lundi 8 octobre 2018

'Schneegitter', un aster ericoides très résistant à la chaleur et à la sécheresse


Autrefois occupée par des vivaces à priori sans souci et solides, la bordure du grand massif qui marque la limite nord-est du jardin a lentement mais sûrement périclité à la suite de plusieurs étés chauds et très secs, une situation qui semble devenir la norme. J'ai ajouté de la terre mais rien n'y a fait. Les rudbeckias fulgida, les agastaches et les echinaceas, si beaux il y a une dizaine d'années, n'ont pu s'y maintenir. Je les ai remplacés par des penstemons qui ont réussi à y survivre sans jamais beaucoup fleurir. La bordure est exposée au soleil brûlant de l'après midi et la terre y est toujours très sèche.


C'est tout à fait par hasard que j'ai fini par trouver l'espèce idéale pour ce genre de situation, l'aster ericoides Schneegitter dont je n'avais au départ (voilà 3 ans) qu'un seul godet. Installé initialement en compagnie des anémones du Japon, il faisait face à l'hortensia Annabelle avec lequel il formait un  joli duo. En deux saisons, il s'était considérablement étoffé si bien que j'en ai prélevé de nombreux éclats qui ont pris place dans la bordure aride du massif nord-est sur une longueur de 4 mètres environ.



L'an dernier déjà, la floraison fut belle mais cette année elle est extrêmement généreuse et pour tout dire magnifique. Depuis une bonne semaine, les tiges graciles et très ramifiées teintées de rouge sont presque entièrement recouvertes d'une myriade de petites marguerites blanc pur à coeur doré d'une grande délicatesse. Comme son nom allemand le suggère, il évoque réellement un fin grillage (Gitter en allemand) sur lequel s'accrocheraient de petits flocons de neige (Schnee en allemand).


Son feuillage  lancéolé et un peu plus large à la base , devient très fin au sommet des tiges. Il n'a absolument pas souffert au cours de cet été si chaud et si sec, il reste pimpant et tout à fait sain et ce ne sont pas les quelques arrosages modérés qu'il a reçus qui expliquent sa vitalité. Il prend avec éclat le relai des heliopsis scabra qui ont fleuri tout l'été, une vivace elle aussi très endurante. 



Ce très bel aster créé par le grand obtenteur allemand  Karl Foester en 1968 est vraiment très vigoureux, il forme très vite des touffes denses et dressées qui chez moi font 1,10m de haut. Il s'étend mais sans jamais être envahissant et on peut parfaitement le contenir voire même l'éradiquer si on le souhaite ce qui est tout à fait impossible avec l'aster ericoides sauvage qui a fait son retour ici et là dans mes massifs malgré tous mes efforts.Schneegitter drageonne un peu mais sans lancer ses rejets loin de la souche.


Depuis qu'il est en pleine floraison il n'est pas seulement au centre de l'attention du jardinier, de très nombreux bourdons et abeilles viennent butiner ses fleurs (nos amis allemand le qualifient de Bienenweide, littéralement de prairie mellifère). Il fait partie d'un des préférés des bourdons qui aiment aussi beaucoup d'autres asters à petites fleurs  comme Little carlow, Ideal ou Monte Cassino (qui forment en ce moment un duo inattendu mais superbe que j'aurai l'occasion de présenter sous peu).


Increvable, très florifère tout en étant simple à maîtriser, c'est un aster idéal pour fleurir aisément l'arrière-saison même quand elle est aussi difficile que celle que nous vivons en ce moment.


© Ma Planète Jardin, 10/2018

mardi 2 octobre 2018

Une taille légère pour stimuler la floraison des gauras en automne


Tout comme les grands sedums, le gaura de Lindheimer fait partie des rares vivaces qui sont superbes par tous les temps. Ils ont juste besoin d'une terre drainée et d'une situation ensoleillée pour donner  le meilleur d'eux-mêmes. Cette année encore, ceux de mon jardin ont contribué à égayer le grand massif qui longe la potager. Plantés à l'avant du massif où le remblai se mêle à une terre maigre, ils ont été magnifiques, se jouant totalement de la sécheresse qui pouvait fragiliser d'autres espèces.


Ils ne réclament aucun entretien à part une taille des tiges sèches à la fin de l'hiver. Certains sujets ont près de 15 ans ans, une longévité due certainement au fait que le sol ne retient jamais l'humidité de manière excessive en hiver. Leur floraison d'une incroyable légèreté  et d'un charme tout à fait champêtre commence en juin et se termine fréquemment en novembre. Les petites fleurs blanches à quatre pétales de forme spatulée du coeur desquelles retombe une gerbe d'étamines blanche et or sont en tant que telles d'une grande beauté mais c'est réparties en grappes nombreuses le long de tiges fines et flexibles qui se balancent  au gré du vent qu'elles produisent le plus d'effet. Ce nuage de fleurs blanches qui évoque une nuée de papillons allège à la perfection les floraison plus massives comme les rudbeckias, les sedums ou les asters.


Pour profiter durant l'automne d'un aussi joli spectacle qu'en, juin, j'ai décidé cette année de tailler toutes les tiges qui à la mi-août ne portaient plus que quelques fleurs sans bien sûr toucher aux rameaux feuillus de la base. Une dizaine de jours après cette opération simplissime, de nouvelles tiges apparaissaient en dessous des coupes et de nouveaux épis de fleurs s'épanouissaient en nombre peu après.


Début septembre, la floraison était déjà bien belle.




En ces premiers jours d'octobre, les gauras sont couverts de fleurs et ils se marient à merveille aux floraisons automnales. Il forment grâce à cette taille un buisson assez compact et ils ne débordent plus du massif comme ils avaient tendance à le faire avant. Ils n'ont jamais été arrosés et les 20 millimètres de pluie tombés sur le jardin depuis la mi-juillet leur ont amplement suffi pour refleurir avec une grande générosité.


Je songe déjà à installer des semis spontanés devant la bordure d'asters ericoides Schneegitter qui fleurit en ce moment en remplacement de penstemons qui ne s'y plaisent pas. Le soleil de l'après- midi y est brûlant mais ce n'est pas de nature à gêner les gauras.




Une vivace très facile réussir qui s'avère être un merveilleux compagnon pour beaucoup d'espèces. A l"heure du changement climatique, son extrême sobriété devrait lui valoir un bel avenir dans les jardins.


© Ma Planète Jardin, 10/2018

mercredi 26 septembre 2018

'Little Carlow', un aster cordifolius d'une grande beauté et parfois d'une trop grande vitalité


Les asters font partie depuis toujours de mes fleurs favorites, ils sont incomparables pour fleurir le jardin en automne, même quand les conditions sont calamiteuses comme cette année. Nombreux à présent au jardin, les asters de la Nouvelle-Angletrre me donnent satisfaction mais pour l'heure mon attention est attirée par un  autre représentant de cette grande et belle famille, l'aster cordifolius Little Carlow. Je l'ai découvert par hasard il y a fort longtemps mais il n'est arrivé qu'en 2014 chez moi.


La délicatesse de sa silhouette, la finesse de son feuillage cordiforme d'un beau vert sombre et surtout l'élégance et l'abondance de sa floraison d'un incomparable et très lumineux bleu lavande sont autant de qualités dont il est pourvu. Il a bien fleuri au bout d'une saison tout en poussant modérément. Peu à peu, l'énorme et envahissant miscanthus a fini par empiéter sur son espace vital et il s'est mis à végéter. Associé à l'aster cordifolius 'Ideal' qui lui est vigoureux et très florifère, il ne parvenait plus à se faire remarquer. Visiblement,  la concurrence de cette graminée trop imposante le gênait et sans doute aussi le sol sec et pauvre de la bordure où je l'avais installé.


Après sa floraison, en novembre dernier, je lai transplanté au bord de la terrasse pour pouvoir enfin profiter d'une belle floraison et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il aime beaucoup, un peu trop même, son nouvel emplacement. Il forme un énorme buisson de plus d'1,10m de large et d' 1,40m de haut, ce qui dépasse toutes les dimensions qui lui sont traditionnellement attribuées.Il m'a fallu le tuteurer pour éviter qu'il n'envahisse le devant du massif où il prospère. Malgré cela, certaines de ses tiges arrivent à s'insinuer à travers la ramure du rosier Mozart. Dans mon jardin, seuls les asters de Nouvelle-Angleterre sont capables d'atteindre cette taille.



Certes, ses fines tiges recouvertes de bouquets arrondis de petites fleurs à coeur doré  puis rouge d'un magnifique bleu pastel sont superbes et je peux admirer une somptueuse constellation d'étoiles qui se marie à merveille au ciel bleu azur mais à mes yeux une telle ampleur est incongrue pour cet aster. Je ne l'explique que par le fait qu'il persiste toujours un peu de fraîcheur à cet endroit qui est vite à l'abri du soleil ardent.



Il  sera déplacé au centre du grand massif qui longe le potager, à nouveau en compagnie de l'aster Ideal, où il est plus à sa place mais avant cela je vais devoir réduire drastiquement le volume du miscanthus qui étouffe notamment les asters Vasterival et Mme Loyau. J'ai songé un temps à l'arracher complètement pour le diviser, ce qui m'est rapidement apparu impossible. Sophie (Le Jardin C'est Tout !) m'a  finalement donné la solution. Je l'en remercie sincèrement.



Ce très gros travail n'aura peut-être pas lieu cet automne comme je le souhaite. Il faudrait pour cela que la pluie tombe copieusement car le sol est aride et dur mais ces précipitations salvatrices ne sont pas du tout pas à l'ordre du jour. Extrême et plus que lassante, la sécheresse perdure encore dans ma région.


Plus que jamais, le jardinier doit savoir s'adapter au dérèglement du climat.

© Ma Planète Jardin, 09/2018

samedi 22 septembre 2018

'Violetta', un aster robuste au coloris profond


La sécheresse, durable, intense et pour tout dire infernale, fait souffrir le jardin. Par bonheur, les asters qui commencent leur floraison de façon normale sont abrités des rayons ardents du soleil et les variétés les plus précoces, ceux de la Nouvelle-Angleterre, que j'affectionne particulièrement, apportent de la couleur dans les massifs qui trouvent un nouveau souffle malgré le climat difficile.


Arrivé à la suite d'une erreur de nomenclature, l'aster de la Nouvelle-Angleterre 'Violetta' s'est tout de suite plu dans un des endroits les plus ingrats du jardins, le bord d'une grande plate-bande où plongent les grosses racines de l'érable pourpre. Aucune vivace n'avait jamais pu s'y  implanter durablement. Dès le premier automne, il avait bien fleuri et au bout de la troisième saison, il offre une floraison généreuse. Il forme à présent un beau buisson de 1,20m haut et de 50cm de large, des dimensions données parfois pour celles qu'il atteint à l'âge adulte




Contrairement à d'autres asters de cette belle et grande famille, ses tiges très rigides restent bien droites et ne s'écroulent pas, les feuilles de la base ne grillent pas comme on le voit. Le paillage disposé à son pied pour limiter le dessèchement y est peut-être pour quelque chose.Si je l'ai tuteuré, c'est que ses tiges, quoique raides, divergent quelque peu de la souche et gênent les chrysanthèmes installés à côté de lui.


Il est un des asters les plus hâtifs avec Herbstschnee qui fleurit à peu près en même temps.Assez grandes, elles arborent une teinte d'un violet assez foncé mais bien moins intense que celle de Marina Wolkonsky que je n'ai pas.



La teinte  foncée de Violetta, assez rare parmi les asters, qui offrent tout une palette de bleus et de de mauves pastels, est encore rehaussée par la beauté du coeur des fleurs. Un peu proéminent, il fait ressortir le teinte des pétales de ses nuances dorées et mordorées. Comme tous les grands asters de ce groupe, il est parfait pour structurer les massifs qu'il n'envahit pas car sa souche est non traçante. Il ne craint pas l'oïdium et résiste bien à la sécheresse.




Je l'ai associé  à des asters aux teintes plus douces  comme l'aster na Barr's Blue et l'aster  éricoïde Pink Star mais ils sont plus tardifs et le contraste de couleurs n'aura sans doute pas lieu. Je songe à lui associer le soldiage rugueux Fireworks actuellement en fleurs. Il ferait un merveilleux compagnon,  il le rejoindra dans le courant de l'automne.



Un  magnifique aster  qui assure très bien la transition entre l'été et l'automne.

Aster na Herbstschnee dans le même massif


Ma Planète Jardin, 09/2018

mardi 11 septembre 2018

Mönch, un aster de Frikart florifère et très résistant à la sécheresse


Malgré la très grande et interminable sécheresse qui frappe le jardin, les asters à floraison automnale se portent assez bien. Leurs fleurs commencent éclore et le pied des asters de la Nouvelle-Angleterre a même tendance à moins sécher que les années passées.. En attendant que les variétés d'automne offrent un spectacle coloré c'est un autre aster installé depuis trois ans qui se fait remarquer par sa jolie floraison que les conditions climatiques exécrables du moment ne semblent en rien altérer.


L'aster frikarti Mönch  (ainsi nommé d'après un sommet des Alpes suisses) est une variété hybride obtenue en 1918 par le botaniste suisse Carl Ludwig Frikart à partir d'un croisement entre l'aster amellus, le véritable aster d'été, et l'aster thomsonii. Vigoureux, il forme une touffe compacte et très ramifiée qui chez moi est presque plus large que haute puisqu'il s'étale sur 70cm et ne dépasse pas 50cm de haut. Selon les conditions de culture et la nature du sol, cet aster peut se hausser jusqu'à 90cm voire 1m.



Dans mon jardin, c'est à partir de la mi-août que les premières fleurs bleu lavande commencent à s'épanouir et la floraison atteint son  apogée vers la mi-septembre. La teinte très lumineuse des pétales qui sont longs, fins et très nombreux est particulièrement mise en valeur par le coeur jaune doré des fleurs. L'an dernier, Mönch portait encore quelques fleurs fin octobre mais il ne s'était pas montré aussi généreux durant l'été, il a sans doute besoin de deux deux saisons au moins pour donner tout sa mesure.


Frugal, il pousse bien dans une terre ordinaire même un peu calcaire ou argileuse il faut juste lui éviter les terres trop compactes et humides ou exagérément sèches ainsi que les expositions  brûlantes. J'avais commis l'erreur de le planter dans un massif exposé au soleil de l'après-midi qui est redoutable chez moi et j'ai failli le perdre. La mi-ombre bien qu'elle ait quelques inconvénients lui convient davantage. Il semble s'accommoder sans peine de la terre maigre et filtrante du jardin. Il reçoit en tout et pour tout quelques arrosages par grande sécheresse.



Dans la masse des fleurs à la beauté impeccable, on ne voit guère ses petits défauts. Les tiges, qui manquent à mon goût un peu de rigidité, s 'allongent et se couchent  de manière un peu désordonnée. Certaines s'insinuent dans le pied du rosier Salet planté tout à coté. Ses feuilles oblongues ont certes une belle couleur mais elles sont trop éparses pour bien habiller la plante. Peut-être est ce dû à la terre trop pauvre du jardin ou au manque de lumière




Qu'importe, la couleur des fleurs à elle seule est admirable tout comme la très grande solidité de cet aster. Je l'avais planté en même temps que des asters amellus censés être résistants à la chaleur et à la sécheresse  mais qui ont disparu et de l'aster frikartii  Jungfrau qui a survécu mais peine à s'étoffer. Quand sa floraison s'essoufflera, celle de l'aster ericoide Blue Star, qui lui est associé, prendra le relais.


Asters Blue Star et Mônch

Un vrai champion de la floraison en climat et en terrain difficiles qui ne demande pas d'entretien si n'est la suppression des tiges défleuries et permet de faire le la transition avec les grands asters d'automne.

.
© Ma Planète Jardin, 09/2018