mardi 14 février 2012

Le redoux s'amorce


Après quinze jours de neige et de froid polaire, les températures sont redevenues positives dans ma région et le dégel tant attendu a commencé. La neige fond doucement, apportant beaucoup d'eau, ce qui est un bienfait pour le sol et les plantes que le froid très vif (il a fait jusqu'à -13,5° plusieurs nuits de suite) avait desséchés. La terre qui était gelée sur 40 cm est détrempée en surface mais encore compacte en profondeur.

Les dégâts sont en fait minimes même si les gelées ont été très fortes. Il est particulièrement réconfortant et rassurant de voir le jardin retrouver son aspect habituel. Quelques fleurs entourées de neige rompent la monotonie du blanc. Elles ne portent pas trop les stigmates de ces deux semaines de grand froid.

Les hellébores d'Orient penchent la tête plus qu'à l'accoutumée, leurs tiges se sont ramollies et il est peu probable qu'elles se redressent mais leurs fleurs intactes ressortent bien sur la neige. Un bien joli spectacle.



Les bruyères réapparaissent sous la neige qui les a un peu déformées et fait tomber en masse leurs clochettes.



Les narcisses perçant la neige sont un signe que l'hiver est dans la dernière ligne droite.



Le rosier de Chine 'Old Blush', pourtant assez frileux, a conservé tout son feuillage alors que des pousses ont roussi sur certains hybrides de thé parfaitement rustiques. Un vrai mystère !



Beaucoup d'arbustes ont retrouvé leur belle silhouette d'un coup, comme le skimmia et le camélia qui porte des boutons que le froid n'a apparemment pas pu anéantir.



C'est le cas aussi pour cette azalée mollis aux bourgeons prometteurs.



D'autres s'en tirent moins bien, leur floraison n'a pas résisté. Le jasmin d'hiver ne porte plus que quelques fleurs éparses blanchies par le gel, celles du chèvrefeuille d'hiver semblent confites et les bouquets de fleurs du laurier tin (je m'étais réjoui trop tôt) sont grillés.



Le feuillage des ceanothes qui chez moi est semi-persistant a bruni lui aussi mais c'est absolument sans gravité, ils repartiront au printemps.



Après des jours de torpeur, les plantes reprennent vie et cette énergie nouvelle se communique au jardinier impatient d'agir.

© Ma Planète Jardin, 02/2012

samedi 11 février 2012

Dégâts du gel au jardin


Tous les végétaux installés dans mon jardin tempéré sont bien rustiques dans l'ensemble mais il est rare qu'il soient confrontés à une période de froid aussi intense que celle que nous connaissons actuellement. Depuis quelques jours en effet les gelées nocturnes sont très sévères, la température a chuté à -13° jeudi dernier, en journée elle peine à dépasser -3°.

Les vivaces, qui résistent sans faillir à -25° et moins, sont à l'abri sous 20 cm de neige aux vertus isolantes bien connues. En dessous, le sol n'est pas gelé, j'en ai fait l'expérience au potager en récoltant de la salade par -10° (j'en reparlerai sous peu). Cette neige, riche en azote, sera bénéfique la saison prochaine.



Pour les arbustes, surtout les persistants, c'est autre chose. Leur feuillage tendre se déforme et se racornit sous la morsure du gel et sous l'effet d'un vent d'Est particulièrement desséchant. La neige qui aurait pu brûler leurs feuilles a été délicatement ôtée. Malgré cette précaution, certains ont une bien triste allure comme le skimmia qui s'est avachi.



Le camélia qui était très fleuri à la mi-janvier n'a plus de fleurs, son beau feuillage lisse et vernissé se recroqueville comme s'il était malade. Son seuil de rusticité n'a pas été atteint (-12 à -15°) mais peu s'en est fallu. Etrangement, il porte encore des boutons qui ne paraissent pas souffrir.



Un des rhododendrons est en piteux état.




Le daphne odora, qui avait surmonté les hivers 2009 et 2010 présente un aspect inquiétant, les feuilles sont toutes tombées et les fleurs qui commençaient à éclore sont noircies. Plusieurs nuits avec des températures inférieures à -10° semblent l'avoir affecté. Il eût été facile de le protéger d'un voile d'hivernage, ma prévoyance a été prise en défaut.



Même constat pour l'oranger du Mexique. Ses branches avaient gelé en 2010 et il était reparti de la souche ensuite. Ses feuilles pendent lamentablement et brunissent. Il y a quelques années encore, j'étais obligé de le tailler car il envahissait tout un massif à lui seul. Il atteignait 2 mètres de large et fleurissait deux fois. C'était avant que n'existe Ma Planète Jardin où je consigne la mémoire du jardin et cette image s'efface peu à peu.



La viorne odorante qui n'a jamais vraiment poussé depuis son installation pourrait bien vivre son dernier hiver, la couleur de ses feuilles n'est guère rassurante.



Les acanthes, si belles à la mi-janvier, sont cuites, les hellébores et leurs fleurs aussi, ces dernières se remettront sans peine dès le redoux.




Heureusement d'autres végétaux tiennent le coup, par exemple cette bordure de jeunes buis sur lesquels la neige et le gel ne semblent avoir aucune prise.



Le nandina affiche une belle teinte rouge qui ressort sur la neige.



L'hamamelis est encore endormi. Ses bourgeons intacts donneront sans doute une belle floraison en mars.



Le laurier tin est est indemne lui aussi, il y a peu, il croulait sous la neige. Feuilles et bouquets de fleurs n'ont même pas roussi. Un dur à cuire.



Tous ces petits signes d'espoir et quelques autres comme cet iris d'Alger bravant la neige sont très réconfortants et nous font un peu oublier l'hiver qui cette année mérite vraiment son nom.




© Ma Planète Jardin, 02/2012

mercredi 8 février 2012

Coucher de soleil hivernal


Après une nuit glaciale (-11°), la neige s'est mise à tomber. Elle tombe sans discontinuer depuis ce matin, les flocons sont de plus en plus gros et commencent à combler les trous causés par les nombreux passages. Cela semble devenu banal depuis dix jours, de même que le froid extrême qui engourdit toute la vie dans le jardin. L'hiver ne cède pas, il semble même s'intensifier, on a du mal à croire que le redoux puisse se produire dès le début de la semaine prochaine. Le ciel est gris et bas, la visibilité assez réduite.



Quel contraste avec le temps d'hier ! Le ciel était bleu, le soleil a brillé toute la journée et la lumière du couchant sur fond de neige était superbe. Elle irradiait toute la campagne de ses reflets orangés et faisait scintiller la neige.

Les premières photos furent prises vers 17h45. Le soleil n'avait pas encore atteint l'horizon.



Vingt minutes plus tard, il n'avait pas encore disparu. Il y avait un magnifique dégradé de jaune et de rose. Une merveille à admirer en étant bien couvert, il ne faisait alors pas plus de -5°.



Cet évènement climatique exceptionnel cause certes beaucoup de perturbations mais il a le mérite de transfigurer un paysage que je croyais connaître par coeur. Un sentiment plutôt agréable.

© Ma Planète Jardin, 02/2012

dimanche 5 février 2012

Nouvelle neige


Comme prévu depuis quelques jours, de nouvelles chutes de neige se produisent en ce moment dans ma région. Il en est tombé assez pour transformer notablement l'aspect du jardin et de la campagne environnante. Le paysage de plaine si familier prend des airs montagnards, l'épaisseur cumulée atteint maintenant 20 centimètres et il neige toujours à gros flocons au moment où j'écris ces lignes. Le froid est de plus assez vif (-6°). Les records de hauteur de neige qui datent du terrible et mémorable hiver 1985-1986 pourraient bien être battus aujourd'hui.



Le plus saisissant est bien sûr cette atmosphère ouatée dans laquelle tous les bruits, même ceux des pas sont étouffés. La neige en s'accumulant de manière irrégulière modifie un peu la topographie du jardin par endroits, on ne fait plus la différence entre la pelouse, le chemin ou les massifs, partout c'est la même surface uniforme.



Les persistants du jardin sont beaux sous ce poudrage blanc, cette fois la neige est fine et légère. Seul le mahonia conserve les gros paquets de neige humide de lundi dernier. Tout comme la lavande.



Tous les défauts du chemin sont gommés comme par magie. On y voit juste mes pas, preuve qu'il ne s'agit pas d'un désert glacé !



Les champs doucement vallonnés qui entourent le jardin, le village et la route sont métamorphosés et transportés ailleurs.



L'hiver s'est fait attendre mais il est là et bien là et même si je dois reconnaître que l'ambiance est beaucoup moins poétique lorsqu'il faut prendre la route, c'est le plus bel hiver que nous ayons depuis des dizaines d'années. Gageons que le printemps, qui est ma saison préférée, sera lui aussi à la hauteur de nos attentes.

© Ma Planète Jardin, 02/2012

vendredi 3 février 2012

Des fleurs dans la neige


Après la neige lundi dernier (elle doit revenir dimanche prochain), c'est maintenant un froid très vif, presque polaire qui règne dans ma région comme sur une grande partie de la France. Les températures diurnes ne dépassent pas -3°, la nuit il fait -9° avec un froid ressenti encore plus intense à cause de la bise qui souffle en rafales. C'est assez rare dans ma région qui possède un climat à tendance océanique. L'hiver, le vrai, a pris possession du jardin où il ne fait pas bon s'aventurer, même pour prendre quelques photos. Tous les travaux programmés, comme la plantation de rosiers reçus il y a peu ont été différés. Le temps est plutôt propice à la rêverie et à la contemplation.

Sous la morsure du froid et le poids de la neige, très lourde, les arbustes sont à la peine mais ils continuent à illuminer le jardin, mieux, ce décor de neige et de glace les transfigure et leur confère une charme nouveau. La floraison de certains, je le sais, ne résistera pas à cette vague de froid mais elle avait commencé exceptionnellement tôt et j'en ai profité pendant de longues semaines. C'est le cas pour le camélia. Ses fleurs sont congelées et elles tombent brutalement. Le feuillage se ratatine sous l'effet du gel mais il a survécu à des hivers bien plus froids.



Le chèvrefeuille d'hiver terminera lui aussi sa floraison lorsque le redoux se fera, les fleurs rendues translucides par les fortes gelées ne tiendront plus longtemps mais quel spectacle ! Je l'admire pour la premières fois.



Vaillamment, bruyères et crocus fleurissent sans souffrir le moins du monde, il semble même que la neige cède devant tant de résistance.



Aussi incroyable que cela puisse paraître, les boutons du cornouiller mâle éclosent ici et là, preuve s'il en fallait que cet arbuste à fleurs est des plus rustiques.



La viorne de Bodnant me surprend, elle aussi. Bien que coiffée de neige et de glace, elle trouve le moyen de continuer à fleurir.



Le daphne odora sait aussi d'adapter aux rigueurs de l'hiver, ses boutons ne s'épanouissent plus mais ils tiennent bon.



Le laurier tin, plutôt amateur de chaleur et de sécheresse, s'accommode très bien de cette météo sibérienne quoiqu'il croule un peu sous toute cette neige.



Les fruits du mahonia Charity, assez ordinaires en temps normal, sont beaux sur ce fond blanc.



Sous un toit de neige, on devine quelques fleurs dans l'entrelacs des branches du jasmin d'hiver.



Et en toile de fond, toujours ce beau tapis blanc qui cause quelques dégâts heureusement sans gravité.



Une grande période d'extrême douceur suivie d'un bel épisode hivernal, voilà ce qui a permis ce surprenant décor qui restera à coup sûr dans mon souvenir.

© Ma Planète Jardin, 02/2012