jeudi 8 mai 2014

Des roses en mai


Dans mon jardin, la grande période des roses commence le plus souvent à la mi-mai et se poursuit tout le mois de juin quand les conditions sont réunies. Un hiver froid qui met les rosiers au repos, un printemps arrosé et de la chaleur favorisent une floraison exceptionnelle. Ce fut le cas en 2012 où les massifs débordaient de roses fin mai.


Cette année, les rosiers qui n'ont connu qu'un très court repos végétatif portaient des boutons fin mars et de fait certains ont commencé à fleurir sporadiquement dès la mi-avril. Les roses continuent à éclore mais le temps plutôt frais et le manque de pluie ralentissent le processus. La grande vague de roses est encore à venir mais beaucoup d'arbustes et quelques grimpants offrent déjà un spectacle réjouissant et on retrouve avec bonheur leur parfum suave qui était presque oublié. La vigueur de certains rosiers, pourtant rabattus d'un bon tiers, me surprend.


Le plus fleuri de tous (après Pénélope que je présenterai sous peu) est le grimpant Lamarque, son port très souple est élégant et ses grosses roses doubles ivoire diffusent un merveilleux parfum. Il n'aime pas du tout les grands froids mais renaît quand la douceur revient.


Pink Cloud et Etoile de Hollande entament leur floraison. Leu couleur est séduisante et leur parfum puissant.


Planté très tard en mars 2013, Mme Isaac Péreire m'étonne par sa jolie floraison. Les bourbons se plaisent chez moi, il faudra en adopter d'autres.


Egalement planté au printemps 2013, The Mayflower, que j'ai cru perdre, repart et fleurit pour mon plus grand bonheur.


Aloha, qui est très parfumé, fait aussi parti des derniers rosiers installés. Lui se porte très bien.


Plaisanterie est très charmant mais j'ai d'autres projets pour ce coin du massif des quatre saisons. 


Pink Prosperity est couvert de boutons, Roseraie de L'Haÿ, Felicia et Buff Beauty ne donnent encore que quelques roses mais ils ont pris des dimensions imposantes. A leurs côtés les vivaces peinent à se développer. Seule la gracile julienne arrive à se faufiler entre eux.



Yolande d'Aragon n'est belle que quand je me décide à tailler ses rameaux de moitié. Elle est plus trapue mais ses roses très doubles sont alors vraiment opulentes. Je vais faire en sorte qu'elle remonte bien, ce qui chez moi reste rare.


Les roses jaunes, que j'affectionne, sont au rendez-vous, notamment Golden Shower, le premier rosier que j'ai planté il y a près de 15 ans.


Comme le font certains  Noisette grimpants, Bouquet d'or se dégarnissait de la base. Après une taille sévère, il a retrouvé une silhouette juvénile. 


Reine Lucia aux boutons lavés de rouge est superbe.


Dans le massif situé près de l'entrée du jardin, seul Westerland est fleuri. Il sera rejoint bientôt par Sourire d'orchidée .


 Près de la terrasse sud, Pierre de Ronsard se fait déjà remarquer.



Encore un peu de patience et ce sera le festival de roses que nous attendons tous.

© Ma Planète Jardin; 05/2014

dimanche 4 mai 2014

Geranium phaeum, une vivace élégante à la floraison délicate


Dans mon jardin à la terre pauvre et sèche, les plantes qui aiment la fraicheur doivent être installées à la mi-ombre pour prospérer. Malgré cette précaution, certaines ont bien du mal à s'adapter aux conditions parfois difficiles qui règnent chez moi. Ce fut le cas pendant des années du geranium phaeum qui a survécu sans rien donner de vraiment remarquable. Pourtant, je suis bien obligé de reconnaître qu'il est de toute beauté quand il trouve des conditions qui lui sont favorables.



Depuis une bonne semaine, il offre avec générosité de nombreuses fleurs qui attirent le regard. Niché au pied d'un cornouiller et du rosier Gertrud Jekyll qui lui procurent une ombre bienfaisante, il est enfin à son aise. Ses grandes feuilles sont persistantes. Très découpées et marquées de brun, elles forment des touffes très décoratives au port vertical de 60cm de haut et de 40cm large. Ce geranium bien rustique accepte tous les sols pourvu qu'ils soient frais, une gageure dans un jardin comme le mien.


Groupées en bouquets au-dessus du feuillage, les fleurs aux étamines saillantes sont violet pourpre à centre blanc. Quand il fait gris, elles semblent presque noires. Je n'en connais pas la variété mais il ressemble beaucoup à 'Saturn'. Il existe de nombreux cultivars à fleurs rouges, mauves, roses ou blanches.



Si le temps, n'est pas trop sec, cette jolie floraison se poursuivra pendant tout le mois de mai. Même s'il ne deviendra jamais opulent chez moi à cause des étés chauds et secs qui limitent beaucoup son expansion, je suis heureux de pouvoir admirer sa beauté raffinée, d'autant plus sereinement que je ne lui prodigue aucun soin.



La vraie star du moment parmi les geraniums vivaces est incontestablement le geranium macrorrhizum, un dur à cuire qui se plaît partout.


© Ma Planète Jardin, 05/2014

mercredi 30 avril 2014

Mutabilis, un rosier original à la couleur changeante


Lorsque l'hiver et le printemps sont très doux, ce qui est le cas cette année, le rosier Mutabilis de mon jardin se montre sous son meilleur jour. Certes, il n'est pas très imposant puisque toute ses branches ont gelé en février 2012 mais alors que tous les autres rosiers n'offrent que quelques fleurs, de nombreuses roses  parsèment sa ramure gracile. Deux ans après ce funeste hiver, il mesure 1m de haut et de large.



On ignore les origines exactes et la date d'introduction de ce rosier à l'allure très naturelle dont le vrai nom est rosa chinensis mutabilis (ou Tipo ideale) mais il est probablement arrivé de Chine au siècle dernier. Sa floraison qui sort vraiment de l'ordinaire le rend particulièrement attrayant. Les boutons pointus éclosent en grandes fleurs simples un peu chiffonnées rappelant les églantines dans des nuances de jaune chamois puis elles deviennent rose carmin et  enfin presque rouges avant de faner. Elles se renouvellent sans cesse jusqu'à l'automne.


La présence simultanée de fleurs à différents stades d'épanouissement donne l'impression que le rosier fleurit de différentes couleurs. Le contraste de couleurs est heureux et cette floraison bigarrée attire immanquablement le regard. Le feuillage lisse est léger, il prend des reflets acajou quand il est jeune puis ensuite une belle teinte vert bouteille. 


Bien qu'il soit rustique jusqu'à -15° ou -17°, ce qui en fait un de plus résistants parmi les rosiers de Chine, il craint cependant les grands froids et il convient de le planter en situation abritée. Dans de bonnes conditions, il peut faire 2m de haut et de large et même se transformer en grimpant de 6 à 7m.


Ce rosier frugal demande peu d'entretien. On peut se contenter d'enlever les branches qui s'enchevêtrent au centre et celles qui ont tendance à pousser de manière désordonnée. Les nouveaux boutons naissant juste sous les fleurs fanées, il faut veiller à les supprimer sans tailler la tige.



Un arbuste à la floraison originale qui est idéal pour tous ceux qui n'ont pas le temps de bichonner leur rosiers.

© Ma Planète Jardin, 04/2014

samedi 26 avril 2014

Un arbre de Judée semé spontanément


Dans mon jardin comme dans beaucoup d'autres les graines présentes dans le sol ou apportées par le vent, les insectes ou les oiseaux ont la capacité de germer très facilement, ce qui est fâcheux quand il s'agit d'indésirables. Dès le printemps, j'arrache méthodiquement des mauvaises herbes telles que la véronique, le lamier, le pâturin, l'avoine sauvage ou la  renoncule scélérate. C'est la rançon d'une pratique jardinière qui bannit totalement l'emploi d'herbicides. Au fil du temps, il me semble que l'invasion se ralentit.


Et puis il y a les cadeaux de la nature, je veux parler des semis spontanés dont je profite depuis des années. Grandes achillées, gaura, coreopsis, verveines de Buenos Aires et même alchémille depuis peu me fournissent des plants gratuits et toujours très robustes qui me permettent de combler les vides dans les massifs.


Plus étonnant est pour moi l'apparition d'un  arbre de Judée il y a quelques années. Je sais bien que comme tous les plantes de la famille des Fabacées, il donne de nombreuses graines mais je suis surpris que l'une d'elles ait pu donner naissance à un si beau sujet au beau milieu du gravier de la cour. Le climat maritime y est sans doute pour beaucoup. J'ai d'abord songé à l'enlever mais en voyant ce printemps sa jolie floraison rose pâle enserrant  les branches, j'ai décidé de le laisser à son emplacement actuel.




Ce présent inattendu provient du jardin d'un de mes voisins où trône un arbre de Judée majestueux. j'imagine que les vents forts qui balayent souvent le jardin ont amené les graines jusque chez moi.Parfois, il plaît au jardinier de laisser faire la nature, c'est plus agréable et surtout moins fatigant que de la contraindre.



S'il avait eu le mauvais goût de pousser  dans la partie arrière du jardin qui est dans un style tout à fait exotique il m'eût fallu m'en débarrasser. En compagnie de lauriers roses, d'un albizia, de lagerstroemias et d'un magnolia grandiflora cet arbre qu'on rencontre fréquemment dans le Midi a toute sa place.


© Ma Planète Jardin, 04/2014

mercredi 23 avril 2014

Le cytise, un petit arbre à la floraison légère et très lumineuse


Chaque année, le cytise illumine de sa floraison jaune d'or toujours très généreuse l'extrémité de la haie d'arbustes caducs où il se trouve. Sa couleur très tonique met en valeur les feuillages pourpres du noisetier et du cotinus et permet d'assurer la transition avec le millepertuis  Elstead qui prendra le relais en juin. Le  tout petit sujet qui me fut offert voilà près de 15 ans ne m'a jamais décu, à chaque printemps il refleurit fidèlement, parfois avec quelques semaines d'avance comme c'est le cas ce printemps. 


Le cytise ou faux ébénier est un petit arbre de 4 à 6m de haut de la famille des Fabacées au port élancé dont les branches assez peu ramifiées portent de fines feuilles vert clair à trois folioles qui ne manquent pas de grâce. Les grappes pendantes de fleurs papilionacées jaune d'or qui peuvent faire de 2 à 30 cm de long s'épanouissent dans le courant du mois de mai.


Accommodant et rustique, il a juste besoin d'un  sol suffisamment drainé car il n'aime pas l'humidité stagnante et d'une exposition ensoileillée. Il tolère la pollution atmosphérique. Il arrive que le bout des jeunes pousses soit colonisé par les pucerons mais cela n'affecte en rien la floraison.

Il ne réclame aucun entretien si ce n'est la suppession des branches mortes ou mal placées. Il convient de se laver les mains après avoir manipulé l'arbuste car toutes ses parties (en particulier ses graines) sont très toxiques.




Non loin de lui, les grappes de la glycine d'un beau bleu pâle, lui répondent. Elles sont nombreuses et superbes cette année.


Un arbuste et une grimpante qu'on peut associer pour un printemps haut en couleurs.  

© Ma Planète Jardin, 04/2014