mardi 20 mars 2012

Des hellébores pour fêter le printemps


Après un hiver bien rude même s'il n'a pas été très long, le printemps est enfin arrivé. Le printemps officiel, c'est aujourd'hui mais il y a eu des prémices la semaines dernière qui fut très printanière pour ne pas dire estivale. Ce printemps n'est pas comme les autres. Les arbustes qui pour moi sont emblématiques du printemps ne sont pas fleuris, il me semble que c'est une première dans mon jardin où la végétation est précoce.

Les forsythias et le prunus pissardii commencent juste à s'épanouir, quant au cognassier du Japon, il est encore en boutons. Il y a bien sûr le cornouiller mâle et le chèvrefeuille d"hiver qui grouillent d'abeilles et de vie, signe indubitable que la belle saison revient mais ces arbustes sont pour moi associés à l'hiver. Les narcisses, parfois très beaux dès la fin février ne seront au mieux que dans quelques jours. Ce décalage dans les floraisons est à mettre en relation avec l'arrêt végétatif brutal provoqué par la vague de froid intense du mois de février, période ou le jardin reprend vie en temps normal.

Ce printemps me réserve aussi une surprise de taille. Jamais encore, je crois, les hellébores d'Orient du jardin n'avaient été aussi beaux et aussi fleuris que cette année, j'en suis étonné. Ils étaient déjà épanouis quand la neige et le grand froid sont apparus. Je ne donnais alors pas cher des fleurs, recouvertes de neige et mordues pas le gel. Avec le redoux, les tiges se ramollissaient puis s'effondraient. Quelques jours de grande douceur ont suffi pour qu'ils se refassent une santé. Les touffes sont imposantes et bien fleuries. Certes, les fleurs sont penchées et il faut jouer les contorsionnistes pour les photographier mais quelles merveilles !



Ces vivaces très robustes (elles ont supporté près de -15°) aiment ma terre pauvre et calcaire mais bien drainée. Elles tolèrent bien la chaleur et la sécheresse récurrentes depuis quelques années. Elles n'ont qu'une exigence: Elles n'aiment pas être dérangées. Elles peuvent prospérer plus de 60 ans au même endroit.



La rose de Noël que je boudais un peu fait un retour en grâce tant elle se montre généreuse. Elle fleurit depuis novembre, c'est inédit. Certaines se plaisent dans les narcisses et les muscaris qui commencent à fleurir.



Je passe beaucoup de temps à les admirer (les visiteurs les apprécient aussi) mais je m'en occupe assez peu, j'enlève de temps en temps une feuille noircie et je coupe très soigneusement toutes les fleurs fanées qu'on peut être tenté de laisser car elles restent décoratives une fois sèches. Il est impératif de les ôter pour éviter l'invasion de semis spontanés, seul petit défaut des hellébores.



Je connais peu de vivaces alliant autant de force et de délicatesse. Une beauté qui sied aussi bien à l'hiver qu'au printemps.




© Ma Planète Jardin, 03/2012

samedi 17 mars 2012

La taille du jasmin officinal et de la bignone


Après avoir taillé les rosiers et les arbustes à floraison estivale, je me suis attaqué aux plantes grimpantes du jardin. A la vérité, c'est à peu près le seul entretien qu'elles requièrent. Cette opération a pour objectif de limiter leur exubérance et de favoriser la croissance de nouvelles pousses florifères. L'été venu, je profite de leur floraison de longue durée qui dans le cas du jasmin exhale un délicieux parfum.

La taille de la bignone est assez simple. Je commence par supprimer les branches mortes, abîmées ou trop frêles. Ensuite, je raccourcis tous les rameaux secondaires qui partent du tronc à deux ou trois yeux, soit à 15 cm de leur empattement sur les branches principales. Ce travail ne demande que quelques minutes.




Pour le jasmin officinal, que j'ai un peu laissé à lui-même pendant des années, c'est une autre histoire. Cet arbuste est très touffu, ses branches enchevêtrées les unes dans les autres. Le coeur manque d'air et de lumière et il fleurit surtout aux extrémités. Le mien, qui apprécie la chaleur, de l'été pousse vigoureusement et déborde de la clôture sur laquelle il s'appuie, il empiète sur l'espace vital du rosier Eric Tabarly. Je l'ai rabattu d'un bon tiers, ensuite j'ai éclairci le centre en supprimant les branches qui se croisaient, de préférence les plus âgées. J'ai ôté les brindilles sèches, nombreuses en raison du froid. Il semble un peu dépouillé mais retrouvera une belle ampleur d'ici l'été.



J'en ai profité pour tailler aussi les deux chèvrefeuilles grimpants. La taille fut vraiment très sévère. Le gel intense à grillé de nombreuses branches, d'autres ont été déformées par le poids de la neige, il m'a fallu tailler dans le vif pour rééquilibrer leur silhouette. Le principe de base à suivre est simple: Epargner autant que faire se peut les branches charpentières et toujours couper au-dessus d'un bourgeon.



Quant à ma glycine toute jeune encore, elles s'est montrée particulièrement peu volubile l'an passé, je n'ai donc pas eu à rabattre les rameaux secondaires ou si peu. Sa floraison la plus belle eut lieu il y a deux ans.



Je n'ai plus qu'à attendre la belle saison, moment privilégié où ces belles grimpantes donnent beaucoup d'éclat au jardin.

© Ma Planète Jardin, 03/2012

mardi 13 mars 2012

Floraisons de fin d'hiver


L'hiver qui a bien mérité son nom vit ses derniers jours. De fait, le temps est printanier aujourd'hui comme hier, le ciel est bleu azur et les températures incroyablement douces. Revers de la médaille, le spectre de la sécheresse réapparaît dans ma région, le niveau des nappes phréatiques et des cours d'eau est plus bas. Pour l'instant, le jardin n'en souffre pas, il revit et la vague de froid intense auquel nous ne sommes guère habitués semble bien loin même si les traces qu'elle à laissées sont encore visibles.

Plusieurs floraisons ont été ruinées par les gelées et la neige comme celles du camélia ou du jasmin d'hiver mais ces arbustes rustiques s'en sont très bien remis et leur feuillage est intact. La floraison des forsythias n'a pas encore commencé, quelques boutons commencent juste à s'ouvrir ici et là, c'est assez rare chez moi. Il en va de même pour les narcisses qui commencent tout juste à éclore. Certaines de leurs feuilles ont été un peu grillées par le gel.

Les hellébores d'Orient, comme à leur habitude, sont superbes, toutes leurs fleurs ont vaillamment résisté à 15 jours de neige et à près de -15°, elles mériteront que tout un article leur soit consacré. Leur solidité est telle que je ne vais plus pouvoir les appeler fleurs de porcelaine, un qualificatif que je ne peux m'empêcher de leur associer tant elles possèdent de grâce.

En cette fin d'hiver, trois arbustes sont les vedettes du jardin, leur floraison, généreuse et durable l'illumine vraiment. La plus surprenant est celle, miraculeuse en quelque sorte, du chèvrefeuille d'hiver. Il a fleuri dès décembre, puis tout le mois de janvier avant que la neige et le froid ne surgèlent ses jolies clochettes. Il y a quelques jours, alors que je n'y pensais plus, j'ai senti son délicieux parfum au détour d'une allée et je me suis rendu compte que de nouvelles fleurs étaient épanouies, au moment où il devrait finir sa floraison. Il m'aura donné des fleurs pendant près de quatre mois, du jamais vu. Vieillissant, il aura cependant besoin d'une taille de rajeunissement après la floraison.



Le cornouiller mâle, planté tout près est lui aussi en pleine floraison. Sa floraison est certes discrète mais d'un jaune acidulé très tonique. En été les fruits rouges sont beaux (et bons pour les oiseaux !) et son feuillage cuivré en automne est somptueux. Un petit arbre rustique pour tous les jardins.



Quant à l'hamamelis, sa floraison dure depuis quinze jours. Il se pourrait que les températures élevées l'abrège. Son parfum de vanille embaume à chaque passage.



Pour finir, voici quelques tulipes précoces qui me font oublier que les iris d'Alger ne fleuriront sans doute pas, que les iris réticulés ont disparu et que les crocus sont rares, un manque à corriger l'automne prochain.



A l'approche du printemps, le jardin renaît à la vie et le jardinier en ressent un regain d'énergie bienvenu pour mener à bien tous les travaux de nettoyage.

© Ma Planète Jardin, 03/2012

samedi 10 mars 2012

Derniers rosiers


J'ai un faible pour les rosiers arbustifs à grand développement si possible parfumés. Outre leur allure très naturelle et leur vigueur, j'apprécie beaucoup qu'il soient aussi faciles à entretenir. Point n'est besoin de les tailler sévèrement comme les hybrides de thé, il suffit de les raccourcir d'un tiers pour qu'ils gardent une silhouette équilibrée et restent florifères.

Après avoir planté une série de rosiers anciens blancs, roses et rouges dans le massif des quatre saisons, j'ai eu envie d'ajouter quelques rosiers arbustifs dans les grands massifs de vivaces. Les nuances de jaune y dominent, une couleur peu fréquente pour les rosiers anciens, exception faite de Buff Beauty, jaune chamois que je possède déjà et de quelques autres merveilles que j'adopterai peut-être dans les années à venir, par exemple: 'Céline Forestier', 'Mme Bérard' ou 'Maréchal Niel'. J'ai donc fait une sélection parmi des variétés modernes.

C'est finalement chez Pétales de Roses que j'ai trouvé mon bonheur, leur choix de rosiers modernes et anciens est large, les sujets sont de belle taille et de grande qualité. Avec les Roses Guillot et Francia Thauvin, Pétales de Roses est devenu mon rosiériste préféré. J'ai choisi 'Jocelyne Salavert', 'Gold Cottage' et 'Yellow Romantica', tous très résistants et comme ils proposaient aussi la version grimpante de 'The Fairy', qui donne le meilleur de lui-même partout, je n'ai pas résisté.

'Jocelyne Salavert', ainsi nommé en hommage à une passionnée de jardins, est un grand arbuste qui peut atteindre 2 m. Son feuillage est vert brillant. Ses fleurs jaune abricot teintées de rose sont très parfumées. Il est très remontant.

Rosier 'Jocelyne Salavert' (Massad, 2006). Photo: www.petales-de-roses.com



'Yellow Romantica' possède un port arbustif assez souple, et fleurit abondamment jusqu'aux gelées Il atteint 1,50 m à 2,50 m. Ses roses assez grosses et très doubles sont jaunes.
Elles sont parfumées. C'est une mutation du rosier paysager 'Colette' dont il a toutes les caractéristiques, sauf la couleur: jaune de Naples (j'ai dû, je l'avoue humblement, chercher ce que c'était, je connais le rose tyrien mais pas le jaune de Naples. C'est un jaune qui se situe entre le jaune soufre et le jaune rosé).

'Yellow Romantica'. (Meilland, 1995). Photo: : www.petales -de-roses.com


'Gold Cottage' est un arbuste de 1,50 m
. Son feuillage est brillant, ses roses moyennes à la forme turbinée sont d'un jaune éclatant et exhalent un fort parfum épicé. Sa floraison est continue.

Rosier 'Gold Cottage' (Dickson, 2004). Photo: www.petales-de-roses.com


Pour finir, le rosier grimpant 'Super Fairy' (cela promet !) qui a trouvé place dans le grand massif à l'entrée du jardin à quelques mètres du grimpant 'Etoile de Hollande'. Très vigoureux, il peut atteindre 5 m. De juin à novembre, il se couvre de pompons roses à l'aspect très romantique. Sa bonne santé est légendaire.

Rosier 'Super Fairy' (Hetzel, 1996). Photo: www.petales-de-roses.com.



Il y a bien longtemps que je ne m'étais autant enthousiasmé pour de nouveaux rosiers. J'ai éprouvé beaucoup de plaisir à choisir, planter et anticiper les floraisons. J'imagine que tous les jardiniers épris de roses savent ce que je veux dire.

© Ma Planète Jardin, 03/2012

mercredi 7 mars 2012

Bouquet d'amaryllis


L'amaryllis fait toujours beaucoup d'effet au moment de sa floraison qui est toujours spectaculaire. Les fleurs énormes et colorées rappellent un peu celles des lys et font plus de 15 cm de diamètre. C'est précisément ce qui rend cette plante bulbeuse originaire des zones chaudes d'Amérique si populaire. Tout est imposant chez elle, même les tiges sont très fortes et le bulbe est de gros calibre.

J'apprécie depuis longtemps ses somptueuses fleurs, souvent obtenues à partir de bulbes forcés. Avant-hier des amis en visite ont apporté un magnifique bouquet d'amaryllis composé de quatre tiges portant chacune quatre gosses fleurs crème striées de rouge. Ils ont eu une excellente idée. Je suis émerveillé par l'opulence des fleurs et par leur coloris éclatant. Je ne résiste pas au plaisir de le montrer maintenant que toutes les fleurs sont épanouies. Profiter de cette beauté tropicale en plein hiver est bien agréable.



Il me prend l'envie d'expérimenter au jardin la culture de l'amaryllis belladonna qui pousse en pleine terre. En août-septembre, sa tige émet un bouquet d'une dizaine de fleurs odorantes roses ou blanches. Il peut passer l'hiver en terre avec une protection légère. Une idée à creuser encore un peu, les bulbes peuvent se planter jusqu'en juin.




© Ma Planète Jardin, 03/2012

dimanche 4 mars 2012

La taille des arbustes à floraison estivale


En cette fin d'hiver les températures sont redevenues clémentes, les conditions sont donc idéales pour commencer à tailler un certain nombre d'arbustes à floraison estivale. Cette taille concerne des espèces qui fleurissent dès le début de l'été sur le bois de l'année, donc sur les jeunes branches qui auront poussé au cours du printemps. On en profite aussi pour ôter le bois mort, les branches frêles ou mal placées. Le centre de l'arbuste s'en trouve aéré et reçoit plus de lumière, par suite la floraison est stimulée. Ce principe vaut aussi pour les rosiers.

Cette semaine, j'ai entrepris de tailler plusieurs des arbustes d'été de mon jardin tempéré. J'ai commencé par la taille des buddleias, de la spirée 'Antony Waterer' et de l'hortensia paniculé dont j'ai déjà présenté les détails. Le volume des déchets est impressionnant et à chaque fois je regrette de ne pas être équipé de broyeur, toute cette matière végétale pourrait être transformée en mulch dont mes massifs tireraient profit.

Ensuite est venu le tour des lagerstroemias, du caryopteris et du vitex (gattilier). Pour ces trois arbustes, la taille doit sévère ou même très sévère.

Lagerstroemias.

Je rabats tous les rameaux à 5 centimètre des ramifications qui partent des branches charpentières, j'ôte le bois mort et les brindilles qui encombrent son centre. Cela revient à rabattre des deux tiers les branches ayant fleuri. l'année précédente. En climat doux où le lilas des Indes forme un arbre, la taille se limite à épointer l'extrémité des branches, elle peut même être facultative pour les gros sujets qui fleurissent même sans taille.



Vitex (gattilier)

Toutes les branches sont rabattues à environ 40 cm au-dessus des ramifications qui se forment sur la partie supérieure des branches charpentières. De temps en temps, il faut supprimer une vieille branche ou deux à la base. Les rameaux trop grêles ou mal placés sont éliminés. Cette taille permet à l'arbuste de développer un feuillage abondant et les panicules de fleurs bleues seront plus nombreux.



Caryopteris

La taille est très sévère. Tous les rameaux sont rabattus à 30 cm du sol. De nouvelles branches poussent assez rapidement et l'arbuste a retrouvé sa taille habituelle au moment de sa floraison qui est assez tardive.



Pour les ceanothes caducs (comme 'Gloire de Versailles' par exemple), je me contente en général d'une taille assez légère, j'enlève le bois mort, je raccourcis l'extrémité des branches du sommet et taille de moitié les rameaux secondaires. Cette année, je vais devoir intervenir plus sévèrement en raison des dégâts vraisemblablement occasionnés par le gel. Il me faut attendre le départ de la végétation pour déterminer les parties à tailler.



J'ai aussi taillé le jasmin officinal et la bignone, j'y reviendrai sous peu.

© Ma Planète Jardin, 03/2012

jeudi 1 mars 2012

Floraison généreuse pour l'hamamelis


En ce moment les floraisons sont plutôt rares au jardin, la vague de froid du mois dernier a provoqué un arrêt végétatif pour de nombreuses espèces, c'est notamment le cas pour les narcisses et les forsythias qui certaines années commencent à fleurir fin février ou début mars. L'extrême précocité de la fin 2011 semble jugulée et c'est une bonne chose pour la nature qui avait besoin de ce repos.

Heureusement, ce vide temporaire est comblé par les hellébores d'Orient qui ont assez bien résisté au gel, par les crocus qui éclosent ça et là et par les premières fleurs du cornouiller mâle. Ces floraisons sont réconfortantes et font oublier toutes celles que les gelées sévères pont pu anéantir, chèvrefeuille d'hiver, camélia et daphné.


Pourtant, la vraie vedette du jardin en cette fin d'hiver est un arbuste qui cette fois a tenu toutes ses promesses et fleurit dans les temps c'est-à-dire début mars. L'an dernier, mon hamamelis m'avait déçu, la floraison était vraiment maigre. Dès la fin octobre, de très nombreux boutons étaient apparus au milieu du feuillage automnal qui prend une teinte orangée superbe, j'avais eu l'intuition d'une belle floraison pour 2012.

Ils ont donné naissance à une profusion de fleurs frangées jaune citron. Originales et légères, elles illuminent à elles seules le massif des quatre saisons. J'ai remarqué qu'elles avaient un parfum délicat de vanille. Comme on le devine sur les photos, l'hamamelis fleurit sur le vieux bois, les jeunes rameaux ne portent pas de fleurs. Il pousse aussi très lentement.




Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il est facile à vivre, je ne lui prodigue aucune soin, je ne taille pas, je n'arrose pas non plus. Je me contente de lui apporter une peu de compost chaque année. J'ai longtemps cherché une exposition favorable et dans mon jardin où la terre est pauvre et le climat chaud et sec dès le printemps, c'est au nord-est qu'il se plaît. Il est pourtant planté tout près du rosier rugueux Roseraie de l'Haÿ, très vigoureux, ce qui ne semble pas le gêner.



Cette floraison bien agréable marque vraiment la fin de l'hiver, un signe que les beaux jours ne sont plus très loin.



© Ma Planète Jardin, 03/2012