants mais venus sous serre, ils avaient du mal  à s'habituer aux conditions estivales parfois bien rudes qui règnent chez moi (comme durant cet été de forte chaleur et de grande sécheresse). Le semis en pépinière est simple, les graines de chou semées fin mai germent très facilement. Cette année, une attaque d'altises passée inaperçue a eu raison des plants de romanesco et de chou--fleur que j'ai dû refaire.Mis en place plus tard que d'habitude fin juillet sans passer par l'étape du repiquage, les plants se sont développés au-delà de mes attentes..


Sans doute un peu influencé par la vogue actuelle de ce chou  connu et cultivé depuis fort longtemps chez nos amis alsaciens et allemands, j'ai aussi tenté pour la première fois la culture du fameux chou kale (en fait un chou frisé non pommé). Les choux frisés de la variété Westlandsel Herfst dont les semences proviennent d'Astuces au potager sont les plus beaux en ce moment. Leurs feuilles n'attirent pas les altises et moyennant un arrosage suivi, ils résistent bien à la chaleur J'aime beaucoup l'aspect très graphique du feuillage.



Les choux romanecco plantés juste à côté et non loin des carottes, qui ont une bonne influence, poussent aussi très bien. Le deuxième semis a donné une profusion de plants de qualité. Au fur et à mesure que la consoude de Russie repousse, je paille leur pied avec ses feuilles riches en potasse (que j'utilise aussi sous forme de jus), ce qui favorise la formation des pommes..




Les choux-fleurs sont trapus, ce fut le cas aussi l'an dernier et la récolte a été magnifique. Le feuillage des haricots  et de la poirée qui déborde protège le sol du dessèchement.


J'ai enfin semé quelques choux palmier noir de Toscane pour sa beauté, une première. Le semis est aisé mais les plants qui sont assez délicats croissent lentement. Déjà leurs jolies feuilles gaufrées gris bleu se remarquent mais je devrai encore attendre pour voir apparaître leur silhouette originale en forme de palmier.




Gageons que la pluie tant attendue finira par arriver pour donner un  petit coup de pouce à tous ces jeunes choux qui ne demandent qu'a prendre de la vigueur.

© Ma Planète Jardin, 08/2018